Corée du Nord - Kim Jong Un attendu au tournant lors d’un congrès décisif du Parti en février (AP)
Corée du Nord - Kim Jong Un attendu au tournant lors d’un congrès décisif du Parti en février (AP)

La Corée du Nord tiendra un important congrès politique à la fin du mois de février, au cours duquel son dirigeant Kim Jong Un devrait présenter les grandes orientations de sa politique intérieure et extérieure pour les cinq prochaines années, ont rapporté dimanche les médias d’État. Cette réunion du Parti des travailleurs intervient après une période marquée par une accélération du programme nucléaire et balistique du pays et un durcissement des tensions avec Washington et Séoul.

Selon l’Agence centrale de presse coréenne, le bureau politique du parti s’est réuni sous la supervision de Kim Jong Un et a décidé de convoquer le congrès, sans toutefois préciser la date exacte ni l’ordre du jour. À l’image des précédentes éditions de 2016 et 2021, l’événement devrait s’étaler sur plusieurs jours et servir de vitrine soigneusement orchestrée du pouvoir autoritaire du dirigeant nord-coréen.

Ces dernières semaines, Kim Jong Un a multiplié les inspections de tests d’armement, les visites de sites militaires et de projets économiques, tandis que les médias officiels mettaient en avant ses « réussites » et son « leadership immortel ». Ces signaux laissent penser qu’il profitera du congrès pour réaffirmer une stratégie de développement économique fondée sur l’autosuffisance et la mobilisation de masse, tout en annonçant une nouvelle expansion des capacités militaires, notamment nucléaires.

Les experts estiment que Kim pourrait également détailler des plans visant à moderniser les forces conventionnelles et à mieux les intégrer à l’arsenal nucléaire du pays. Sur le plan diplomatique, il devrait mettre en avant un positionnement international plus affirmé, fondé sur le rapprochement avec Moscou et Pékin, tout en adoptant une ligne plus dure envers la Corée du Sud, dans ce que Pyongyang décrit comme une logique de « nouvelle guerre froide ».

La perspective d’une reprise du dialogue avec les États-Unis reste incertaine. Les relations se sont détériorées après l’échec des négociations de 2019, à l’issue du second sommet entre Kim Jong Un et le président américain Donald Trump, en raison de désaccords sur les sanctions liées au programme nucléaire nord-coréen. Depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, Pyongyang a rejeté toute ouverture, exigeant l’abandon préalable des demandes américaines de dénucléarisation.

Entré dans sa quinzième année au pouvoir, Kim Jong Un apparaît aujourd’hui en position plus solide qu’en 2021, lorsqu’il avait reconnu l’échec de ses politiques économiques dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Depuis, il a tiré parti des bouleversements géopolitiques, notamment en renforçant sa coopération avec la Russie de Vladimir Poutin dans le cadre de la guerre en Ukraine, et en resserrant ses liens avec la Chine, où il a rencontré Xi Jinping pour la première fois depuis six ans.

Si l’opacité du régime complique toute évaluation précise, des analystes sud-coréens estiment que l’économie nord-coréenne pourrait s’être légèrement redressée au cours des cinq dernières années, portée par une reprise progressive des échanges avec la Chine et par un surcroît d’activité industrielle lié aux exportations d’armement vers la Russie. Le congrès de février devrait ainsi offrir un aperçu clé de la trajectoire que Kim Jong Un entend imposer au pays pour les années à venir.

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