À Minneapolis, des vidéos contredisent la version des autorités dans plusieurs tirs impliquant l’immigration (AP)
À Minneapolis, des vidéos contredisent la version des autorités dans plusieurs tirs impliquant l’immigration (AP)

Les autorités fédérales américaines ont annoncé l’ouverture d’une enquête visant deux agents de l’immigration soupçonnés d’avoir fait des déclarations inexactes sous serment à propos d’un tir survenu le mois dernier à Minneapolis. Cette affaire s’inscrit dans une série d’au moins cinq fusillades récentes où des vidéos ont contredit les premières versions fournies par les services de l’immigration.

L’épisode le plus récent concerne le tir non mortel contre Julio Cesar Sosa-Celis, un ressortissant vénézuélien blessé à la cuisse le 14 janvier à Minneapolis. Selon la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, l’agent aurait été « pris en embuscade » et aurait tiré « en état de légitime défense ». Deux hommes étaient poursuivis pour agression, accusés d’avoir frappé l’agent avec un manche à balai et une pelle à neige. Mais les poursuites ont été abandonnées après l’apparition de nouvelles vidéos qui, selon les procureurs, contredisaient les allégations initiales.

D’autres cas ont suscité des interrogations similaires. Le 7 janvier, Renee Good a été abattue à Minneapolis. Les autorités avaient évoqué un « acte de terrorisme domestique » et affirmé qu’elle avait tenté de percuter des agents avec son véhicule. Des vidéos filmées sous plusieurs angles ont cependant mis en doute cette version, montrant la conductrice arrêtée en diagonale et une interaction confuse avant les tirs.

Le 24 janvier, Alex Pretti a été tué dans la même ville. Le ministère de la Sécurité intérieure avait indiqué qu’il s’était approché d’agents de la Border Patrol avec une arme et avait « violemment résisté ». Or, selon plusieurs vidéos de témoins, il tenait un téléphone portable au moment où un agent masqué a ouvert le feu. Lors d’une audition à Washington, le sénateur républicain Rand Paul a estimé que les images suggéraient que Pretti « reculait à chaque instant ».

Des affaires similaires ont été recensées à Chicago en 2025. En septembre, Silverio Villegas González a été tué lors d’une intervention. Les autorités avaient affirmé qu’il avait traîné un agent avec son véhicule. Des images de caméras-piétons ont montré l’agent se déplaçant normalement après les faits et minimisant ses blessures. L’autopsie a conclu à un homicide, indiquant un tir à courte distance. En octobre, Marimar Martinez a été grièvement blessée par balles lors d’une course-poursuite. Accusée initialement de terrorisme domestique, elle a vu les charges abandonnées après la diffusion de vidéos suggérant qu’un agent avait percuté son véhicule. Un message texte attribué à l’agent évoquait par ailleurs son « adresse au tir ».

Ces affaires alimentent les critiques sur la transparence et l’usage de la force dans le cadre des opérations menées par les services fédéraux d’immigration, notamment l’U.S. Immigration and Customs Enforcement et la U.S. Border Patrol, sous l’autorité du U.S. Department of Homeland Security. Elles interviennent alors que l’administration du président Donald Trump poursuit une politique de lutte renforcée contre l’immigration irrégulière.

Si les autorités assurent que les agents agissent dans un contexte de menace, la multiplication des vidéos contredisant les récits initiaux pose la question du contrôle indépendant et du rôle croissant des enregistrements citoyens dans l’établissement des faits. Pour les défenseurs des droits civiques, ces images rappellent que la transparence est devenue un élément central dans l’examen des interventions armées des forces fédérales.

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