Affrontements devant le Congrès argentin : des dizaines de blessés lors d’une manifestation pour les retraites
Affrontements devant le Congrès argentin : des dizaines de blessés lors d’une manifestation pour les retraites

Des dizaines de personnes ont été blessées mercredi à Buenos Aires lors d’une manifestation devant le Congrès national argentin, où des retraités et militants réclamaient des hausses de pensions face à une crise économique persistante. Les forces de sécurité ont dispersé les manifestants à l’aide de matraques et de boucliers anti-émeutes, provoquant des heurts violents dans les rues de la capitale.

Les images diffusées par les médias locaux montrent des manifestants âgés, rejoints par des militants syndicaux, chantant des slogans et agitant des pancartes avant d’être repoussés par les forces de l’ordre. L’atmosphère tendue a dégénéré alors que les députés à l’intérieur du Congrès échouaient à atteindre le quorum nécessaire pour débattre de plusieurs projets de loi en faveur des retraités.

Parmi les mesures reportées figuraient une augmentation des pensions minimales et la continuité de certains dispositifs sociaux destinés aux personnes âgées. Le gouvernement du président Javier Milei, défenseur d’une ligne ultralibérale, s’oppose à ces propositions, invoquant la nécessité de réduire les dépenses publiques pour stabiliser l’économie.

« Ce lieu, berceau de la démocratie, ne peut pas rester indifférent quand un retraité gagne 379 000 pesos par mois (environ 331 dollars) », a déploré la députée Paula Oliveto, du parti centriste Coalition civique, au cours de la session parlementaire. Seuls 124 législateurs étaient présents, contre les 129 requis pour ouvrir la séance, ce qui a suscité la colère de l’opposition.

Esteban Paulon, du Parti socialiste, a vivement critiqué l’absence de nombreux députés, accusant certains partisans du gouvernement d’avoir ri à l’échec du quorum. « Le plan du gouvernement est évidemment de tuer des millions de personnes qui touchent le salaire minimum par la faim », a-t-il déclaré avec virulence.

Depuis plusieurs semaines, les politiques d’austérité du gouvernement Milei, mises en place pour juguler une inflation record et restaurer la confiance des marchés, provoquent des manifestations hebdomadaires. Travailleurs, retraités, étudiants et même supporters de football dénoncent une détérioration rapide des conditions de vie.

Selon les dernières données officielles, 38 % de la population argentine vivait dans la pauvreté au second semestre 2024, un chiffre en amélioration par rapport aux 53 % du premier semestre, mais qui reste alarmant pour la deuxième économie d’Amérique du Sud. Face aux critiques, le gouvernement insiste sur le fait qu’un redressement économique durable passe par des investissements et une croissance accrue avant toute revalorisation des retraites.

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