Corée du Sud - le parquet requiert la peine capitale contre l’ex-président Yoon pour la loi martiale (AP)
Corée du Sud - le parquet requiert la peine capitale contre l’ex-président Yoon pour la loi martiale (AP)

En Corée du Sud, le procureur spécial a requis mardi la peine de mort contre l’ancien président Yoon Suk Yeol, accusé d’avoir orchestré une insurrection à la suite de l’imposition, brève mais controversée, de la loi martiale en décembre 2024. Cette demande intervient alors que le pays n’a procédé à aucune exécution depuis près de trente ans.

Lors des plaidoiries finales devant le tribunal du district central de Séoul, l’accusation a soutenu que Yoon avait instauré une loi martiale « anticonstitutionnelle et illégale » afin de se maintenir au pouvoir. Le parquet affirme que les enquêteurs ont établi l’existence d’un complot remontant à octobre 2023, impliquant l’ancien chef de l’État et son ex-ministre de la Défense, Kim Yong-hyun, visant à affaiblir les institutions démocratiques.

Selon le procureur, la mesure a entravé le fonctionnement de l’Assemblée nationale et de la Commission électorale, portant atteinte à l’ordre constitutionnel démocratique. L’accusation a également souligné que Yoon n’aurait ni reconnu la gravité des faits ni présenté d’excuses jugées appropriées à la population.

Âgé de 65 ans, Yoon Suk Yeol a rejeté les accusations. D’après l’agence Yonhap, il a déclaré avoir décrété la loi martiale pour contrer « un mal menaçant de ruiner la nation », estimant que cette décision relevait de ses prérogatives présidentielles. Il a affirmé avoir voulu alerter face à ce qu’il décrit comme une obstruction persistante de l’action gouvernementale par l’opposition.

Le tribunal doit rendre son verdict en février. En Corée du Sud, les réquisitions du parquet ne sont pas systématiquement suivies par les juges. Dans une affaire historique des années 1990, les anciens présidents Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo avaient initialement écopé de lourdes peines, ensuite commuées en appel, avant d’être graciés.

La Corée du Sud a prononcé sa dernière condamnation à mort en 2016, mais observe un moratoire de fait sur les exécutions depuis 1997. La présidence actuelle, dirigée par Lee Jae Myung, élu après la destitution de Yoon, a indiqué qu’elle faisait confiance à la justice pour statuer « conformément à la loi, aux principes et aux normes publiques ».

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