Le laboratoire pharmaceutique Eli Lilly a dévoilé des résultats préliminaires prometteurs pour son médicament expérimental contre l’obésité, l’éloralintide, qui aurait permis à certains patients de perdre en moyenne 11,5 % de leur poids corporel en seulement 12 semaines. Ces données proviennent d’un essai clinique de phase précoce dont les résultats ont été publiés vendredi dans un résumé présenté à l’occasion de la conférence annuelle de l’American Diabetes Association à Chicago, selon une note aux investisseurs de Cantor Fitzgerald.
L’éloralintide appartient à une nouvelle génération de traitements qui imitent l’amyline, une hormone produite par le pancréas conjointement avec l’insuline. L’amyline agit en ralentissant la digestion et en supprimant l’appétit, ce qui favorise une réduction de l’apport alimentaire. Cette approche diffère de celle des médicaments actuels comme le tirzépatide, vedette du marché des traitements contre l’obésité, qui repose sur l’hormone intestinale GLP-1.
L’éloralintide est actuellement testé seul ou en association avec le tirzépatide, commercialisé par Eli Lilly sous le nom de Zepbound. Les analystes estiment que cette combinaison pourrait représenter la future génération de traitements de référence, en raison de son efficacité et de son profil de sécurité jugé favorable. Akash Tewari, analyste chez Jefferies, estime que « la combinaison tirzépatide-éloralintide pourrait bien être le véritable successeur du tirzépatide seul ».
Face à l’engouement croissant pour les traitements contre l’obésité, les grands noms de l’industrie pharmaceutique cherchent à élargir leur arsenal thérapeutique. Roche a récemment misé sur le petrelintide, un autre analogue de l’amyline développé par Zealand Pharma, dans le cadre d’un partenariat pouvant atteindre 5,3 milliards de dollars. Novo Nordisk et AstraZeneca investissent également dans des traitements combinant amyline et autres hormones pour maximiser les résultats tout en préservant la masse musculaire.
D’après les analystes de Cantor Fitzgerald, les résultats de Lilly surpassent ceux obtenus avec le petrelintide de Roche et Zealand, ainsi que les composés expérimentaux de Novo Nordisk. Ils sont même jugés compétitifs face aux traitements actuels à base de GLP-1, renforçant l’enthousiasme autour du potentiel de l’éloralintide.
Eli Lilly n’a pas encore réagi officiellement à ces données, mais les perspectives de développement d’un nouveau traitement puissant contre l’obésité suscitent déjà un intérêt marqué dans le secteur de la santé, à l’heure où la demande mondiale pour des solutions efficaces ne cesse de croître.