Bobi Wine annonce sa candidature à la présidentielle en Ouganda et fustige l’inaction de l’Occident face aux violations des droits humains
Bobi Wine annonce sa candidature à la présidentielle en Ouganda et fustige l’inaction de l’Occident face aux violations des droits humains

NAIROBI – Le leader de l’opposition ougandaise et icône de la pop, Bobi Wine, a confirmé vendredi qu’il briguera de nouveau la présidence en 2026, dans un contexte de répression accrue contre ses partisans et d’inquiétudes croissantes sur l’état des droits humains dans le pays. Âgé de 43 ans, Robert Kyagulanyi, de son vrai nom, a déclaré à Reuters qu’il se présentera afin de « galvaniser le peuple ougandais pour qu’il se libère » du régime en place.

Wine affrontera une fois de plus le président Yoweri Museveni, 80 ans, au pouvoir depuis 1986, qui devrait briguer un nouveau mandat. Lors de l’élection précédente en 2021, Wine était arrivé en deuxième position, mais avait rejeté les résultats, dénonçant fraudes, passages à tabac, intimidation militaire et autres irrégularités. Les autorités ougandaises avaient réfuté toutes ces accusations.

Dans son entretien, Bobi Wine a également vertement critiqué l’Occident, qu’il accuse de fermer les yeux sur les violations massives des droits humains dans son pays. « Certains dirigeants occidentaux sont complices de nos souffrances. Ils viennent pour conclure des accords commerciaux et se désintéressent des droits de l’homme », a-t-il déclaré. Il n’a nommé aucun État en particulier, mais a estimé que si l’Occident restait fidèle aux valeurs qu’il prône, il dénoncerait publiquement les exactions commises en Ouganda.

L’opposant a notamment évoqué le cas récent de son garde du corps et militant du NUP (Plateforme de l’unité nationale), Eddie Mutwe, qui aurait été enlevé, détenu au secret et torturé par les forces de sécurité. Le ministre ougandais de la Justice a reconnu cette semaine que Mutwe présentait des signes de torture. Le général Muhoozi Kainerugaba, fils de Museveni et chef des forces armées, a publiquement affirmé qu’il retenait Mutwe dans son sous-sol et s’en servait comme punching-ball.

Mutwe a finalement été présenté lundi devant un tribunal, accusé de vol, après une semaine de disparition. Selon Wine, il aurait été soumis à des électrocutions, au waterboarding et à de violents passages à tabac. Ni la police, ni l’armée n’ont répondu aux sollicitations de Reuters sur ces allégations.

S’il est élu, Bobi Wine promet de rétablir les libertés politiques, de garantir les droits civils et de s’attaquer à la corruption généralisée dans le pays. Sa candidature, bien que périlleuse dans un système largement verrouillé par le régime en place, incarne pour beaucoup l’espoir d’un changement démocratique en Ouganda.

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