Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé jeudi le déploiement de l’armée pour lutter contre le crime organisé et la poursuite pénale de responsables municipaux défaillants dans la fourniture d’eau, lors de son discours sur l’état de la nation au Parlement, au Cap.
La criminalité endémique et les pénuries d’eau figurent parmi les principales sources de mécontentement des électeurs, à l’approche des élections municipales prévues plus tard cette année. Le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir et principal pilier du gouvernement, devrait voir sa part des voix reculer encore.
L’Afrique du Sud est considérée comme l’un des pays les plus dangereux au monde en temps de paix, avec plus de 20 000 homicides enregistrés chaque année pour une population d’environ 63 millions d’habitants. « Le crime organisé représente aujourd’hui la menace la plus immédiate pour notre démocratie, notre société et notre développement économique », a déclaré Cyril Ramaphosa devant les parlementaires.
Le chef de l’État a affirmé que la priorité de son gouvernement serait d’« intensifier la lutte contre le crime organisé et les réseaux criminels ». Il a également promis des poursuites contre les responsables municipaux incapables de garantir l’accès à l’eau, alors que plusieurs régions du pays connaissent des coupures prolongées.
Ces annonces interviennent dans un contexte de pression politique accrue, marqué par des critiques internes et externes, notamment de la part du président américain Donald Trump, qui a à plusieurs reprises évoqué la question de la criminalité en Afrique du Sud. Ramaphosa cherche ainsi à rassurer l’opinion publique et à répondre aux préoccupations croissantes à l’approche des échéances électorales.