Des milliers de Cubains manifestent à La Havane contre les États-Unis après l’arrestation de Maduro
Des milliers de Cubains manifestent à La Havane contre les États-Unis après l’arrestation de Maduro

Des milliers de Cubains se sont rassemblés à l’aube devant l’ambassade des États-Unis à La Havane pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’« agression impérialiste » américaine, à la suite de la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro, allié historique de Cuba.

Cette mobilisation intervient dans un contexte de forte montée des tensions entre Washington et La Havane, après une opération américaine au Venezuela qui aurait coûté la vie à 32 officiers cubains des services militaires et de renseignement, soupçonnés d’avoir participé à la protection de Maduro. Il s’agirait des premiers affrontements directs entre forces américaines et cubaines depuis plusieurs décennies.

Sur le Malecón, célèbre boulevard du front de mer de la capitale, des manifestants emmitouflés contre le vent et le froid ont agité des drapeaux cubains et vénézuéliens sous un ciel gris. La foule s’est réunie face à l’ambassade américaine, symbole des relations tendues entre les deux pays depuis plus d’un demi-siècle.

Le président cubain Miguel Díaz-Canel, vêtu d’un uniforme militaire vert olive, a pris la parole devant les manifestants, tournant ostensiblement le dos au bâtiment diplomatique américain. Il a appelé la population à rester unie face aux pressions de Washington et a rejeté toute tentative d’intimidation. « Nous n’avons absolument aucune peur de vous », a-t-il lancé, affirmant que Cuba ne céderait pas aux menaces.

Ces derniers jours, le ton s’est nettement durci entre les deux capitales. Le président américain Donald Trump a averti que les États-Unis ne fourniraient plus ni pétrole vénézuélien ni soutien financier à Cuba, exhortant les autorités cubaines à conclure un accord avant qu’il ne soit « trop tard ».

En réponse, Miguel Díaz-Canel a déclaré que Cuba défendrait sa souveraineté « jusqu’à la dernière goutte de sang », illustrant un nouveau point bas dans des relations déjà profondément dégradées entre les deux pays, séparés par à peine 145 kilomètres mais opposés par des décennies de rivalité politique et idéologique.

Partager