Des sables bitumineux du Canada à l’exil durable - les expatriés vénézuéliens écartent un retour au pays (AP)
Des sables bitumineux du Canada à l’exil durable - les expatriés vénézuéliens écartent un retour au pays (AP)

Des milliers d’ingénieurs, scientifiques et géologues vénézuéliens ont joué un rôle clé dans le développement de l’industrie canadienne des sables bitumineux, mais nombre d’entre eux estiment aujourd’hui qu’un retour au Venezuela reste hautement improbable, malgré l’hypothèse d’une reprise du secteur pétrolier dans leur pays d’origine.

L’effondrement progressif de l’industrie pétrolière vénézuélienne au cours de la dernière décennie a coïncidé avec l’essor des sables bitumineux au Canada, créant un appel d’air pour une main-d’œuvre hautement qualifiée. Face à la dégradation des conditions économiques et politiques au Venezuela, ces professionnels ont trouvé dans l’Ouest canadien et dans d’autres régions du pays des opportunités correspondant à leur expertise.

Installés durablement au Canada, beaucoup ont reconstruit leur vie professionnelle et personnelle. À Ottawa, Calgary ou Edmonton, ils occupent désormais des postes clés dans l’énergie, la recherche ou l’ingénierie, contribuant à la compétitivité d’un secteur souvent critiqué mais toujours central pour l’économie canadienne.

Même si certains évoquent la possibilité d’un redressement progressif de l’industrie pétrolière vénézuélienne, l’idée d’un retour reste marginale. Les expatriés interrogés soulignent l’instabilité persistante, l’incertitude politique et le manque de garanties institutionnelles, autant de freins à un éventuel rapatriement.

Pour beaucoup, l’exil s’est transformé en choix durable plutôt qu’en solution temporaire. Si les liens affectifs avec le Venezuela demeurent forts, la majorité estime que leur avenir, tant professionnel que familial, est désormais solidement ancré au Canada, loin des espoirs d’un retour rapide vers leur pays natal.

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