À leur retour à Gaza, des Palestiniennes racontent un « voyage d’horreur » après la réouverture de Rafah (AP)
À leur retour à Gaza, des Palestiniennes racontent un « voyage d’horreur » après la réouverture de Rafah (AP)

Des femmes palestiniennes figurant parmi les très rares personnes autorisées à rentrer dans la bande de Gaza après la réouverture du point de passage de Rafah ont décrit des conditions éprouvantes, marquées par des contrôles stricts, des interrogatoires et des humiliations, selon leurs témoignages recueillis mardi.

Elles affirment avoir eu les yeux bandés, les mains menottées et avoir été interrogées par les forces israéliennes avant d’être autorisées à entrer dans l’enclave. Certaines disent avoir été retenues pendant des heures, sans explication claire, au cours d’un processus qu’elles qualifient de traumatisant.

Selon des sources palestiniennes, seules douze personnes ont pu franchir la frontière pour entrer à Gaza lors de la première journée d’ouverture, malgré les annonces faisant état d’un assouplissement des restrictions dans le cadre du cessez-le-feu en vigueur. Des femmes interrogées évoquent également la présence de miliciens palestiniens collaborant avec les forces de Israël à certains points de contrôle.

Huda Abu Abed, 56 ans, installée sous une tente après son retour dans le sud de Gaza, raconte avoir été soumise à de longues fouilles et à des questions répétées. « Nous pensions rentrer chez nous, mais le chemin a été un cauchemar », confie-t-elle, décrivant un sentiment d’insécurité persistant malgré la fin relative des combats.

La réouverture de Rafah était présentée comme une étape clé pour permettre à des civils déplacés de rentrer et à des patients de quitter l’enclave pour recevoir des soins. Dans les faits, les passages restent extrêmement limités et soumis à des autorisations strictes.

Malgré ces obstacles, les personnes revenues disent n’avoir pas eu d’autre choix que de tenter le retour, même dans des conditions précaires. Beaucoup découvrent des quartiers dévastés, des logements détruits et une situation humanitaire toujours critique, loin des espoirs suscités par l’annonce de la réouverture du point de passage.

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