Des procureurs fédéraux brésiliens ont mis en garde contre toute utilisation de la force pour expulser des manifestants autochtones rassemblés aux abords d’un terminal portuaire de Cargill en Amazonie, dénonçant une mesure qui pourrait violer leurs droits, selon un communiqué publié en fin de semaine.
Depuis le 22 janvier, des groupes indigènes occupent les abords du terminal céréalier de Santarém pour protester contre un projet de dragage du fleuve Tapajós. Cette opération vise à faciliter la circulation de barges transportant des céréales destinées à l’exportation via les ports du nord du pays, un projet jugé stratégique par le secteur agro-industriel.
Les manifestants affirment que le dragage menace l’écosystème du fleuve et les moyens de subsistance des communautés riveraines, notamment la pêche. Ils estiment également ne pas avoir été consultés de manière adéquate, comme l’exige la législation brésilienne et les conventions internationales relatives aux droits des peuples autochtones.
Dans son communiqué, le parquet fédéral a averti que toute tentative d’évacuation forcée pourrait aggraver les tensions et a appelé à privilégier le dialogue. Les procureurs ont souligné l’obligation des autorités de garantir la sécurité des manifestants et de respecter leurs droits constitutionnels.
Le terminal de Santarém est un maillon clé de la chaîne logistique du soja brésilien, alors que les agriculteurs étendent de plus en plus la culture de cette denrée vers l’intérieur de l’Amazonie. Cette expansion alimente depuis plusieurs années des controverses sur la déforestation, la pression sur les terres indigènes et les impacts environnementaux des infrastructures de transport.
Cargill, l’un des plus grands négociants agricoles mondiaux, est régulièrement ciblé par des ONG et des communautés locales pour son rôle dans le développement des exportations de soja depuis la région amazonienne. L’entreprise affirme de son côté respecter la législation environnementale et sociale en vigueur.
Alors que les manifestations se poursuivent, l’affaire illustre les tensions persistantes entre développement économique, protection de l’environnement et droits des peuples autochtones au Brésil, dans une Amazonie de plus en plus au cœur des enjeux agricoles mondiaux.