À Tucson, en Arizona, les autorités font face à un afflux massif de signalements dans l’enquête sur la disparition de Nancy Guthrie, 84 ans, portée disparue depuis le 31 janvier. En l’espace de 24 heures après la diffusion d’images montrant une personne masquée sur le perron de son domicile, le bureau du shérif du comté de Pima a reçu plus de 4 000 appels. Beaucoup de ces pistes s’avéreront sans intérêt, mais aucune ne peut être ignorée, soulignent les experts.
La disparition de cette mère de la présentatrice de NBC « Today », Savannah Guthrie, a suscité une vive émotion. Depuis le 1er février, date à laquelle elle a été signalée manquante, le Federal Bureau of Investigation affirme avoir recueilli plus de 13 000 informations, tandis que le bureau du shérif évoque au moins 18 000 appels. Des centaines d’enquêteurs et d’agents fédéraux ont été mobilisés.
Les images diffusées par le FBI montrent un individu portant un masque de ski, un sac à dos, un pantalon long, une veste et des gants. L’agence a précisé qu’il s’agirait d’un homme d’environ 1,75 mètre, de corpulence moyenne, et a même communiqué la marque et le modèle du sac à dos. Ces éléments constituent, à ce stade, les indices les plus significatifs rendus publics dans cette affaire qui dure depuis près de deux semaines.
Les enquêteurs poursuivent parallèlement les analyses scientifiques. Plusieurs gants ont été retrouvés, dont le plus proche à environ 3,2 kilomètres du domicile de Nancy Guthrie, et envoyés en laboratoire. De l’ADN prélevé sur la propriété, ne correspondant ni à la disparue ni à ses proches, est également en cours d’identification. Les preuves nécessitant des analyses médico-légales sont transmises à un laboratoire hors État, utilisé depuis le début de l’enquête.
Le tri des signalements représente un travail colossal. Selon d’anciens responsables policiers, l’implication du public peut s’avérer décisive, comme l’ont montré de nombreuses affaires criminelles aux États-Unis. Mais elle génère aussi son lot d’hypothèses farfelues et de pistes sans fondement. Les services fédéraux et locaux assurent que chaque information est examinée pour en évaluer la crédibilité et la pertinence.
Vendredi soir, l’enquête a conduit les forces de l’ordre à bloquer une route dans un quartier situé à environ trois kilomètres du domicile de la disparue. Des véhicules du shérif et du FBI, y compris des unités médico-légales, ont été autorisés à franchir le barrage. Les autorités n’ont pas précisé si ces opérations découlaient directement d’un signalement issu des vidéos.
Dans le quartier, l’inquiétude reste vive. Des habitants ont tenté d’apporter leur aide en signalant des changements récents dans le voisinage ou des éléments susceptibles d’être liés à l’affaire. Pour les enquêteurs, l’espoir demeure qu’un détail — un vêtement, un sac, une silhouette — retienne l’attention de la bonne personne. « On ne sait jamais ce qui peut faire basculer une enquête », résume un ancien chef de police.