En Grèce, Mitsotakis promet de toucher aux privilèges des ministres et aux emplois à vie pour reconquérir l’opinion (AP)
En Grèce, Mitsotakis promet de toucher aux privilèges des ministres et aux emplois à vie pour reconquérir l’opinion (AP)

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a proposé lundi de revoir en profondeur l’immunité juridique des ministres ainsi que le principe des emplois à vie dans la fonction publique, dans une tentative de restaurer la confiance des électeurs après une série de scandales et à l’approche des élections législatives prévues en 2027.

Bien que son gouvernement de centre-droit reste en tête des sondages, il a été fragilisé par une affaire de corruption révélée en 2025 par des procureurs européens. Des agriculteurs, avec la complicité de fonctionnaires, sont soupçonnés d’avoir falsifié des titres de propriété afin d’obtenir indûment des subventions, un dossier actuellement examiné par le Parlement.

La colère populaire a également été ravivée par la gestion de la catastrophe ferroviaire de 2023, qui a coûté la vie à 57 personnes. Le drame, le plus meurtrier de l’histoire du pays, a provoqué les plus grandes manifestations en Grèce depuis la crise de la dette, tandis qu’un procès doit s’ouvrir le mois prochain et que les manifestants réclament des comptes aux responsables politiques.

En vertu de la Constitution grecque de 1975, révisée à quatre reprises, seul le Parlement est habilité à enquêter sur les ministres ou à lever l’immunité des députés. Kyriakos Mitsotakis estime que ce cadre n’est plus adapté aux réalités actuelles et appelle à une réforme constitutionnelle ambitieuse.

« Le monde de 2026 est différent et pose de nouveaux défis », a-t-il écrit dans une lettre adressée aux députés de son parti, avant de défendre, lors d’une allocution télévisée, la nécessité de bâtir une « démocratie fonctionnelle » par des changements structurels.

Le chef du gouvernement a également suggéré de réexaminer la garantie d’emploi à vie dont bénéficient les fonctionnaires depuis plus d’un siècle, afin de lutter contre les problèmes de sous-performance et d’améliorer l’efficacité de l’administration publique.

Toute révision constitutionnelle nécessitera toutefois un long processus politique : les modifications devront être approuvées par deux parlements successifs, avec une majorité renforcée de 180 députés lors d’au moins l’un des votes, un seuil élevé qui rend l’issue incertaine malgré la détermination affichée du Premier ministre.

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