Une étude récente révèle que les examens de tomodensitométrie (CT scan) – également appelés « scanners » – pourraient être responsables d’un cancer sur vingt, selon le journal The Telegraph.
Chaque année, environ 5 millions de scanners sont réalisés au sein du NHS britannique, utilisant des rayons X pour produire des images internes détaillées du corps. Mais de nouvelles recherches menées par l’Université de Californie (UC) suggèrent que ces examens peuvent contribuer à l’apparition de cancers du poumon, du sein et d’autres types, avec un risque multiplié par dix chez les enfants.
Des chiffres alarmants
Les résultats de l’étude montrent que parmi 93 millions de scanners réalisés aux États-Unis en 2023, environ 103 000 cas de cancer pourraient survenir, soit trois à quatre fois plus que les estimations précédentes.
La Dre Rebecca Smith-Bindman, radiologue et professeure d’épidémiologie à l’université de Californie à San Francisco, souligne que :
« La tomodensitométrie peut sauver des vies, mais ses effets secondaires potentiels sont souvent négligés. »
Elle ajoute :
« Nos estimations placent la tomodensitométrie au même niveau de risque que des facteurs connus comme la consommation d’alcool ou le surpoids. Réduire le nombre d’examens et les doses utilisées permettrait de sauver des vies. »
Des examens à double tranchant
Les scanners sont utilisés pour diagnostiquer un large éventail de conditions, notamment les fractures osseuses, tumeurs, hémorragies internes et troubles cardiovasculaires. Cependant, les rayonnements ionisants peuvent endommager l’ADN et favoriser certaines maladies.
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont analysé 93 millions de scans réalisés sur 61,5 millions de patients américains, afin d’évaluer l’incidence des cancers associés.
Ils ont constaté que les scanners abdominaux et pelviens chez les adultes sont les plus susceptibles d’entraîner des complications, tandis que les examens de la tête posent un plus grand risque chez les enfants.
Les types de cancers les plus fréquemment liés aux rayonnements incluent :
- le cancer du poumon,
- du côlon,
- de la vessie,
- du sein,
- de la thyroïde,
- et certaines leucémies.
Le risque est particulièrement élevé chez les enfants de moins d’un an au moment de l’examen.
Des mises en garde mais aussi des appels à la nuance
Les chercheurs recommandent aux médecins de réfléchir attentivement avant de prescrire des scanners pour des affections mineures comme les maux de tête ou les infections respiratoires, et de mieux informer les patients sur les risques.
Néanmoins, des experts britanniques tempèrent ces résultats.
Linda Johnson, responsable de l’imagerie clinique et de la radioprotection à la Société des technologues en radiologie, affirme :
« Une communication précise sur les avantages et les risques du scanner est essentielle pour protéger le public. Se concentrer uniquement sur les risques peut dissuader certaines personnes de subir un examen vital pour un diagnostic précoce du cancer. »
Elle ajoute :
« Toute personne passant un scanner doit recevoir des informations équilibrées, claires et pertinentes afin de comprendre ce que cela signifie pour elle, en termes de diagnostic, de traitement et de suivi. »