La tension est montée d’un cran mercredi dans une zone frontalière disputée entre la Thaïlande et le Cambodge, où la police thaïlandaise a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des civils cambodgiens. Les autorités des deux pays ont confirmé l’incident, qui marque la plus grave escalade depuis la signature d’un cessez-le-feu visant à mettre fin à des affrontements récurrents.
Selon Phnom Penh, 23 Cambodgiens ont été blessés lors de ces heurts. Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a dénoncé l’usage de la force et appelé la communauté internationale à soutenir son pays dans ce différend frontalier qui oppose depuis longtemps les deux voisins.
Bangkok a de son côté défendu l’action de sa police, affirmant que la force avait été nécessaire pour contenir des troubles et prévenir une aggravation des violences. Les autorités thaïlandaises n’ont pas précisé le nombre de blessés de leur côté.
La frontière entre la Thaïlande et le Cambodge reste un point de tension historique, alimenté par des litiges territoriaux non résolus et des rivalités politiques régionales. Ces dernières années, des escarmouches avaient éclaté à plusieurs reprises avant que les deux pays ne s’engagent dans un processus de désescalade.
Cet incident relance les inquiétudes quant à la stabilité de la zone et met à l’épreuve la solidité de l’accord de cessez-le-feu. Les observateurs redoutent que cette flambée de violence n’ouvre la voie à une nouvelle phase de tensions durables entre Bangkok et Phnom Penh.