Une organisation humanitaire internationale a averti que les stocks de nourriture, d’eau et de médicaments s’amenuisent dangereusement au camp d’al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, alors que l’insécurité entrave l’acheminement de l’aide. Dans un communiqué publié vendredi soir, Save the Children a indiqué que la situation se détériorait rapidement dans ce camp qui abrite des milliers de personnes liées au groupe État islamique.
Cette mise en garde intervient une semaine après la prise de contrôle du camp d’al-Hol par les forces gouvernementales. Le site accueille plus de 24 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, parmi lesquels figurent de nombreuses épouses ou veuves de combattants de l’organisation jihadiste. Les combats qui ont précédé la capture du camp ont opposé les forces gouvernementales aux Forces démocratiques syriennes, anciennement dominantes dans la région avec le soutien des États-Unis.
Selon Save the Children, les affrontements récents autour du camp ont contraint les agences humanitaires à suspendre temporairement leurs opérations régulières. La principale route menant à al-Hol reste jugée dangereuse, empêchant les travailleurs humanitaires de livrer des vivres, de l’eau ou d’assurer des services de base essentiels aux familles et aux enfants.
« La situation au camp d’al-Hol se dégrade rapidement, alors que la nourriture, l’eau et les médicaments viennent dangereusement à manquer », a déclaré Rasha Muhrez, directrice de Save the Children en Syrie. Elle a appelé toutes les parties au conflit à garantir un couloir humanitaire sûr afin de permettre la reprise des services de base et la protection des enfants, soulignant que « des vies en dépendent ».
Le camp a été repris par les forces loyales au président intérimaire Ahmad al-Sharaa après de violents combats ce mois-ci dans l’est et le nord-est du pays. Bien qu’un accord ait été conclu pour mettre fin aux hostilités après d’importantes défaites des Forces démocratiques syriennes, des affrontements sporadiques persistent, maintenant un climat d’instabilité.
Sur le plan politique et sécuritaire, les Forces démocratiques syriennes ont annoncé vendredi un nouvel accord avec le gouvernement central visant à consolider le cessez-le-feu et à intégrer progressivement cette force au sein de l’armée et de la police syriennes. La mise en œuvre doit débuter avec l’entrée limitée de forces de sécurité gouvernementales dans les villes à majorité kurde de Qamishli et al-Hassakeh, afin de sécuriser des institutions étatiques et relancer certains services.
Alors que les États-Unis ont commencé à transférer vers l’Irak des détenus accusés d’appartenir à l’État islamique, l’avenir des camps accueillant les femmes et les enfants de combattants reste incertain. Les autorités syriennes reconnaissent que la mise en œuvre complète de l’accord d’intégration pourrait prendre jusqu’à un mois, une période jugée critique par les humanitaires, qui redoutent une aggravation rapide de la crise au camp d’al-Hol si l’accès humanitaire n’est pas rétabli.