À La Havane et dans d’autres régions de Cuba, de nombreux citoyens et entreprises multiplient les installations de panneaux solaires pour faire face à des coupures d’électricité de plus en plus longues, une conséquence directe de la crise énergétique qui frappe l’île, aggravée par des restrictions sur les importations de pétrole.
Les sanctions américaines et un net ralentissement des livraisons de carburant provenant du Venezuela et du Mexique ont fortement réduit les approvisionnements en pétrole, indispensable pour faire fonctionner les centrales électriques de l’île. Cette situation contribue à des pannes récurrentes du réseau national et à un manque de capacité de production d’électricité.
Face à ces difficultés, le recours à l’énergie solaire se développe rapidement. Le gouvernement cubain, avec le soutien financier et en équipements de la Chine, a installé plus de 1 000 mégawatts de capacité solaire au cours de l’année écoulée et prévoit de doubler cette capacité dans les années à venir. Parallèlement, des particuliers riches et des petites entreprises investissent dans des panneaux photovoltaïques pour alimenter leurs maisons, commerces ou véhicules, parfois avec l’aide de fonds envoyés par des proches à l’étranger.
Pour encourager cette transition vers les énergies renouvelables, les autorités ont récemment annoncé des mesures fiscales incitatives, telles que l’exonération d’impôts personnels jusqu’à huit ans pour les entrepreneurs qui développent des projets liés aux énergies propres.
Alors que les générateurs à base de gazole ou de diesel deviennent de moins en moins viables faute de carburant, l’énergie solaire apparaît comme une solution à la fois plus fiable et économique sur le long terme. Toutefois, son coût initial reste élevé pour une grande partie de la population.
Cette réponse populaire et institutionnelle à la crise énergétique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions avec les États-Unis, qui, par leur politique de sanction et de restriction des livraisons de pétrole, accroissent la pression sur l’économie cubaine dépendante des importations de carburant depuis des décennies.