Le réseau électrique cubain s’est effondré mardi pour la troisième fois en moins de dix jours, privant quelque dix millions de personnes d’électricité. La crise s’inscrit dans un contexte de pénurie de carburant aggravée par un blocus américain.
La panne a débuté vers 11 heures du matin, heure locale, soit 15h00 GMT. La compagnie d’électricité d’État, l’UNE, a confirmé l’arrêt total du système. « Il y a eu une déconnexion totale du réseau électrique », a annoncé le ministère cubain de l’Énergie et des Mines sur les réseaux sociaux.
C’est le troisième effondrement national du réseau en moins de dix jours. Lors des deux précédents, survenus la semaine dernière, le rétablissement du courant avait pris plus de vingt-quatre heures à travers l’île. Ces coupures répétées ont déclenché des protestations spontanées à La Havane, où des habitants ont battu des casseroles en criant « rallumez les lumières ».
Cuba traverse sa pire crise économique depuis des décennies. Le pays ne produisait, en 2023, que 40 % du pétrole qu’il consommait, selon l’Agence internationale de l’énergie, ce qui le rendait largement tributaire des importations. Or, depuis janvier, les États-Unis ont imposé un blocus pétrolier après avoir écarté du pouvoir le président vénézuélien Nicolas Maduro. Le Venezuela était jusqu’alors le principal fournisseur de pétrole subventionné de Cuba. Sous pression américaine, le Mexique a lui aussi suspendu ses livraisons de carburant à l’île.
Le réseau électrique cubain, dont une grande partie des infrastructures date des années 1960 et 1980, peine depuis des mois à absorber les conséquences de ces pénuries. Les autorités de La Havane imputent la crise au blocus américain. Washington, de son côté, tient le gouvernement communiste pour responsable de la dégradation du système énergétique.
Lors d’un débat à l’Assemblée générale des Nations unies la semaine dernière, l’ambassadeur américain Michael Waltz a mis en cause directement les dirigeants cubains. « Changez de comportement et rallumez les lumières pour votre peuple », a-t-il déclaré. L’administration Trump affirme que ces mesures visent à contraindre La Havane à organiser des élections démocratiques et à libérer ce qu’elle qualifie de prisonniers politiques.
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