Le rêve médical français s’effondre. La société Carmat, célèbre pour son cœur artificiel Aeson destiné aux patients en insuffisance cardiaque terminale, a annoncé sa mise en cessation de paiements et la demande d’un redressement judiciaire auprès du tribunal de Versailles. Malgré une campagne de dons de la dernière chance et des appels à l’Élysée, l’entreprise n’est pas parvenue à lever les 3,5 millions d’euros urgemment nécessaires à sa survie avant le 30 juin. En attendant la décision du tribunal, Carmat a suspendu sa cotation en Bourse.
Un espoir médical abandonné par manque de financement
Créée en 2008 et portée par le professeur Alain Carpentier, Carmat avait pourtant franchi plusieurs étapes majeures, avec 122 patients équipés du cœur artificiel Aeson et un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros l’an dernier. Mais après 30 ans de recherche et 550 millions d’euros investis, la société, qui emploie 180 personnes, s’est heurtée à l’absence de nouveaux financements. Son directeur général, Stéphane Piat, dénonce un cruel manque de soutien à l’innovation en France, alors que Carmat rêvait encore de rentabilité d’ici 4 à 5 ans.
Le cœur Aeson avait été volontairement retiré du marché entre 2021 et 2022 après deux décès, le temps d’améliorer le dispositif. Conçue pour remplacer temporairement un cœur en attendant une greffe, cette prouesse technologique est jugée vitale par de nombreux médecins. Mais aujourd’hui, faute d’investisseurs, Carmat risque de rejoindre la liste des innovations sacrifiées, malgré son engagement à continuer d’assister les patients équipés de ses prothèses.
Le redressement judiciaire est désormais le dernier espoir pour maintenir en vie ce fleuron tricolore de la biomédecine.