KINSHASA, 21 juin 2025 — La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé samedi la prolongation de trois mois de l’interdiction temporaire d’exportation de cobalt, dans le but de stabiliser un marché en forte surproduction. Cette décision intervient alors que les stocks restent élevés et que les prix du cobalt ont chuté à leur plus bas niveau en neuf ans, atteignant seulement 10 dollars la livre.
L’interdiction initiale, imposée en février pour une durée de quatre mois, devait expirer ce dimanche. Elle visait à endiguer la baisse des cours sur le marché mondial de ce métal essentiel à la fabrication des batteries pour véhicules électriques. Le Congo, premier fournisseur mondial de cobalt, cherche ainsi à exercer un meilleur contrôle sur l’offre et à protéger les revenus de cette ressource stratégique.
Dans un communiqué, l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS) a expliqué que « la décision a été prise de prolonger la suspension temporaire en raison du niveau élevé et continu des stocks sur le marché. » L’agence a précisé qu’une nouvelle évaluation serait effectuée avant la fin de cette prolongation, en septembre, afin de déterminer si la suspension doit être levée, prolongée ou modifiée.
En parallèle, les autorités congolaises envisagent d’instaurer un système de quotas d’exportation pour mieux gérer l’approvisionnement global. Ce mécanisme, déjà discuté, bénéficierait du soutien de plusieurs acteurs majeurs de l’industrie, notamment Glencore, deuxième producteur mondial de cobalt. En revanche, le groupe chinois CMOC, premier producteur de cobalt en RDC, s’oppose à la prolongation et milite activement pour une reprise immédiate des exportations.
La situation actuelle reflète les tensions croissantes entre les ambitions de souveraineté économique de Kinshasa et les intérêts commerciaux des multinationales opérant sur son sol. Alors que le monde s’oriente vers une électrification accrue des transports, la gestion des ressources critiques comme le cobalt devient un enjeu central, tant sur le plan économique que géopolitique.
Les marchés internationaux, déjà sensibles aux fluctuations de l’offre congolaise, suivront de près l’évolution de cette interdiction qui pourrait influer durablement sur les chaînes d’approvisionnement mondiales des technologies vertes.