Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a demandé mardi aux autorités d’examiner la possibilité d’accorder une grâce à l’activiste et blogueur égypto-britannique Alaa Abd el-Fattah, figure emblématique de la contestation démocratique dans le pays. L’annonce a été faite par le Conseil national des droits de l’homme égyptien.
Militant de premier plan depuis la révolution de 2011, Abd el-Fattah est devenu un symbole de la résistance à l’autoritarisme. Il a passé la majeure partie de la dernière décennie derrière les barreaux, condamné à plusieurs reprises pour avoir enfreint la loi sur les rassemblements ou pour diffusion de « fausses informations ».
Son cas a attiré l’attention internationale, notamment au Royaume-Uni, où sa double nationalité a suscité des pressions diplomatiques répétées. Il a mené plusieurs grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention, provoquant une inquiétude croissante sur son état de santé.
L’initiative de Sissi intervient alors que l’Égypte fait face à des critiques récurrentes sur la répression de la société civile et l’absence de libertés publiques. Les défenseurs des droits humains espèrent que cette annonce débouchera sur une libération effective, mais restent prudents, rappelant que des centaines d’autres prisonniers politiques demeurent incarcérés.
Si une grâce devait être accordée, elle constituerait un geste symbolique fort, à la fois pour répondre aux pressions internationales et pour apaiser un climat intérieur marqué par le durcissement sécuritaire depuis plus de dix ans.