Le constructeur aéronautique américain Boeing a conclu un accord avec Paul Njoroge, un Canadien dont la famille a péri dans le crash du vol 302 d’Ethiopian Airlines en mars 2019. L’annonce a été faite vendredi par l’avocat de M. Njoroge, sans que les termes de l’accord ne soient rendus publics.
Paul Njoroge, résident de Toronto âgé de 41 ans, a perdu son épouse Carolyne, leurs trois enfants — Ryan (6 ans), Kellie (4 ans) et Rubi (9 mois) — ainsi que sa belle-mère, dans l’accident du Boeing 737 MAX qui a coûté la vie à 157 personnes. Le crash, survenu peu après le décollage d’Addis-Abeba, avait provoqué une onde de choc mondiale et conduit à l’immobilisation temporaire de tous les appareils de ce modèle.
Ce règlement intervient alors que Boeing fait toujours face à une série de plaintes judiciaires, d’enquêtes réglementaires et de pressions politiques concernant les défaillances techniques du 737 MAX. L’accident du vol ET302 d’Ethiopian Airlines, ainsi que celui du vol Lion Air JT610 survenu quelques mois plus tôt en Indonésie, avaient mis en lumière des problèmes liés au système de stabilisation automatique MCAS, considéré comme un facteur déterminant dans les deux tragédies.
Depuis le drame, Paul Njoroge est devenu l’un des visages les plus médiatiques des familles de victimes, dénonçant publiquement la responsabilité de Boeing et la culture d’entreprise ayant conduit, selon lui, à sacrifier la sécurité au profit des profits. Il avait notamment témoigné devant le Congrès américain en 2019, tenant une photo de ses proches décédés.
Boeing a déjà versé des centaines de millions de dollars dans des accords de dédommagement, tout en continuant de faire face à des poursuites judiciaires individuelles aux États-Unis et à l’étranger. En janvier 2021, le constructeur avait conclu un accord de 2,5 milliards de dollars avec le département de la Justice américain pour clore une enquête criminelle, tout en reconnaissant que certains de ses employés avaient induit en erreur les régulateurs sur les caractéristiques techniques du 737 MAX.
Malgré ce nouvel accord, le groupe continue d’affronter une crise de confiance persistante. Pour beaucoup de proches de victimes, les indemnisations financières ne suffisent pas à tourner la page. Paul Njoroge lui-même a déclaré à plusieurs reprises que son combat vise avant tout à obtenir justice et à empêcher de nouvelles tragédies.