Depuis trois jours, Olena Pazhydaieva vit sans électricité ni chauffage dans son appartement de Vyshhorod, une ville satellite située au nord de Kyiv, après de nouvelles frappes russes ayant touché des infrastructures civiles essentielles. Avec des températures nocturnes tombant jusqu’à -3 °C, la mère de famille a trouvé refuge avec son fils de six ans dans un abri municipal de « résilience », conçu pour offrir un minimum de chaleur et d’électricité en période de crise.
Ces espaces, souvent de la taille d’une petite cabane, sont équipés de radiateurs et de prises permettant aux habitants de recharger leurs appareils ou de travailler à distance. Mais l’afflux de civils privés d’électricité depuis plusieurs jours met ces structures sous forte pression. À Vyshhorod comme dans d’autres localités de la région de Kyiv, les abris sont devenus des lieux de vie improvisés, parfois surpeuplés, où l’on passe des heures pour échapper au froid.
Les coupures prolongées font suite à des attaques de missiles et de drones russes menées samedi, qui ont endommagé des réseaux énergétiques déjà fragilisés. Les autorités ukrainiennes ont indiqué que des équipes de réparation étaient à l’œuvre, mais ont prévenu que le rétablissement complet du courant pourrait prendre du temps dans certaines zones.
Pour de nombreux habitants, l’alternative est difficile. Rester chez soi sans chauffage expose au froid et aux risques sanitaires, tandis que se rendre dans un abri signifie partager un espace restreint avec d’autres familles, souvent dans des conditions précaires. Malgré tout, ces refuges offrent une bouée de secours indispensable, notamment pour les enfants, les personnes âgées et ceux qui doivent continuer à travailler.
Les responsables locaux soulignent que les abris de résilience ont été déployés à grande échelle depuis l’hiver précédent, mais reconnaissent que leur capacité reste limitée face à l’intensification des frappes sur les infrastructures énergétiques. Des générateurs supplémentaires et des points de chauffage temporaires sont progressivement installés, sans toujours suffire à répondre à la demande.
Alors que l’hiver s’installe, la situation rappelle la vulnérabilité persistante des civils ukrainiens face aux attaques visant l’énergie. Pour des habitants comme Olena Pazhydaieva, ces abris représentent moins une solution durable qu’un répit nécessaire, dans l’attente du retour de l’électricité et du chauffage à domicile.