En pleine visite de Netanyahou, la Hongrie annonce son retrait de la Cour pénale internationale
En pleine visite de Netanyahou, la Hongrie annonce son retrait de la Cour pénale internationale

Alors que le Premier ministre israélien est visé par un mandat d’arrêt de la CPI, Viktor Orban choisit de défier l’institution internationale en annonçant le retrait de la Hongrie.

C’est un geste fort et symbolique qui résonne bien au-delà des frontières hongroises. Ce jeudi 3 avril, alors qu’il recevait en grande pompe Benyamin Netanyahou à Budapest, le Premier ministre Viktor Orban a annoncé que la Hongrie se retirait officiellement de la Cour pénale internationale (CPI). L’annonce a été faite sur les réseaux sociaux par Gergely Gulyas, directeur de cabinet du chef du gouvernement, précisant que la procédure serait engagée « en accord avec le cadre international légal ».

Une décision politique à forte portée diplomatique

Cette annonce intervient alors que le Premier ministre israélien est sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés dans la bande de Gaza. Budapest avait déjà refusé de coopérer avec la Cour en accueillant Netanyahou sur son sol, sans l’arrêter ni même évoquer les accusations portées contre lui. Avec ce retrait, la Hongrie devient le premier État membre de l’Union européenne à claquer la porte de la juridiction internationale.

Pour Viktor Orban, ce retrait s’inscrit dans une stratégie plus large de défiance envers les institutions internationales. En accusant la CPI d’être « politiquement biaisée », le gouvernement hongrois suit les pas de Donald Trump, dont le soutien à Israël reste inconditionnel. La Hongrie rejoint ainsi le cercle très restreint des États s’étant officiellement retirés de la Cour, aux côtés du Burundi et des Philippines.

La décision provoque déjà des remous à Bruxelles, où plusieurs responsables européens dénoncent un « précédent dangereux » pour l’État de droit au sein de l’UE. Mais pour Orban, ce retrait est avant tout un acte de loyauté envers Israël, et un nouveau bras d’honneur à l’ordre juridique international.

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