Couverture d’Entrevue n°347 : Sharon Stone

Numéro 347 · Juin 2024

Sharon Stone — Festival de Cannes 2024, cahier spécial cinéma · Entretien avec Cillian Murphy

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ENTREVUE ENTREVUE "Toutes les vérités sont bonnes à dire ENTRETIEN Cillian Murphy: «Mon premier rôle, je l'ai préparé en faisant du camping et du stop en France.» INTERVIEWS Claude Lelouch Greta Gerwig Michael Douglas Gary Oldman Redouane Bougheraba Adriana Karembeu "J'étais fauchée et endettée, puis en 30 jours, je suis devenue riche !"

Festival De Cannes 2024

Cahier Spécial Cinéma

Interview Confessions

SHARON STONE

Festival De Cannes

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ENTREVUE

Tilsitt Media

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Contact: redaction@entrevue.fr Directeur de la publication: Omar HARFOUCH Assistant de direction: Daniel TOPIC Rédacteur en chef : Jérôme GOULON - jgoulon@entrevue.fr Ont collaboré à ce numéro: Gilles VERDEZ, Robert MÉNARD, Jessica PIERNÉ, CAYMAN PRODUCTIONS, Marie GIANCANI, Gabriel DALLEN, Solenn Mirarchi, Thibaud VÉZIRIAN, Radouan KOURAK, Emmanuelle MENARD, Jenny DAVIS, Vicky DEARDEN, David WALSH, Guy KELLY Photos: BEST IMAGE, Daniel TOPIC, DR Distribution: MLP Productrice exécutive: Iryna MATSEPLIUK Graphic designer: Anastasia PONOMARENKO Imprimé en Italie ENTREVUE est publié par TILSITT MEDIA, DSO-IFZA, IFZA Properties, Dubai Silicon Oasis, Emirats Arabes Unis. Directeur de la publication: Omar HARFOUCH. Dépôt légal: 2ème trimestre 2024. Diffusion: MLP. Les documents reçus ne sont pas rendus et leur envoi implique l'accord de l'auteur pour leur libre publication. Les textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro sont la propriété exclusive d'ENTREVUE pour TILSITT MEDIA qui se réserve tout droit de reproduction et de traduction dans le monde entier. La rédaction n'est pas responsable des textes, dessins et photos insérés. ISSN 1246-404X. Imprimé en Europe - Commission paritaire en cours. ENTREVUE fr Toutes les vérités sont bonnes à dire.* "Toutes les vérités sont bonnes à dire."

Édito Mai-Juin 2024

Festival De Cannes

OPALI POBOLD

- Films -

Tein Com

Adriana Karembeu, Sharon Stone et Omar Harfouch

Cannes, Mon Rêve...

Sharon Stone, Adriana Karembeu et moi-même... Cette photo a été prise le 25 mai 2006 lors du dîner de l'amfAr, à Cannes, en marge du Festival. Un dîner annuel mythique au cours duquel 50% des stars du monde entier sont reunies dans une seule pièce... Leonardo DiCaprio, George Clooney, Milla Jojovich et tant d'autres... Tous les plus grands sont présents afin de collecter des fonds pour la lutte contre le sida. Je me souviens y avoir gagné l'enchère d'œuvres de Patrick Demarchelier, le plus grand photographe de mode. Une fierté. Autre fierté: 18 ans plus tard, voir ces deux femmes incroyables, Sharon Stone et Adriana Karembeu, ainsi que beaucoup d'autres, se livrer sans complexes et en toute authenticité dans Entrevue. Troisième fierté: cette année, ma femme Yulia et moi montons les marches. Nous sommes invités et habillés par Saint Laurent, en marge de trois films coproduits par Saint Laurent Productions. J'ai déjà monté les marches plus de dix fois, mais le faire en tant qu'invité de Saint Laurent, c'est un rêve... Certains diront que vu le contexte mondial actuel, monter les marches de Cannes est bien dérisoire. Je répondrai qu'ayant vécu mon enfance au Liban pendant la guerre, ayant dû me cacher sous mon piano durant les bombardements, fouler le tapis rouge de Cannes est pour moi tout sauf un luxe. C'est un symbole de liberté. Cannes, mon rêve... Omar Harfouch, directeur de publication

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SOMMAIRE ZAPPING 8

Festival De Cannes

Cahier Spécial Cinéma

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Sharon Stone

L'interview confessions 20 Anthony Delon TÉLÉZAP 10 24 GRETA GERWIG 30 CILLIAN CLAUDE MURPHY LELOUCH 34 Natasha St-Pier et Inès Reg CLASHS 11 38 36 MICHAEL GARY OLDMAN DOUGLAS 40 Gad Elmaleh, Ahmed Sylla

Ils Ont Dit / Ils Ont Menti

ADAM DRIVER 44 ADRIANA KAREMBEU 48 VLADIMIR JEAN-PIERRE COSMA CASTALDI

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PEOPLE 58 52 NOVAK DJOKOVIC N° 347 MAI-JUIN 2024 62 64 ÉRIC JORDAN DE LUXE NAULLEAU 72 68 REDOUANE BOUGHERABA POLITIQUE 76 RIMA HASSAN 80 NELSON MATTHIAS MONFORT DANDOIS COLD SUCCESS CASE STORY 86 84 NICOLAS DUPONT-AIGNAN 88

Antoine Boutte

Raconte Dubai

ÉVASION 92 JEAN-MARC GOVERNATORI L'AFFAIRE

Nathalie Prince

RODRIGUES:

La Perle De L'océan Indien

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OPINION Lune de miel Il est 14 heures ce samedi quand je rentre dans la salle des mariages de la mairie. Deux de mes administrés m'ont demandé de « célébrer» leurs cinquante ans de mariage. Ils sont là avec une poignée d'amis et des membres de leur famille. Nous échangeons quelques mots. Sur la fidélité. Sur l'importance des promesses. Sur l'oubli de soi au profit de plus grand, de plus beau, de plus solide. Rien qu'un échange, un échange apaisant. En sortant, je respire mieux. Vive Mohamed ! Déjeuner avec un maire d'une ville voisine. Nous parlons de notre quotidien. Sécurité, investissement, gestion du personnel. Et puis de quelques divines surprises. Comme, me raconte ce maire, ce coup de téléphone reçu au lendemain de l'annonce d'un « trou » de plus d'un million d'euros dans les comptes d'une association sportive. Son président a dépensé sans compter. Et maintenant il se retourne vers la mairie pour régler les dettes. Au bout du fil, Mohamed X. II vient de gagner au loto et se propose de... combler le trou. Le maire n'en revient pas. Et l'interroge: pourquoi une telle générosité? « Parce que vous m'avez propose un logement social quand j'en avais besoin et que je veux vous remercierại. Il pose deux conditions : qu'on ne dévoile pas son nom et qu'il puisse continuer à vivre dans son HLM. Dans la semaine, le virement est effectué. Il ne s'est plus manifesté. De quoi vous réconcilier avec l'humanité... 6 L'édito de Robert Ménard Carnet de bord d'un maire de province souhaite à ce prof de philo capable de tenir en haleine un théâtre plein à craquer tous les mois sur des sujets a priori moins sexy qu'une émission de Cyril Hanouna. Nous passons une petite heure à discuter. Je l'écoute. Je crois même que je l'admire. Il est attentif à ce que je lui dis. Bien que je ne sois pas sûr du grand intérêt de mes confidences sur mon métier de maire. Il respire l'intelligence. Il lui manque peut-être ce côté voyou qu'avait Sarkozy. Et qui séduit. Il est dix coudées au-dessus du reste de la classe politique. Ce qui n'est pas forcément un atout dans ce milieu de fauves... Les moustiques d'Aymeric Caron Je m'apprête à prendre l'avion comme chaque dimanche pour participer au «duel» orchestré par Benjamin Duhamel sur BFM. Cette semaine, je dois me retrouver face à Aymeric Caron. L'émission est annulée: on vient de découvrir des ossements du petit Émile, disparu en juillet dernier. Les programmes sont chamboulés. Les débats politiques sont annulés. J'ai croisé Aymeric Caron il y a bien des années: j'animais la matinale de Sud Radio et il avait demandé à me rejoindre. Cela ne s'était pas concrétisé. Une question d'argent. Depuis, il a beaucoup fait parler de lui. On lui doit une croisade contre la corrida et quelques formules du genre « Les moustiques ont le même droit à vivre que vous et moi.» Aymeric Caron peut être aussi odieux quand il demande que le drapeau et l'hymne israéliens ne soient pas admis pendant les JO... À l'époque, il ne m'était pas paru antipathique. Aujourd'hui, il est d'une arrogance rare. A-t-il changé? Ou est-ce moi qui ne supporte plus les vendeurs de certitudes ? Il respire l'intelligence J'aime bien François-Xavier Bellamy. Il a des convictions, de la droiture, une culture que j'envie. Je ne suis pas sûr que cela suffise à lui assurer un beau score aux Européennes. Je le Vivre ensemble, vraiment ? Coup de téléphone du patron de la police municipale. Deux gamins d'une quinzaine d'années en sont venus aux mains à l'entrée d'un lycée. Une bagarre d'une rare violence, à coup de chaises en métal. L'agresseur est conduit au commissariat. Une bagarre pour une histoire de fille. À première vue, rien à voir avec ce qui s'est passé au collège Arthur Rimbaud, tout à côté de chez nous, à Montpellier, où la jeune Samara a été lynchée. Si l'on en croit sa mère, elle s'habillait «à l'européenne». Sa mère qui, dès le lendemain, revient sur ses propos, dénonçant une tentative de récupération par «l'extrême-droite». La pression du quartier ne doit pas y être pour rien...Dans le collège que je visite le même jour, le principal me confie que plusieurs de ses élèves sont suspectés de dérive islamiste. Pour l'un d'entre eux, manifestement le plus radicalisé, rien ne le laissait imaginer. « Il était chahuteur, pas plus » m'explique le patron de l'établissement, sidéré. Comme l'écrit Alain Finkielkraut, « le vivre-ensemble, c'était mieux quand le mot n'existait pas.ồạồi

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Montagnes russes 56 à 24. Ce vendredi 12 avril, nous avons battu ValenceRomans. J'aime le rugby. À Béziers, c'est une véritable religion. Il faut dire que nous avons onze titres de champion de France dans nos bagages. Aujourd'hui, nous jouons en Pro D2, la deuxième division. L'élite du rugby n'est plus à la portée d'une ville moyenne. L'argent comme toujours. En 2020, nous avons failli être relégués en Nationale. J'ai alors décidé d'acheter le club qui se débattait dans des difficultés inextricables. Une première. Jamais une ville n'a été propriétaire d'un club professionnel, de rugby comme de foot. Maintenant en haut du classement, les supporters sont de retour. Le moral est au beau fixe. Mais il suffirait d'une mauvaise passe pour que je sois montré du doigt. Je suis serein. Jusqu'à vendredi prochain... Les perdants de l'histoire Enfermés dans des camps, leur courrier ouvert, leurs prestations sociales confisquées, leurs enfants interdits d'acces aux écoles classiques... la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France pour «non-respect de la dignité humaine» à l'égard des Harkis, ces « supplétifs » - quel vilain mot! - musulmans qui ont choisi la France au moment de la guerre d'Algérie. Des Harkis, j'en rencontre lors de chaque cérémonie patriotique. Ils sont nombreux à Béziers. Le Pied-noir que je suis partage une part de sa jeunesse avec eux. Et une certitude : nous sommes des perdants de l'histoire. Un samedi comme les autres... Ce matin il fait beau sur Béziers. Nous sommes samedi et le programme est chargé : passage chez un centenaire, concours d'agilité dans une association canine, journée portes ouvertes au tennis-club, soirée « Le 20, c'est le vin »... Le quotidien d'un maire. Rien de futile. Juste la vie.

L'actualité Vue Par

Nos Éditorialistes

*Nos éditos reflètent uniquement l'avis de leurs auteurs Robert Ménard, maire de Béziers " AYMERIC CARON

Peut Être Odieux

Quand Il Demande

Que Le Drapeau Et

L'hymne Israéliens

Ne Soient Pas Admis

PENDANT LES JO."

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ZAPPING

Tous Les Mois, La Rédaction D'entrevue

Passe Au Crible Les Émissions De Télévision.

Retrouvez Le Replay Des Meilleures Séquences!

QUELLE EPOQUE! 30/03/2024

Quelle Epoque

Anthony Delon : (Léa Salamé lui demande des détails sur le conflit familial de la famille Delon) Je ne vais pas vous expliquer, je vais vous dire pourquoi, c'est parce que j'ai donné une interview a un magazine, qui vient de se relancer, qui s'appelle Entrevue, où j'ai expliqué tout ça. Mais je peux vous dire qu'il y a quand même beaucoup de mensonges qui ont été dit, notamment par les avocats, dont celui-là. Mon père ne m'a jamais attaqué. Mon père, ça s'est reglé en trois minutes. Je l'explique, je le raconte. Je ne vais pas le raconter ici, mais je me suis assis, et trois minutes après, c'était réglé. itE LA CURATELLE, "UNE MESURE SEVERE ET HUMILIANTE" ALERTE INFO • Alain D 05/04/2024

Le Live Switek

Maxime Switek : Il s'en prend à vous, Anthony Delon. Dans une interview à Entrevue, il dit: "Elle lui réclame un paquet de pognon à mon frère et moi. Il faut bien payer ses trois avocats et son spécialiste en droit de la presse et en communication, elle se croit en campagne électorale. Elle se croit en campagne électorale. C'est idiot, elle a déjà perdu et perdra encore beaucoup. Comme tous ces gens imbus d'eux-mêmes, elle ne peut pas le comprendre. De plus, elle est très mal conseillée. La vie et le recul feront leur travail, comme toujours... 8 Anthony Delon : Lisez ce papier (Entrevue, Ndlr.), parce que je parle aussi de son traitement. Je donne le nom du médicament avec lequel il a été traité, et vous allez voir, par rapport à tout ce qui a été dit, ce ne sont que des conneries, excusez mon voLéa Salamé: Anthony, vous lui avez parlé à votre sœur? Vous avez essayé de régler vos problèmes hors médias ? Quotidien. TMC Anthony Delon : Bien sûr! Lisez ce magazine! Je suis désolé, je ne peux pas le dire ici, je me suis engagé. dus, souvent mégalomanes. Je pense qu'il faut se réveiller sur une chose les amis : on a un groupe à créer et pas Léa Salamé: On va acheter Entrevue! plein de petits groupes... HI | LA CURATELLE, "UNE MESURE SÉVÈRE ET HUMILIANTE" ALERTE INFO • *De base, c'était Franck Berton: (Avocat d'Anouchka Delon) Je crois qu'il a raison sur une chose: la vie et le recul feront le travail. Anouchka, elle était persuadée que son frère l'aimait. Elle a découvert à travers des tas de propos... Là, il y 12 pages dans un magazine (Entrevue, Ndlr.) où il l'insulte à longueur de pages que vous venez de lire. Avec même un sondage! On interroge les Français pour savoir s'ils sont plus pour Anouchla que pour Anthony ! II y en a marre! Je vous le dis, il y en a marre ! 25/04/2024 QUOTIDIEN Omar Sy: Les gens qui sont en train de cracher leur haine et de mettre au goût du jour une France du passé avec des idées bien arrêtées, il faut se rappeler que les gens qui ont porté ces idéeslà dans le passé ont conduit la France dans des endroits très, très sombres Je dis juste attention parce que ça nous concerne tous... Tout le monde parle de soi, et on oublie le groupe. Ce qui fait qu'on a des individus qui prétendent être chefs et qui sont juste des indivi-

Hugues Aufray

Roulez jeunesse ! 09815 16/04/2024 TF BONJOUR!

Hugues Aufray: Je n'ai jamais envisage quand j'etais jeune, à 15 ans, à 16 ans, à 20 ans, d'être un chanteur populaire. Je ne savais même pas que c'était possible. J'etais modeste moi, je voulais être Van Gogh, Cézanne... C'est ça que je voulais. Je voulais être un grand peintre ou un grand sculpteur donc... J'ai raté ma vie!

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'Invitée De La Semaine

TRICH | SARAH KNAFO INVITEE DE BFMTV 28/04/2024

Télézap, Zap Sporti

Linvitée De La Sem

L'invitée De La Semaine

Benjamin Duhamel: Vous êtes la compagne d'Éric Zemmour, ce n'est pas un secret et c'est assumé. On connaissait au Rassemblement National la politique de père en fille. À Reconquête, on fait de la politique en couple? Sarah Knafo: La question m'étonne beaucoup venant de vous, Benjamin. Parce que je sais que vous aussi, vous subissez beaucoup ces accusations... C'est-à-dire? Piston, vous êtes le fils de, vous êtes le neveu de, etc., donc ça m'étonne beaucoup venant de vous. TiCHE | SARAH KNAFO INVITEE DE BFMTV

Télézap Sport Par Thibaud Vézirian

Et Sarah Knafo Invitee De Bfmtv

Benjamin Duhamel: Il ne vous a pas échappé que je ne me soumets pas au suffrage des Français. Sarah Knafo: Ça change quelque chose? Est-ce que vous êtes d'accord que les accusations qu'on vous fait sont tout fait injustes? Vous avez votre talent, vous avez votre talent propre. Alors si vous le voulez, on peut aborder mon parcours... 04/04/2024 01/04/2024 Attendez, excusez-moi, puisque vous mettez en cause ma probité... Non, votre question!

Pete Doherty, Fou Du Havre

Entrevue : Ce n'est pas un poisson d'avril. Pete Doherty, la rock star britannique, dans les tribunes du stade Océane, au Havre. Vêtu du nouveau maillot du club de football, il assiste à la rencontre entre le HAC et Montpellier. Lui qui vit depuis quelques années à Étretat, à quelques kilomètres de la, s'est pris de passion pour le club. Devenant un fan assidu. C'était donc l'occasion pour lui de dévoiler le troisième maillot de la saison. Lors de la montée en Ligue 1, en mai dernier, il a même fait partie des supporters qui ont envahi la pelouse, fous de joie. Benjamin Duhamel: Vous soulevez le fait que j'ai des membres de ma famille qui sont dans les médias. Là, la question qui peut se poser, c'est de savoir s'il n'y a pas une forme de mélange des genres... À savoir qu'un président d'une formation politique désigne pour une liste pour les européennes sa compagne...

Anatomie D'une Chute

C'est l'histoire d'une inauEntrevue : Je ne prends pas la vie politique comme un job. Moi, je ne cesse pas d'être une patriote française à 18 h et les jours fériés. Ce combat, il est tout à fait logique que nous le menions ensemble, car c'est le combat d'une vie.... 11/04/2024 guration en grande pompe. Et d'un plongeon raté. Comme il faut. Devant le monde entier. Et donc, devant Emmanuel Macron, beaucoup d'officiels et énormément de médias. Alexis Jandard s'est fait remarquer pour l'inauguration du centre aquatique olympique de Saint-Denis. Une piscine flambant neuve, un plongeoir... glissant. Patatras, c'est le drame. Le jeune policier dérape, rebondit et finit à l'eau. Il aura tout le loisir de se rattraper lors des épreuves de plongeon des JO. Et cette fois ce ne sera pas une démonstration. DÉFAITE = COUPS DE FOUET ! Entrevue: Une fin de match dont on se souviendra tristement. L'international marocain Abderrazak Hamdallah rentre au vestiaire après la finale de Supercoupe d'Arabie saoudite, jouée à Abu Dhabi (Émirats Arabes Unis). Après cette défaite, il répond aux insultes lancées par un supporter depuis les tribunes en lui jetant de l'eau. Ce dernier sort un fouet! Et frappe le joueur à deux reprises. Du jamais vu ! Une scene folle. Incroyable. Et une arrestation quelques heures plus tard, par la police. 9

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ZAPPING INÈS REG « Natasha St-Pier a créé la polémique pour gagner! Sur la danse, ce n'est pas juste. En vous savez quel autre critère a joué ? C'est le fait que je sois pour elle une petite salope...» 29/04/2024, Quotidien, TMC JEAN-MICHEL APHATHIE « Cyril Hanouna a fait un cadeau au président qui l'a auditionné. Cest n'importe quoi. Quentin Bataillon, vous avez été nul, vous avez déshonoré l'Assemblée nationale.» 03/04/2024, Quotidien, TMC YANN BARTHÈS «Je tiens à dire au président de la commission qu'en allant chez Hanouna, il a foutu en l'air une commission qui aurait pu apporter quelque chose au débat démocratique, qu'il a alimente la machine à haine. Pour un élu, c'est tres grave.» 03/04/2024, Quotidien, TMC 10 CLASHS NATASHA ST-PIER « Inès Reg a été tres agressive, elle a eu des propos qui font peur, cela a été violent. Il ne faut pas instrumentaliser le racisme, c'est dangereux...»

29/04/2024, Tpmp!, C8

CYRIL HANOUNA «Jean-Michel, tu venais dans TPMP! toi aussi. Il était tout content de venir, de me lustrer les glaouis. J'étais obligé de lui donner une peau de chamoisette.» 14/03/2024, X (ex-Twitter) CYRIL HANOUNA «Yann Barthès, l'arrogant comme on l'appelle dans le métier. Il a une oreillette et il ne peut pas dire un mot sans que son producteur Laurent Bon lui dise dans l'oreille. C'est pour ça que tout le monde l'appelle Jeff Panacloc, parce qu'on sait que c'est une marionnette.iẠồạ

04/04/2024, Tpmp!, C8

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Gad Elmaleh

Il A Dit

ILS ONT DIT, ILS ONT MENTI |

Il A Menti

« Je n'ai pas plagié !

Je n'ai pas volé des vannes ! » 24/09/2019šŘșšę Le Parisien

Ahmed Sylla

Il A Dit

« Les gens qui se plaignent du racisme sont des victimistes.

Les Français ne sont pas racistes !» « Il m'est arrivé de prendre des vannes à des humoristes américains.» 08/04/2024ł Télérama

Il A Menti

15/04/2024, Purebreak PRISCA THEVENOT, porte-parole du gouvernement

Elle A Dit

« Une tentative de passage à l'acte a été déjouée pendant le week-end de Pâques grâce à la mobilisation des forces de l'ordre. » «Il y a bel et bien une montée du racisme en France et j'en ai fait le constat !» 20/04/202ąłą X (ex-Twitter)

Elle A Menti

03/04/2024, Conseil des ministres «Il n'y a pas eu d'attaque déjouée ce week-end!» 03/04/2024, Europe 1 11

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OPINION FURIEUSE e dégoût. Les agressions contre le personnel hospitalier Lates on de ment enes Nos héros du Covid deviennent des cibles. Un chiffre? Les violences commises à l'encontre des médecins sont en augmentation de 23%. Un drame me frappe particulièrement et me rend furieux. Samedi 6 avril, le centre hospitalier Loire Vendée Océan, situé à Challans, est le théâtre d'une agression d'une extrême brutalité. Un homme de 23 ans accompagne son père et son cousin aux urgences pour des brûlures. Il juge que la prise en charge tarde trop. Pourtant, l'hôpital n'est pas surchargé et le personnel fait tout son possible pour agir avec efficacité. Brutalement, l'homme s'énerve, perd totalement le contrôle de lui-même, s'emporte et s'en prend violemment à un brancardier en pause devant les urgences à ce moment-là. Une scène d'ultra violence terrifiante. Roué de coups, frappé notamment à la nuque, l'ambulancier tombe à terre. Il est vite pris en charge par ses collègues qui interviennent au milieu d'une mare de sang. La victime est conduite en soins intensifs. L'auteur de l'agression s'enfuit avec ses proches, des membres de la famille et même les blessés qui se rendaient à l'hôpital pour soigner leurs brûlures. Il est interpellé quelques jours plus tard et reconnaît les faits avant d'être placé en détention provisoire. Il n'échappera pas à son jugement au tribunal des Sables d'Olonne pour «violences sur professionnel de santé suivie d'une ITT supérieure à huit jours.ồi 12

L'humeur De

Gilles Verdez

Notre métier ?

Sauver des vies... pas risquer la nôtre !

STOP VIOLENCE Les professionnels de l'AP-HM prennent soin de vous, prenez soin d'eux ! els de santé est passible de lourdes sanctions • La Direction portera systemat nt plainte en cas d'agressior 30 mesures pour garantir la sécurité de ses personnels sur www.ap-hm.fr L'hôpital a porté plainte, les enquêteurs et la Justice ont agi avec célérité et détermination. Mais la violence de l'agression et le manque de protection des soignants font frémir. Tout le personnel médical doit pouvoir assurer son indispensable mission sans craindre pour sa sécurité. Toute la société doit réagir, et vite. Aidons nos héros. maintient une demande forte en matière de pétrole et que la période qui s'ouvre se nomme la « driving season», celle pendant laquelle les conducteurs sillonnent les ÉtatsUnis pendant leurs vacances. Voilà les causes, non négligeables. Mais, du point de vue du consommateur, donc d'une écrasante majorité de Français, ces contingences ne sont plus audibles. Ras-le-bol ! La hausse devient le symbole de la cherté du coût de la vie. Englués dans une bataille constante pour leur pouvoir d'achat, les ménages se ruinent en carburants. Certes, l'État cherche désespérément de l'argent, mais les taxes représentent 60% du prix d'un litre d'essence... Un pourcentage énorme qui suscite la controverse et incite l'association 40 millions d'automobilistes à initier une pétition pour que le prix au litre des carburants routiers ne dépasse jamais la barre symbolique de 1,50 euro le litre. La pétition, dont le but est de forcer l'État à réformer la fiscalité sur l'essence, rencontre immédiatement un grand succès. EXCÉDÉE Il est utopique de voir l'État céder, certes, mais personne ne peut rester indifférent. D'abord, le constat : à la mi-avril, le prix des carburants flambe de nouveau. Le litre de sans-plomb 95 et 98 atteint deux euros. Ensuite, les explications. Le bellicisme international joue un rôle indéniable, entre guerre en Ukraine, tensions exacerbées au MoyenOrient et perturbations du transport maritime en Mer Rouge. La réalité économique aussi: l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) décide de réduire sa produc50 $ tion à partir de novembre 2023, ce qui crispe le marché et contribue à la hausse du prix de l'or noir. D'autant que l'économie américaine

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Moins Mauvaise

Le harcèlement en ligne est un fléau des temps modernes, aussi grave qu'inacceptable tant ses conséquences peuvent être dévastatrices. Dans ce domaine, une condamnation me semble à la fois symbolique et significative. Un homme de vingtdeux ans, né en Nouvelle-Zélande, vient d'écoper d'une amende de 1 000 dollars australiens, soit 610 euros, et d'une obligation de bonne conduite ordonnée par un tribunal australien. Il est l'auteur de harcèlement en ligne à l'encontre d'un arbitre et de sa famille, lors de la Coupe du monde de rugby disputée fin 2023. Cet arbitre vidéo, ainsi que sa femme, ont été pris pour cibles sur le réseau social Facebook et visés par des menaces explicites. L'auteur a plaidé coupable et a été condamné pour avoir utilisé des services de communication en ligne à des fins de menaces et de harcèlement. Il ne pourra plus acheter de billets pour de prochaines compétitions. C'est la première condamnation de ce type consécutive à des poursuites pour cyberharcèlement lors de la compétition phare du rugby. Entre la passion qu'il génère, les enjeux financiers, voire les répercussions politiques d'évènements mondialisés, le sport n'est pas à l'abri de déviances. Mais la sécurité d'un arbitre et de sa famille doit être garantie. World Rugby, l'instance qui gère ce sport, considère qu'il s'agit d'un jugement « historique». L'instance a décidé de protéger ses arbitres, de lutter contre le harcèlement en ligne et de ne plus rien laisser passer. Immédiatement, les autorités australiennes avaient été avisées et le coupable a été identifié, repéré, localisé et arrêté. Cinq autres juridictions mènent des enquêtes pour des faits de même ordre. La lutte contre le cyberharcèlement est donc possible, s'il existe une véritable volonté politique et judiciaire. Un message fort est envoyé. Il était indispensable. Tom Foley, arbitre anglais chargé de la vidéo lors de la finale du Mondial remportée par l'Afrique du Sud face aux Néo-Zélandais (12-11), a stoppé sa carrière après l'épreuve. Des menaces de mort reçues à l'issue de la finale l'ont contraint à prendre cette décision radicale. Wayne Barnes, arbitre principal lors de la finale du Mondial, a lui aussi été cyberharcelé. Le rugby devait agir, il n'a pas faibli, lui. •

L'actualité Vue Par

Nos Éditorialistes

*Nos éditos reflètent uniquement l'avis de leurs auteurs Gilles Verdez "LE PERSONNEL

Médical Doit

Pouvoir Assurer

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SÉCURITÉạ 13

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CINÉMA SHARON STONE "APRÈS MON

Avc, J'ai Tout

RÉÉVALUÉ DANS MA VIE." "J'ÉTAIS SUPER

Fauchée Et Très

Endettée, Puis En 30

Jours, Je Suis

DEVENUE RICHEỊẠạỊ 14

Jenny Davis:

On ne présente plus votre carrière au cinéma. Mais vous avez un deuxième talent, celui d'artiste. Vous venez même d'avoir votre propre exposition. Le milieu de l'art est très fermé. C'est difficile d'être prise au sérieux ?

Sharon Stone:

Oui! La célébrité vous catalogue très rapidement. Je me souviens, quand j'ai fait Basic Instinct, on m'a mise dans une case. C'était tout juste si on me disait : «Si tu n'es pas nue, on ne te parle pas !» D'où vous est venu l'amour de l'art ? J'ai grandi avec deux femmes extraordinaires, ma tante et ma grand-mère, qui étaient très excentriques. Elles venaient me chercher chaque fois que j'avais du temps libre après l'école et m'emmenaient passer du temps avec elles. Ma tante avait une double maîtrise en peinture et en littérature anglaise. Nous peignions donc tout le temps. Ma tante peignait des fresques sur les murs. J'étais sa petite assistante! (Rires) Et c'était tout simplement merveilleux. Du coup, quand je suis entrée à l'université à 15 ans, grâce à une bourse, j'ai étudié l'art sous toutes ses formes, de la sculpture à la fabrication de bijoux, en passant par la peinture, l'aquarelle, ou encore l'huile... Vous êtes entrée à l'université à 15 ans ? C'est très tôt... Et encore, mon père ne voulait pas me laisser aller dans des meilleures écoles qu'on m'avait proposées parce qu'elles étaient loin de la maison. J'ai donc dû aller à l'université qui se trouvait à une demi-heure de chez moi, pour que mon père puisse garder un œil sur moi. Il pensait pouvoir le faire! (Rires) Mais finalement, je ne suis jamais rentrée à la maison. Je restais l'été, c'est tout. Vous avez donc quitté le domicile familial pour faire de l'art dès 15 ans ? Oui. J'ai peint un tableau représentant une femme en slip repassant une chemise avec une ampoule au-dessus d'elle et un sol carrelé en perspective, qui est entré dans la collection permanente de mon école. Cela m'a donné un

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Festival De Cannes 2024: Dossier Spécial Cinéma

sentiment de grandeur. Même s'il s'agissait d'une toute petite école, j'ai trouvé ça plutôt cool. En plus, tout le monde achetait mes peintures. Je peignais et des gens à frappaient à ma porte pour acheter mes tableaux moyennant 20 dollars. Mais 20 dollars, c'était beaucoup d'argent pour une gamine qui n'en avait pas. Je faisais beaucoup de choses. Je me faisais payer pour faire des coupes de cheveux, j'écrivais les devoirs des autres... Vous vous êtes ensuite construit une incroyable carrière d'actrice. Mais en 2001, vous avez connu un drame. Vous avez dit à ce sujet que votre vie entière avait été réduite en cendres. Parleznous de cet épisode de votre vie... J'ai été victime d'une attaque cérébrale massive. J'ai eu une hémorragie cérébrale pendant neuf jours. Il y a un millier de choses que je pourrais dire et un millier de détails que je pourrais partager. C'est arrivé dix jours après le 11 septembre. J'aurais dû être emmenée d'urgence à l'hôpital, mais non. On ne s'est pas du tout occupé de moi... faites une hémorragie cérébralei. Et j'ai dit : «Vais-je bientôt perdre ma capacité à parler?» Il m'a répondu: «Probablement». J'ai dit: « Alors, je devrais appeler ma mère!» Il m'a répondu: «Je vais le faire pour vous!» Il m'a donc aidé à appeler ma mère. Et elle est arrivée de Icône mondiale du cinéma et emblème du Festival de Cannes, Sharon Stone se livre sur sa vie Propos recueillis par Jenny Davis Personne ne s'est occupé de vous ? Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait quand je me suis retrouvée sur le sol de ma maison, dans un désordre total. J'ai appelé du secours, mais on n'arrêtait pas de me raccrocher au nez. Personne ne m'a emmenée à l'hôpital. Lorsque je S'il y a une actrice qui incarne la montée des marches du Festival de Cannes, c'est bien Sharon Stone. Devenue star mondiale en 1992 grace a Basic Instinct, sa présence sur la Croisette est toujours particulièrement scrutée par le public et les photographes, qu'elle ait un film à défendre ou non. Nommée Citoyenne de l'année par les Nations Unies, Sharon Stone se livre sur son actualité, sa vie, son parcours hors-norme et ses combats. Une interview bouleversante... Sharon Stone lors d'une montée des marches au Festival de Cannes, en 2021 Pennsylvanie en short de jardinage, avec de la boue sur les pieds et les jambes. suis finalement arrivée à l'hôpital, trois jours plus tard, on m'a mise dans un tube pour une IRM. Je suis sortie du tube et Que s'est-il passé ensuite ? il y avait un grand silence. J'ai levé les yeux vers le médecin, qui se tenait audessus de moi et me regardait avec le visage le plus horriblement compatissant que j'aie jamais vu. J'ai dit: «Je suis en train de mourir, n'est-ce pas?» Il s'est baissé et m'a caressé la tête, ce qui n'est pas ce que vous voulez que votre médecin fasse. Il m'a dit : «Vous À ce moment-là, ils m'avaient transférée dans un second hôpital pour les personnes souffrant de lésions neurologiques traumatiques. Avant le transfert, ils avaient déplacé le brancard au milieu d'une pièce et j'ai cru que j'étais morte. J'ai quitté mon corps. J'ai vu ces choses dont les gens discutent m'ont défibrillé ou ce qui s'est passé, mais j'ai senti un impact dans ma poitrine incroyable. Je me suis redressée et je me suis dit: « Qu'est-ce que c'est que ce bordel?» Comme lorsque l'on prend une bouffée d'air après avoir fait une erreur en nageant. Et le médecin a crié : « Que personne ne la touche!» Et il a dit : «De quoi avez-vous besoin?» J'ai répondu: « J'ai envie de faire pipi!» ạồẠJ'ai cru que j'étais morte. J'ai quitté mon corps. J'ai vu la lumière blanche...» Et après? pour savoir si elles relèvent de la science ou de la spiritualité, où l'on voit la lumière blanche, où l'on monte, où l'on voit des gens qui sont déjà morts, où ils vous parlent. Et tout à coup, je ne sais pas s'ils

Festival De Cannes

J'ai passé mes jambes sur le côté du brancard. J'avais l'impression d'être si petite et d'être si loin. Je me sou15

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CINÉMA • viens d'être allée aux toilettes.

Qu'avaient-ils manqué ?

L'instant d'après, j'étais sur le brancard.

Ils me mettaient dans l'ambulance. Je n'avais aucune idée de ce qui m'arrivait ou de l'endroit où j'allais. Puis je me suis réveillée dans un autre hôpital. On m'a fait une angiographie et on l'a ratée parce que j'avais eu des tumeurs bénignes au sein, et donc j'étais encore bandée. J'étais couchée sur le côté et apparemment, le sang s'était accumulé d'un côté. Et cela ne montrait pas correctement ce qui se passait. J'étais vraiment dans la merde. Je me suis donc allongée. Et comme c'était juste après le 11 septembre, il y avait beaucoup de panique et de stress tout autour de moi. Il n'y avait que des rideaux entre moi et les autres patients, avec le poste des infirmières au milieu. C'était très intense. J'entendais des cris de douleur. Et le type qui se trouvait en face de moi est mort. Je me souviens que sa machine s'est arrêtée. C'est terrible... Ils étaient complètement paniqués parce qu'ils ont réalisé que mon artère vertébrale, comme celle de Christopher Reeves lors de son accident, avait était complètement rompue. Elle ne tenait plus qu'à un fil. Ils ont donc décidé de la réparer. Mais ils ne savaient pas comment faire. Ma sœur, qui est phlébotomiste, a alors conseillé un traitement médical de pointe qui venait d'être inventé en Israël. Les Israéliens sont les plus avancés dans ces domaines médicaux techniques, grâce à Shimon Peres, qui a vraiment fait avancer la médecine là-bas. Ils ont inventé un type de bobines qui permet d'enrouler l'intérieur d'une artère. Et c'est ce qu'ils ont fait. Vous avez donc ces bobines dans votre corps ? J'ai 23 bobines à la place d'une artère. Ce sont de minuscules bobines, et je m'imagine qu'elles sont en platine parce que je suis chic! Je fonctionne donc comme une blonde normale maintenant ! (Rires) C'est difficile de parler d'un tel traumatisme, ou alors ça a un effet thérapeutique ? On dit qu'il faut dire ou écrire trois fois ce que l'on ẠạồẠQuand vous êtes au fond du trou, peu de gens sautent dans la tranchée pour vous aider...» On ne vous donnait qu'une chance sur cent de vivre... Oui. Et pourtant, ils ont voulu que je rentre chez moi parce qu'ils pensaient que je faisais semblant. Tout ça parce que je suis une actrice... Et aussi une femme ? Oui, apparemment, nous, les femmes, nous sommes hystériques. Récemment, l'hystérie a été retirée de la revue médicale, et elle a été remplacée par le trouble bipolaire. Nous ne sommes plus «hystériques», mais bipolaires... Comment ça s'est terminé? Ils m'ont dit que je devais rentrer chez moi. Ma meilleure amie a dit aux médecins : « Elle est dans un putain de coma. Elle ne fait pas semblant!ạ Je lui ai dit: « Je suis en train de mourir». Grâce à elle, les médecins m'ont fait passer une seconde angiographie et se sont rendu compte qu'ils n'avaient rien vu à la première. 16 a vécu de traumatisant. Et c'est censé faire disparaitre le traumatisme. Mais je peux vous dire qu'il faut bien plus qu'en parler trois fois pour s'en débarrasser. À cette époque, j'ai tout perdu parce qu'il m'a fallu environ sept ans pour vraiment me rétablir. Entre-temps, mon formidable mari a épousé sa maîtresse et m'a intenté un procès pour obtenir la garde de mon fils en bas âge parce que je n'allais pas bien. Et ils ont gagné ! En plus, il a obtenu une grosse pension alimentaire. Ce qui paraît scandaleux... agenouillée et j'ai prié intérieurement en me disant : «J'ai besoin d'un signe. Je suis à l'agonie. Aidez-moi!ii Vous vous êtes sentie toute seule dans ce moment-là ? Quand vous êtes au fond du trou, peu de gens sautent dans la tranchée pour vous aider à vous en sortir... Vous attendiez donc un signe ? J'ai vendu ma maison à San Francisco Et j'ai obtenu un contrat avec Dior, ainsi que d'autres choses, tout cela dans les 30 jours qui ont suivi. J'étais super fauchée et trés endettée, puis en 30 jours, je suis devenue riche! (Rires) Et j'ai adopté mon troisième enfant. La chance vous souriait de nouveau ? Oui. J'ai rêvé que j'allais avoir un autre enfant. J'ai appelé l'avocat chargé de l'adoption pour lui dire, et il pensait que j'étais folle. Cinq jours plus tard, il m'a appelée et m'a dit: «J'ai ton enfant!» Je lui ai demandé s'il était sûr et il m'a répondu: «Oui, ce sont les mêmes parents biologiques que ton deuxième fils adoptif». Je me suis mise à genoux. J'avais demandé un signe, et tous mes souhaits se sont exaucés ! Vous avez adopté quatre enfants, trois toute seule et un avec votre ex-mari. Vous voyez toujours votre premier fils ? Oui, je l'ai récupéré à l'âge de 16 ans, après en avoir perdu la garde quand il en avait 8. Mais ce fut un parcours très difficile qui a mis un coup de frein terrible à ma carrière... Comment ça ? Qu'ils aillent se faire voir! J'avais un contrat de mariage et l'argent passait par mon enfant. Le pire, c'est que je ne pouvais pas travailler. J'ai donc dû réhypothéquer ma maison pour continuer à payer ces énormes sommes d'argent à mon ex-mari et sa nouvelle conjointe, l'héritière des librairies Borders. Vous avez dit que vous étiez fauchée. C'est vrai ? Oh, je n'avais plus rien! J'ai dû payer l'école des Mon ex-mari ne me laissait pas voir mon fils dans un autre état. Je ne pouvais donc pas accepter de films qui nécessitaient plus de deux semaines de tournage, car il ne fallait pas que je m'absente trop longtemps si je voulais avoir une chance de le voir. Ça a été préjudiciable pour ma carrière, je ne pouvais pas travailler comme je le voulais. enfants à crédit en espérant que tout irait bien. Je leur ai acheté à chacun un nouveau pull pour l'école, un pull Ralph Lauren, pour la journée sans uniforme. Malgré cela, votre carriere est immense. Vous êtes une icône mondiale du cinéma et du Festival de Cannes... Et j'ai payé toute leur scolarité à crédit. Je me suis

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LDEN ARD' "QUAND J'AI FAIT BASIC

Instinct, On M'a Mise Dans

Une Case. C'était Tout

Juste Si On Me Disait: 'Si Tu

N'es Pas Nue, On Ne Te

PARLE PAS!Ạạ

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CINÉMA "JE VIENS D'UN

Milieu Très Humble.

Mon Père Gagnait

14000$ PAR AN."

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Vous pourriez avoir la grosse téte, mais vous êtes d'une incroyable sincérité et simplicité.... C'est mon éducation. Et je viens d'un milieu très humble. Mon père gagnait 14 000$ par an et avait quatre enfants. Nous vivions à la campagne. Nous cultivions nos propres fruits et légumes. Mon père chassait ce que nous mangions, du cerf et de la dinde. Vous avez donc connu la classe inférieure ? Je dirais plutôt la classe moyenne, pas la classe inférieure. Nous étions courageux et nous pensions que nous étions bons. Mes deux parents ont grandi en tant qu'enfants domestiques. Mon père a été donné à l'âge de 4 ans, il a grandi dans les granges des gens en faisant des corvées. Ma mère a été abandonnée à l'âge de 9 ans et a été la bonne, la gouvernante et la blanchisseuse de quelqu'un. Ils se sont mariés à 16 et 17 ans. Notre mentalité était donc la suivante: «Nous nous débrouillons très bien!» Nous n'étions ni plus riches ni plus pauvres que les autres, mais notre maison était plus belle que celle des autres parce que mes parents avaient un sens de l'espace et une fierté incroyables. Et ma mère savait vraiment comment s'y prendre. C'est de cette enfance qu'est né votre sens des responsabilités? Vous avez commencé à travailler tôt... Oui. À un moment, j'étais celle qui devait veiller sur tout le monde. Ma petite sœur était souvent malade. Elle a le lupus. Et mon jeune frère avait sept ans de moins. Donc c'était vraiment moi qui m'en sortais le mieux, j'avais toujours un travail. En fait, je ne me souviens pas de ne pas avoir travaillé quand j'étais petite. J'ai vendu des casseroles, des poêles et de cartes de Noël en faisant du porte-à-porte. J'ai peint les granges des gens, j'ai tondu les pelouses. J'ai travaillé chez McDonald's, j'étais serveuse. J'étais hôtesse au Holiday Inn. J'ai dirigé une salle de billard à l'université. J'ai toujours travaillé. J'ai une éthique de travail très col bleu - je ne peux pas imaginer ne pas travailler. Ce besoin de travailler, c'est ce qui vous a poussé à être ambassadrice de la recherche sur le SIDA ? J'ai en effet travaillé sur le terrain pendant près de 30 ans dans le domaine de la virologie et du VIH, pour la Fondation américaine pour la recherche sur le SIDA. J'ai acquis une bonne connaissance de la virologie. Comme j'ai travaillé avec de nombreux scientifiques, je suis allé à l'Institut Karolinska, l'institut qui décerne les prix Nobel. J'ai travaillé avec les meilleurs scientifiques du monde entier. J'ai étudié avec eux dans des groupes d'étude et j'ai travaillé très intensément dans le domaine de la virologie. Lorsque le COVID est apparu, j'ai compris dès le départ que nous étions confrontés à une nouvelle pandémie, une pandémie virale. Ça ne m'a pas fait que des amis... Comment ça ? C'était très difficile parce que dès le début de la pandémie, j'essayais de parler à l'école de mes enfants, mais on ne m'écoutait pas. Je disais : «Vous savez, j'ai gagné un prix Nobel de la paix en virologie. Laissez-moi vous expliquer que les enfants ne revienUnies et l'Organisation Mondiale de la Santé. » En fait, je suis maintenant ambassadrice de la santé mondiale. Et je dirais : Je travaille dans le monde entier, je vais dans des pays du tiersmonde et je travaille avec des médecins, je me tiens dans des salles de soins d'urgence avec tout le monde, des bébés aux adultes, je m'assois avec des mourants et je parle aux parents dont les enfants sont en train de mourir... » Que dites-vous aux parents qui sont en train de perdre un enfant ? C'est une mission terrible. Je les emmène dans le hall et je leur dis: «Vous devez vous ressaisir, vos enfants seront morts dans trois jours, arrêtez de pleureriẠồ Ils me regardent comme si j'étais un monstre. Et je leur dis: «Votre enfant n'a que trois jours à vivre sur cette planète. C'est à ẠồẠJ'étais celle qui devait veiller sur tout le monde. J'ai vendu des casseroles en faisant du porte-à-porte. J'ai travaillé chez McDo...» dront pas à l'école.» Et ils me répondaient «Vous ne nous expliquez rien, vous enfreignez la loi!» Je leur ai dit : «Le fait de fermer et d'ouvrir les classes ça crée un effet de contagion. Vous tuez des gens. Vous ne comprenez pas.» Et ils m'ont dit : «Nous ne voulons plus de mails de votre part, Mme Stone!» Votre discorus alarmiste était mal vu ? Oui. Je me souviens d'avoir participé à l'une de ces discussions de groupe à Hollywood sur Zoom. J'expliquais: «Nous sommes au milieu du COVID. II s'agit d'une épidémie mondiale. Vous ne comprenez pas ce qui se passe et vous ne comprenez pas combien de temps cela peut durer. Nous sommes en crise!» On m'a répondu: «Nous aimerions que vous quittiez l'appel...i Vous pensez que lorsqu'on est une femme, on se fait entendre plus difficilement qu'un homme ? Oui, parce que si c'était venu d'un homme, les gens auraient sans doute dit: «Oh mon Dieu ! D'où tenezvous cette information?Ạồại Que diriez-vous à ceux qui vous ont dénigré ? Je répondrais: «Je travaille avec les Nations vous de décider. Va-t-il être heureux et joyeux? Parce que c'est la vie de votre enfant. C'est toute la vie qu'il lui reste. Vous pourrez pleurer quand il sera mort. C'est à vous de décider si vous allez lui donner une fin de vie joyeuse.» Ce n'est pas facile, vous savez, c'est tellement horrible... Vos engagements et votre travail vous ont valu d'être nommée Citoyenne mondiale de l'année aux Nations Unies. Qu'est-ce qui vous a motive, et quelle est votre philosophie de vie? Je pense que lorsque je me remettais de mon AVC, j'ai tout réévalué dans ma vie. J'ai décidé que plus jamais, je ne me sentirais plus libre. Et que plus jamais, je ne serais plus moi-même. Les gens peuvent m'aimer, me détester, m'apprécier, me juger, faire ce qu'ils veulent. Mais je suis comme je suis, et c'est à prendre ou à laisser! Je me sens libre presque tout le temps grâce à cette façon de penser... 119

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CINÉMA GRETA GERWIG " EN TANT QUE RÉALISATRICE,

J'aime Surprendre Les Gens

ET LES ÉMOUVOIR." *ENFANT, MA MÈRE NE

Voulait Pas Que Je

Joue Avec Barbie! Je

Devais Me Contenter

Des Poupées Usagées

Que Me Donnaient

MES COPINES..ẠạồỊ 20

Jenny Davis:

Bonjour Greta. Vous êtes la première réalisatrice américaine présidente du jury du Festival de Cannes. Tout cela est parti de Barbie, qui a été un carton mondial. Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?

Greta Gerwig:

C'est Margot Robbie (l'actrice qui joue Barbei, Ndlr.) qui m'a mis sur ce projet. Elle avait les droits sur Barbie avec sa société, et ils étaient en train de monter le projet chez Warner Bros. Elle m'a demandé si je voulais écrire le scénario. J'ai répondu oui, et que Noah Baumbach, mon partenaire dans la vie comme au cinéma, aimerait aussi écrire le scénario, alors que je ne lui avais pas encore parlé du projet. Quand je lui ai annoncé, il m'a dit : «On va vraiment écrire un film Barbie ?» Et j'ai répondu: « Oui!» (Rires ) C'était un défi ? Honnêtement, c'était vraiment un casse-tête de savoir quelle histoire nous allions raconter. Comment gérer ça? Barbie a été inventée en 1959 et elle existe toujours. Elle a traversé tellement d'époques différentes... Et ma mère n'aimait pas Barbie. J'avais tout cela en tête. Tout comme le fait qu'elle est une icône compliquée, voire controversée. Mais nous n'avons pas rejeté la difficulté. Au contraire, nous avons en quelque sorte couru vers toutes les choses qui semblaient épineuses. Avec un fil rouge: j'ai toujours voulu que ce film soit vraiment drôle, beau et éblouissant. Je voulais que les spectateurs se disent: «Mais pourquoi est-ce que je pleure? Que se passe-t-il? Comment est-ce possible? » En tant que réalisatrice, j'aime surprendre les gens et les émouvoir. Affronter les difficultés, c'est une grande métaphore de la vie ? Oui. C'est comme pour Barbie. Vous savez, un personnage est beaucoup plus humain quand tout s'effondre pour lui... Barbie est l'emblème de

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Festival De Cannes 2024: Dossier Spécial Cinéma

la perfection plastique: quel meilleur destin lui offrir que celui de lui donner de l'humanité, en lui faisant affronter les difficultés de la vie, en lui faisant affronter une crise existentielle... Qu'est-ce que Barbie a signifié pour vous dans votre jeunesse ? J'adorais Barbie, j'étais intriguée par cette poupée, mais ma mere n'était pas fan. Quand j'étais enfant, ma mère ne voulait pas que je joue avec Barbie! Je devais me contenter des poupées usagées que me donnaient mes copines... Et puis un Jour, Bethany Wheeler, une fille du quartier, m'a offert la maison de Barbie, ce qui était un rêve pour moi. Du coup, ma mère a finalement cédé et m'a offert ma propre Barbie. C'était d'autant plus excitant que je touchais quelque chose d'interdit. Et des années après, comment a réagi votre mère quand elle a su que vous réalisiez le film Barbie ? Ma mère a été à la fois surprise et un peu horrifiée. Elle m'a dit : « Tu fais un film Barbie? » Du coup, je me suis dit qu'il fallait faire attention à ce que je fasse ! (Rires) Comment avez-vous traité l'évolution de la poupée Barbie à travers les générations ? Barbie a été inventée en 1959 et continue d'exister aujourd'hui. Elle a eu ses moments de gloire et ses polémiques. Sa perception a évolué avec les générations. Je me suis rappelé que Ruth Handler (la créatrice de Barbie, Ndlr.) l'avait inventée pour sa fille et qu'au fond, Barbie avait la même évolution qu'une histoire mère-fille, avec ses hauts et ses bas. L'une des forces de votre film, c'est ce mélange d'authenticité et d'artificiel, avec ce mix entre le monde réel et de celui de Barbie... Je voulais que tout soit « authentiquement artificiel». Je tenais vraiment à ce que tout dans le film soit joyeusement faux. Et puis, c'était Interview avec la présidente du jury du Festival de Cannes 2024, qui nous parle de son film Barbie Propos recueillis par Jenny Davis Greta Gerwig est devenue la première femme réalisatrice à franchir la barre du milliard de dollars de recettes grâce à son film Barbie, véritable phénomène mondial sorti en juillet 2023. Un succès qui lui vaut d'être la présidente du jury du Festival de Cannes 2024. L'occasion pour elle de parler du long-métrage qui a changé sa vie et de nous révéler ce qui la fait vibrer dans un film... Un indice pour la prochaine Palme d'or ? Réponse le 25 mai... Greta Gerwig lors de la 96° cérémonie des Oscars le 10 mars à Hollywood, entourée de America Ferrara ainsi que Finneas O'Connell et Billie Eilish, lauréats de l'Oscar de la meilleure chanson originale pour le film Barbie aussi une excuse pour faire tout ce que j'ai toujours voulu faire dans un film : créer de magnifiques décors peints et des jouets grandeur nature, ce qu'on n'a jamais l'occasion de faire! (Rires) J'avais une bonne excuse pour le faire. ne veux pas que ce soit méchant. Je veux que ce soit amusant, drôle et incisif, et jamais méchantạẠồiJe pense qu'à un moment, ils se sont demandé ce qu'ils avaient fait en acceptant le Ạồ¿Un personnage est beaucoup plus humain quand tout s'effondre pour lui.» Barbie est une icône controversée. Vous pensez que Mattel (qui fabrique les poupées Barbie, Ndlr.) avait peur de l'image que le film pourrait renvoyer de sa poupée ? Mattel était certainement nerveux à propos du film! (Rires) Mais je me suis toujours dit: « Je

Festival De Cannes

film, mais je leur ai dit: «Ne vous inquiétez pas, ça va être hilarantiại. Concernant le rôle de Ken, c'est vrai que Ryan Gosling a été difficile à convaincre? Et pourquoi ce 21

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CINÉMA choix ?

Je voulais Ryan Gosling. Il n'y avait pas d'autre Ken. Nous avons écrit ce rôle pour lui. Ça a été un long processus pour le convaincre... Il y a eu un long chemin vers le «Oui», mais il n'y a jamais eu d'autre Ken que lui. Vous le connaissiez ? Non. Je n'avais jamais travaillé avec lui et je ne l'avais jamais rencontré, mais je savais juste que c'était lui. Et le film m'a donné raison. Ça a été long. Je n'arrive toujours pas à croire qu'il ait accepté ! (Rires) On constate un point commun dans vos films: ils traitent de sujets de société souvent intergénérationnels, avec des relations parentsenfants, comme on a pu le voir avec Ladybird ou Les Filles du docteur March. Des sujets intemporels... C'est important pour vous de laisser un trace ? En tant que présidente du jury du Festival de Cannes, c'est ce genre de films qui vous touche ? Est-ce que mes films laisseront une trace? On ne peut pas le savoir une fois que nous ne sommes plus là... Je ne sais pas ce qui survit ou ne survit pas. Mais c'est vrai que les films ont ce don incroyable de nous faire remonter le temps et de faire revivre des choses extraordinaires parfois oubliées. Notre passage sur Terre est éphémère. Tout évolue très vite. Donc je vois le cinéma comme une transmission. Je ressens un besoin instinctif d'immortaliser un instant, comme les hommes préhistoriques ont eu celui de dessiner sur les murs Greta Gerwig et Margot Robbie, héroïne de Barbie, aux Oscars 2024 est un film qui parle aux adultes comme aux enfants. Il y a d'ailleurs deux lectures possibles de ce film... Oui, je voulais qu'il y ait une double conscience dans le film : celle de l'enfant que j'étais, et de ce que l'on aime quand on est enfant, comme Barbie, ạUn bon film, c'est un film dans lequel les gens peuvent ressentir une émotion...» d'une grotte. C'est ainsi que je perçois les choses. Je relie toujours le plaisir de créer au fait que nous ne sommes sur Terre que de façon temporaire… A propos de transmission, Barbie 22 un fantasme de jeune fille, et la vision d'adulte, qui amène un regard différent sur le monde. Un peu comme j'ai fait dans Ladybird et Les filles du docteur March finalement. On retrouve une double lecture: la magie de l'enfance, une magie dont on ne prend vraiment conscience qu'une fois devenus adultes, et la vision d'adultes. La fin du film est très émouvante, avec des images tirées de la vraie vie. Parlez-nous de cette séquence... Toutes les images proviennent en effet de personnes qui ont travaillé sur le film. Elles viennent de leur enfance, on les voit avec leurs mères, leurs tantes, leurs sœurs, et même leurs enfants. Toutes les générations sont présentes. La fille de mon monteur est dans cette séquence, tout comme la maman d'une assistante éditoriale, qui est décédée. Je pense que ça permet à tout le monde de s'identifier... Je crois fermement qu'un bon film, c'est un film dans lequel les gens peuvent ressentir une émotion, un vécu, et se reconnaître à travers l'écran...

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ẠiNOTRE PASSAGE SUR

Terre Est Éphémère.

Donc Je Vois Le

Cinéma Comme Une

TRANSMISSION."

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CINÉMA CLAUDE LELOUCH "TOUT CE QUE

J'ai Réussi Dans

La Vie, Je L'ai

D'ABORD RATÉ." "CANNES M'A DONNÉ

Mes Meilleurs Et

Mes Pires Souvenirs.

C'est Là Que Je Suis

Né, Avec La Palme

D'OR..ẠỊạ 24

Marie Giancani:

Bonjour Claude Lelouch ! Comment naît cette histoire d'amour entre vous et le cinéma ?

Claude Lelouch:

Le cinéma, c'est grâce à mon père qui a acheté en 1937 une caméra pour filmer ma naissance. Donc le premier acteur que j'ai vu sur un écran, c'est moi! (Rires) J'étais un petit garçon très turbulent et le seul endroit où j'étais calme, c'est quand j'allais au cinéma. Mes parents se sont aperçus un jour en m'y emmenant que pendant deux heures, je ne bougeais plus. Après, est arrivée la guerre et sous l'occupation, comme ma mère et moi étions recherchés par la Gestapo, elle me cachait dans des salles de cinéma. J'ai passé une grande partie de ces années d'occupation au cinéma et c'est comme ça que le cinéma a commencé par me sauver la vie, quand même. Pendant la guerre, vous commencez à toucher à la caméra, cachée sous votre manteau, vous réalisez des reportages. Racontez-nous cette aventure... En 1957, quand je suis parti en Russie, j'avais 20 ans, avec cette caméra que je devais cacher car on n'avait pas le droit de filmer, c'était encore le rideau de fer. J'ai donc fait mon vrai premier film qui s'appelait Quand le rideau se lève, que j'avais tourné à Moscou et c'est pendant le tournage de ce film que j'ai eu la chance un jour d'aller sur le plateau de Mikhail Kalatozov, qui tournait Quand passent les cigognes, et d'un seul coup je me suis dit: « Voilà le métier que je veux faire!» Avant, je voulais simplement être reporter, cameraman d'actualité... Et d'un seul coup sur ce plateau, j'ai changé d'avis et c'est comme ça que tout a commencé. Quel a été le déclic ? À un moment donné, je me suis aperçu que je ne pouvais pas intervenir sur la réalité. Quand on est reporter, on est obligé de se contenter de ce que nous donne le reportage que l'on filme. J'ai vu sur ce plateau de Quand passent les cigognes que l'on pouvait modifier les choses. Que l'on pouvait récompenser,

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Festival De Cannes 2024: Dossier Spécial Cinéma

punir, rendre beau. Les possibilités de faire rêver les gens étaient plus importantes. Et comme on ne meurt jamais d'une overdose de rêve, je me suis dit, «C'est dans cette direction qu'il faut que j'aille.» En plus, les histoires que j'ai racontées m'ont été inspirées par le plus grand scénariste du monde qu'est la vie. J'aime la vie, et j'ai eu envie de la faire aimer aux autres. Avec ses contradictions bien sûr. Et donc j'ai essayé de filmer des hommes et des femmes que j'avais envie d'avoir comme amis ou de prendre dans mes bras. J'ai très vite compris que l'amour était au cœur de mon cinéma et qu'une vie sans amour n'avait pas de sens, que toutes les secondes que l'on consacrait à autre chose que l'amour étaient des secondes perdues. Et c'est vrai que tout ce que j'ai fait dans ma vie, je l'ai bien fait quand j'étais amoureux. D'un film, d'une femme, d'un voyage, d'une voiture. Quel est l'élément clé pour que le film soit bon? C'est impossible d'expliquer le succès. Par contre, on peut expliquer les échecs. Le succès, c'est un miracle. C'est vrai qu'il y a dans la vie ce qui est rationnel et ce qui est irrationnel. Il y a ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas. Le rationnel nous dit qu'on est mortel, l'irrationnel nous dit que l'on est là pour l'éternité, et ce qui parle le mieux à notre part d'irrationnel, c'est On peut faire un film avec rien ! Il suffit d'avoir une caméra, trois copains, un appartement, la nature est à nous. Donc c'est facile de faire un film et ça peut aussi devenir très compliqué si on veut faire un blockbuster, toucher à l'intelligence artificielle, à toutes les Monument du cinéma français et Palme d'or à Cannes en 1966, le cinéaste se confie pour Entrevue Interview réalisée par par Marie Giancani On ne présente plus Claude Lelouch, l'un des plus grands réalisateurs du cinéma français. Palme d'or à Cannes en 1966 pour Un homme et une femme, Oscar 1967 du meilleur film étranger, lauréat de nombreuses autres récompenses, Claude Lelouch fait partie des plus grands. À l'occasion du Festival de Cannes, ce monstre sacré du cinéma nous a accordé une longue interview. Un entretien à savourer comme l'un de ses films... Claude Lelouch lors de la montée des marches à Cannes, le 19 mai 2023 images de synthèse. Un homme et une femme reste à ce jour le film le moins cher de l'histoire du cinéma qui rapporte le plus ! la musique. C'est ce que j'essaye de mettre dans mes films et vous savez, je travaille avec un grand scénariste Quel a été votre projet le plus excitant de votre carrière ? qu'est la vie. Au générique de mes films, je devrais mettre «Un film de la vieạẠồ Je suis plus un metteur en vie qu'un metteur en scène. J'ai aussi eu envie de rester un cinéaste amateur, je fais du cinéma d'amateur. C'est-à-dire ? C'est toujours le dernier ! C'est toujours le présent. Ce qui est excitant, c'est le présent et la seule chose qui nous appartienne, c'est le présent. Le passé, c'est comme si vous serriez un mort dans Un homme et une femme est né d'une image sur une plage de Deauville. Que s'est-il passé ce jour-là ? Oui enfin... Ces petits miracles, ils ont lieu tous les jours et je pourrais écrire un film tous les jours. Ce jour-là, j'allais très mal et puis deux heures après, j'allais très bien. Il y a eu une image qui m'a fasciné et je me suis dit « Il faut absolument que je mette cette image dans « C'est impossible d'expliquer le succès. Par contre, on peut expliquer les échecs.» vos bras et puis le futur, c'est un tel point d'interrogation qu'il fait peur à tout le monde et donc le cinéma filme le présent. Les films qui m'excitent le plus sont ceux que je suis en train de faire.

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un film» et, d'un seul coup, j'invente une histoire. On ne peut pas expliquer la création et heureusement. Vous savez, je pense que les artistes, on 25

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CINÉMA est un peu les chouchous du Bon Dieu, on reçoit des messages irrationnels que l'on essaye de rendre possibles pour le plus grand nombre. Les artistes comme je vous le disais tout à l'heure, on est là pour faire rêver et on n'est pas là pour démoraliser les gens. La vie est tellement dure et s'il n'y avait pas les artistes pour nous faire rêver, elle serait insupportable. Est-ce que ça fait de ce film votre œuvre préférée ? Non mon film préféré, c'est D'un film à l'autre qui raconte comme j'ai réussi à faire 51 films! Chaque film invente celui d'après. Chaque seconde invente la seconde d'après. C'est pour ça que la force du présent est absolument colossale et c'est la seule chose qui nous appartienne. On est les gardiens d'un certain nombre de choses. Moi, j'ai un très joli manoir en Normandie, la personne qui s'en sert le plus, c'est mon gardien ! Ce succès, vous vous y attendiez ? Je pense que la chance fait partie de ma vie. Quand on fait Un homme et une femme, c'est comme si on gagnait au Loto. Bon, on pensait avoir fait un bon film, mais on n'imaginait pas que l'on avait fait un film qui allait faire le tour du monde plusieurs fois et être encore vivant 50 ans après. Quelque part, chaque fois que je fais un film, j'espère que les miracles vont être au rendez-vous. Mais c'est vrai que là, je viens de faire un film qui s'appelle Finalement, qui sortira à la fin de l'année, au mois de novembre, et j'ai essayé de mettre dans ce film tout ce que la vie m'avait donné et appris. J'ai essayé de faire une synthèse, essayé moi-même de comprendre pourquoi j'ai eu autant de chance avec le cinéma. J'ai très vite compris que tout ce qui me faisait du mal allait me faire du bien. Tout ce que j'ai réussi dans la vie, je l'ai d'abord raté, et aujourd'hui, j'ai l'intime conviction que le mal est l'inventeur du bien. Pour l'anecdote, vous nous confirmez qu'Un homme et une femme a fait naître l'histoire d'amour entre Joe Biden et son épouse Jill ? Il paraît! J'ai eu même l'occasion de les rencontrer. ạẠồỗẠJoe Biden et sa femme m'ont confirmé que leur histoire d'amour avait commencé grâce à moi.» La Maison Chanel rend hommage à Un homme et une femme en revisitant certaines scènes du film pour sa nouvelle campagne avec Penélope Cruz et Brad Pitt. Qu'en pensez-vous? Appréciezvous ce petit clin d'œil quand c'est la femme, Pénélope, qui demande s'il reste des chambres d'hôtel ? Je trouve ça formidable! D'abord, c'est un hommage au film et moi j'adore les hommages, c'est une façon de prolonger votre vie. En plus, le film est merveilleusement bien fait, ils se sont donné beaucoup de mal. Pénélope à la fin qui marque l'époque actuelle, l'arrivée des femmes, le pouvoir des femmes, c'est une très bonne métaphore. J'ai trouvé ce projet dès le début enthousiasmant, d'abord parce qu'on avait choisi Un homme et une femme sur des milliers de films et je me suis dit que s'ils l'avaient choisi, c'est qu'il était sûrement rentré dans la tête des gens. 26 J'accompagnais le président Macron aux ÉtatsUnis et effectivement, Joe Biden et sa femme m'ont confirmé que leur histoire d'amour avait commencé grâce à moi, grâce à mon film. Mais vous savez qu'il n'y a pas qu'eux! Ce film a donné envie à des millions de gens de se connaître et de s'aimer. Surtout à des gens qui n'y croyaient plus, puisque c'est l'histoire d'un homme et d'une femme qui ont droit à une seconde chance. J'ai reçu à l'époque des milliers de lettres de gens me remerciant de leur avoir permis de croire en des choses auxquelles ils ne croyaient plus. Mais c'est drôle parce que quand j'ai fait Vivre pour vivre, les gens m'ont dit « Merci, grâce à vous, j'ai eu le courage de divorcer!» Quand j'ai fait Les uns et les autres, on m'a souvent dit « Merci d'avoir parle de mon histoire. » Moi, je pioche dans la vie et je suis très inconscient de ce qui m'arrive. Est-ce ce que ces témoignages-là sont la plus belle des récompenses ? pas, il est surpris, et c'est quand on est surpris que l'on approche le bonheur. Le bonheur passe par les surprises. Vous avez au cours de votre vie fait de nombreuses rencontres. Certains du métier sont-ils devenus des amis ? Je suis proche de Woody Allen, de Tarantino. J'étais très proche aussi de Stanley Kubrick. J'ai beaucoup de cinéastes américains qui m'ont dit que quand ils ont vu Un homme et une femme, leur vision des choses avait changé. J'ai plein de cinéastes dans le monde entier qui m'ont dit que mon cinéma leur avait donné envie de faire du cinéma... Ma vraie récompense, c'est tout les mômes que je croise dans la rue et qui me disent « Monsieur Lelouch, grâce à vous, j'ai eu envie de faire du cinéma!» En parlant de rencontre, quelle est celle qui vous a le plus marqué ? J'en ai eu tellement... J'ai eu la chance de rencontrer le Général de Gaulle, qui a assisté à la projection d'Un homme et une femme. J'ai vu le film avec lui et sa femme, c'est un beau souvenir quand même! (Rires) Que pensez-vous du Festival de Cannes. Est-ce l'endroit où vous avez vos meilleurs souvenirs ? Le Festival de Cannes m'a donné mes meilleurs et mes pires souvenirs. C'est là que je suis né, avec la Palme d'or, et les pires parce que, a un moment donné, on essaye de vous reprendre ce que l'on vous a donné. Aujourd'hui, quand je sors un film, je préfère rester dans mon coin plutôt que d'aller m'exposer à des gens qui vont vous mettre dans une compétition. Je pense que la compétition, il faut la laisser maintenant aux Jeunes talents, parce que c'est vrai que Cannes, c'est genial pour les gens que l'on découvre. Pour les anciens combattants, c'est plus compliqué. Que pensez-vous des nommés pour cette édition ? Mais bien sûr. La seule récompense, c'est le public. Les autres, bon... Ils font semblant de savoir. Mais le public lui, ne sait pas. Et parce qu'il ne sait Je fais partie du conseil d'administration de Cannes et chaque sélection nous révéle ses surprises, donc

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"CANNES, C'EST GÉNIAL

Pour Les Gens Que L'on

Découvre. Pour Les

Anciens Combattants,

C'est Plus Compliqué.»

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CINÉMA "JE ME RAPPROCHE DE

La Ligne D'arrivée,

Plus Que Jamais, Il

Faut Que J'aille À

L'ESSENTIEL."

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j'espère encore une fois que ça va nous permettre de découvrir des nouveaux talents et ouvrir la porte au petit Lelouch d'aujourd'hui! Ces festivals sont importants pour découvrir justement les talents, et on va avoir besoin de plus en plus de talents, car le cinéma traverse une crise importante. Justement, que pensez-vous de la façon dont les films sont jugés dans les différentes compétitions ? Encore une fois, c'est merveilleux et cruel. Moi, je ne peux pas me plaindre de ça, car grâce à cette compétition, j'ai pu avoir la Palme d'or, les Oscars, les Golden Globes. Les récompenses, ça rassure les imbéciles... Ça m'a permis d'augmenter mon public. Tout est utile et tout a un sens. Quelle est pour vous la récompense la plus prestigieuse ou celle qui vous a le plus touché ? La plus belle des récompenses, c'est quand une femme vous dit « Je t'aime », voilà ça, c'est l'Oscar des Oscars. C'est vrai que quand j'ai eu des récompenses et des hommages, mon ego était très content, je ne le cache pas. D'ailleurs, dans mon bureau, j'ai une étagère où j'ai disposé toutes mes récompenses. Et les jours où ça va mal, je me console en les regardant... J'ai beaucoup de tendresse pour la Palme, les Oscars et les Golden Globes, qui sont les récompenses suprêmes de ce métier. Le monde du cinéma vous a-t-il donné une leçon de vie ? Le monde du cinéma fait semblant. Les acteurs font semblant, on est là pour faire semblant. On est dans le monde du rêve et c'est un monde merveilleux, à condition de ne pas se réveiller. Quel conseil vous auriez aimé donner au jeune homme que vous étiez avec sa caméra à la main quand il a commencé sa carrière ? Les conseils, c'est comme les curedents, après vous, personne ne veut s'en servir. Mais je dirais que je lui souhaite d'être une concierge et de s'intéresser à tout. Quel a été le lieu de tournage que vous avez préféré, le plus beau ? Je pense que la Normandie m'a offert plein d'occasions, mais encore une fois, je viens de faire un film que j'ai tourné en France et il n'y a pas un plus beau pays au monde que la France. Par exemple, il va y avoir le parcours de la flamme olympique à travers la France. Eh bien quelqu'un qui aura la chance de suivre cette flamme fera le plus beau voyage du monde ! Que représente la Normandie pour vous ? Ma mère était normande, tout petit, des l'âge de un an, j'ai appris à marcher sur les plages normandes. Et donc si vous voulez, c'est ma pharmacie principale. Si je n'avais pas la Normandie, je ne sais pas comment je serais resté en bonne santé. J'ai besoin le plus souvent possible d'aller en Normandie me ressourcer. La température me convient parfaitement, car j'ai toujours combattu les extrêmes. Le très chaud et le très froid ça ne me plaît pas trop. matographique de tous les temps ? C'est un film qui n'existe pas encore parce que pour l'instant, quand un film marche, il est vu par 10% de la population mondiale. C'est quand on fait Titanic par exemple. Et c'est déjà énorme 10%, mais il reste encore à conquérir 90% du public. Je crois au cinéma comme d'autres en Dieu. Je pense qu'un jour, un film sera tellement beau que tout le monde ira le voir et qu'en deux heures on pourra changer beaucoup de choses. Mais pour l'instant, Chantons sous la pluie reste le film le plus parfait, parce que c'est un film joyeux, qui raconte l'histoire du cinéma, que l'on peut revoir 25 fois... Ce film pour moi est le film parfait, c'est le film que j'aurais aimé faire. Quelle a été votre plus grande fierté? Votre plus grande déception ? ẠỊDans mon bureau, jai une étagere où jal disposé toutes mes récompenses. Et les jours où ça va mal, je me console en les regardant.» C'est en Normandie que vous trouvez le plus d'inspiration pour écrire ? J'adore écrire dans ma voiture, quand je suis entre Paris et la Normandie, c'est dans la voiture que je suis le plus efficace. À quoi devez -vous votre succès ? Je crois que j'ai l'esprit de synthèse. Dans un monde où il y a trop de tout, j'arrive à aller à l'essentiel. Quand je parle de l'essentiel, c'est d'avoir envie de vivre et c'est vrai qu'avec le temps qui passe, parce que je me rapproche de la ligne d'arrivée, plus que jamais, il faut que j'aille à l'essentiel. Les secondes pour moi sont devenues des années. Une critique qui vous a marqué ? On est dans un monde où le négatif est plus fort que le positif. Quand je sors un film, si j'ai dix bonnes critiques et une mauvaise, on va parler de la mauvaise. Aujourd'hui, on tend des micros aux gens qui crient fort, on tend les micros aux gens qui sont malheureux, on ne tend pas les micros aux gens qui vont bien. Quel est pour vous le plus grand chef d'œuvre cinéMa plus grande fierté, c'est quand des gens comme vous m'interviewent, je me dis que si c'est le cas, c'est que j'ai des choses à dire! (Rires) À chaque fois qu'il y a un coup de projecteur, mon ego est très content ! Et ma plus grande tristesse, c'est quand les imbéciles crient plus fort que les autres. Quel acteur vous a le plus subjugué ? Ils sont plusieurs. De Trintignant à Belmondo en passant par Annie Girardot, Anouk Aimée, enfin voilà. Ce sont des champions, vous voyez ! On parle des Jeux Olympiques et les acteurs sont des athlètes de haut niveau, et j'ai eu la chance de pouvoir tourner avec des athlètes de très très haut niveau. Mais ils sont très nombreux et je serais malhonnête de n'en citer qu'un. Un petit mot sur vos projets à venir.? Je dis toujours la même chose : les plus belles années d'une vie sont celles que l'on n'a pas encore vécues ! J'espère que le meilleur reste à venir. 29

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CINÉMA CILLIAN MURPHY "L'AUDITION DE MON

Premier Rôle, Je L'ai

Préparée Alors Que Je

Faisais Du Stop Et Du

Camping En France. On

M'a Envoyé Le Scénario

DANS MA TENTE." 30

Jenny Davis:

Oppenheimer a été un succès incroyable et a remporté 7 Oscars, dont le vôtre. Parlez-nous des coulisses de ce film. Qu'avez-vous ressenti quand Christopher Nolan vous a appelé pour y Jouer?

Cillian Murphy:

Honnêtement, c'est sorti de nulle part.

Je ne savais pas qu'il écrivait le scénario. J'ai donc reçu l'appel et c'était tout à fait inattendu. La première réaction est naturellement le choc. La deuxième réaction est la joie et l'euphorie. Puis l'euphorie a rapidement laissé sa place à l'angoisse, et je me suis dit qu'il fallait que je commence à travailler tout de suite, car je savais que c'était un projet énorme et que ma responsabilité était immense. Chris attend l'excellence de tout le monde, donc je savais que cela allait demander énormément de travail et de préparation. Quand il vous a appelé, vous a-t-il montré le scénario tout de suite ? Il m'a appelé à la fin du COVID. Je n'ai donc pas pu aller en Amérique, mais il est venu à Dublin avec le scénario. Chris Nolan a un rituel : il vous apporte toujours le scénario imprimé sur du papier rouge. C'est ce qu'il s'est toujours passé au cours des 20 années pendant lesquelles j'ai travaillé avec lui. Il vous le donne, puis il quitte la pièce, vous lisez le scénario et devez lui répondre ensuite. J'avais déjà dit oui, mais c'est sa façon de travailler. Et qu'a fait Chris Nolan pendant que vous lisiez son scénario ? Il est venu à Dublin, c'est un grand fan de Francis Bacon (un peintre britannique très réputé, Ndlr.) Et à Dublin, nous avons un musée Francis Bacon. Il est donc allé au musée et est revenu trois heures plus tard Oppenheimer était une personnalité énigmatique. J'imagine que vous avez fait beaucoup de recherches sur lui pour votre rôle. Avez-vous été fasciné par cet homme? Oui. J'ai déjà joué des personnages

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Festival De Cannes 2024: Dossier Spécial Cinéma

réels, mais jamais un personnage emblématique comme celui-ci. Vous savez, nous vivons dans le monde d'Oppenheimer, ce qui s'est passé en 1945 a tout changé. C'est grâce à lui que nous vivons dans l'ère nucléaire. Il y a donc beaucoup de choses à dire. J'ai plongé dans les archives, les livres, le scénario. Ça a été intense. J'ai reçu le scénario en septembre 2021 et nous avons tourné le film en février 2022. J'ai donc eu six mois pour connaître mon personnage, mais j'aurais bien pris six mois de plus ! Vous vous sentiez prêt malgré la quantité d'informations à apprendre ? Oui. Vous savez, le problème avec la préparation, c'est qu'on peut aussi s'y perdre. Personnellement, je ne pense pas qu'il faille être complètement préparé lorsqu'on arrive sur un plateau de tournage. Je pense qu'il faut qu'il y ait de l'inconnu. Et c'est ce que je voulais. II faut garder une certaine spontanéité... Au cours de vos recherches, y a-t-il eu quelque chose qui vous a vraiment surpris sur Oppenheimer ? vie. C'est fou. Mais c'est une grande leçon d'humilité. Et nous sommes tous si fiers. Des succès comme ça, on ne peut jamais les planifier ou les prédire... Qu'est-ce qui a fait le succès de ce film, Oscar 2024 du meilleur acteur pour son rôle dans Oppenheimer, Cillian Murphy est LA star du moment Propos recueillis par Jenny Davis Ce que j'ai trouvé vraiment révélateur et éclairant, et ce qui m'a le plus servi pour le rôle, c'est qu'il était intensément humain. Il était aussi imparfait, aussi perturbé et aussi contradictoire que nous le sommes tous. Et c'est ce que je voulais faire transparaître à l'écran : Révélé en 2002 grâce à 28 Jours plus tard, de Danny Boyle, puis devenu une star en 2005 grâce à Batman Begins de Christopher Nolan, Cillian Murphy a obtenu la consécration suprême en remportant l'Oscar 2024 de meilleur acteur pour son rôle dans Oppenheimer, du même Christopher Nolan. Rien ne le prédestinait pourtant à une grande au cinéma, lui qui voulait devenir musicien et qui n'a suivi aucune formation. Un destin hors-norme que l'acteur irlandais nous raconte... Robert Downey Jr, Da Vine Joy Randolph, Emma Stone et Cillian Murphy lors de la 96° cérémonie des Oscars, le 10 mars 2024 à Hollywood selon vous ? l'humanité de l'homme, pas seulement le génie... Il a vécu les plus grands dilemmes auxquels le monde ait jamais été confronté et pourtant, il restait un être humain. Il avait des relations et des enfants. Il vivait comme nous le vivons, mais à travers un prisme différent. Lorsque j'ai réalisé cela, tout est devenu moins intimidant... Je ne sais pas. Un film de trois heures classé R (équivalent d'interdit aux moins de 16 ans en France, Ndlr.) sur un physicien, et qui a autant de succès... Je ne sais pas. Avant tout, je pense que les films de Chris Nolan sont des événements. C'est dû à son génie de cinéaste... Vous saviez dès le départ que le film était un gros projet, mais vous attendiez-vous à un tel succès ? Je n'ai jamais rien vécu de tel dans ma musique et je jouais avec mon frère et mes amis. Et c'est tout ce que je voulais faire. Je n'allais jamais au théâtre. Je me suis intéressé aux films à l'âge de 14 ou 15 ans, mais juste en tant que fan de cinéma. Et puis quand j'avais 20 ans, on nous a proposé un contrat «Mes parents m'ont dit: Tu peux foutre ta vie en l'air, mais pas celle de ton frère.'» Revenons à vos débuts. Vous ne vouliez pas devenir acteur, mais musicien ? Oui, j'ai l'impression que c'est une chose assez courante, vous savez, les musiciens ratés ou frustrés qui se rabattent sur autre chose. La musique, c'est vraiment ce que je voulais faire depuis tout petit. J'écoutais de la musique, j'écrivais de la Хкиє

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d'enregistrement avec notre groupe.

Nous ne l'avons pas accepté parce que mon frère était encore à l'école. Mes parents m'ont dit: «Tu peux foutre ta vie en l'air, mais pas celle de ton frère.iại Et on n'a donc jamais enregistré. C'est ainsi que tout s'est effondré. 31

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CINÉMA Vous êtes donc devenu acteur et c'était donc un excellent substitut. avez foutu en l'air votre vie d'une manière différente ! (Rires) Oui, c'est exactement ça ! D'une manière différente... C'est vrai que vous êtes entré dans un théâtre sur un coup de tête ? C'est l'idée. J'étais à l'école et en Irlande, entre les cycles d'examens, on appelle ça une année de transition, on ne travaille pas beaucoup. On peut essayer différentes choses. Il y avait un module de théâtre, j'avais 16 ou 17 ans. Le directeur de la Cork Theatre Company est venu et a anime l'atelier avec nous. J'ai eu un énorme coup de foudre pour lui. Il était tellement cool. Nous avons improvisé et fait des petits sketchs avec mes amis. Ensuite, je le voyais dans les pubs de la ville de Cork quand je sortais boire ou jouer de la musique. J'ai fini par aller voir une pièce qu'ils avaient montée, dans une boîte de nuit très célèbre de Cork City. C'était la première fois que je voyais une pièce de théâtre. J'ai été subjugué. J'ai alors harcelé pour qu'on m'auditionne. Vous avez réussi à vivre très tôt de la comédie ? Non. J'ai eu de longues périodes de chômage entre temps, vous savez, je travaillais dans des bars et des restaurants. Tout n'a pas été facile... Comme ça ne doit pas être facile d'arriver du jour au lendemain dans le milieu de la comédie... Honnêtement, au début, j'étais content de travailler, mais je me sentais comme un intrus chez les acteurs. J'avais l'impression d'improviser, car je n'avais pas suivi de formation. Mais heureusement, toute la communauté a été très gentille et accueillante avec moi... Quand avez-vous commencé à passer devant la caméra ? J'ai joué des petits rôles dans des courts métrages, assez nombreux. Le cinéma et la télévision sont venus de manière très progressive, avec des petits rôles par-ci, des rôles un peu plus importants par-là. Mais ce n'est pas plus mal. Je pense que ça aurait été assez terrifiant de décrocher trop vite un grand rôle dans un grand film, à 22 ans. Je ne pense pas que j'aurais pu survivre à cela. Je ne suis pas fait comme ça. Je devais faire mon apprentissage ... ẠồẠJ'ai eu de longues périodes de chômage. Je travaillais dans des bars et des restaurants.» C'était votre première audition ? Oui, je ne savais pas du tout comment se travaillait une audition. L'audition de mon premier rôle, je l'ai préparée alors que je faisais du stop et du camping en France. On m'a envoyé le scénario dans ma tente. Je l'ai donc lu, puis je suis revenu et j'ai passé l'audition. Et j'ai été pris ! Ça vous a fait oublier votre déception de ne pas devenir musicien? Lorsque je faisais du théâtre, je me sentais un peu comme si je jouais de la musique en live, grâce à l'électricité que l'on ressent avec le public. C'est ce que je voulais en jouant de la musique, mais ça n'a pas marché. J'ai donc eu l'impression que le théâtre était une sorte de substitut. En plus, la pièce était très physique, très rock'n'roll. Pour moi, 32 bonne idée marketing. Et ce film a donc attiré l'attention d'Hollywood sur vous... Eh bien, c'est comme ça que ça se passe. Chris Nolan a vu le film, et tout d'un coup, j'ai eu un rendez-vous avec lui. C'était le début de ma relation avec Chris. Parlez-nous justement de votre première rencontre avec Christopher Nolan pour le blockbuster Batman Begins... Puis, en 2001, vous avez joué dans l'adaptation Je me souviens que je jouais une pièce à Édimbourg. On m'a appele pour me dire que Chris voulait que je vienne à Los Angeles. J'ai donc pris l'avion et j'étais incroyablement fatigué par le décalage horaire. Mais j'avais regardé tous les films de Chris. Je les avais vus au cinéma et j'étais un grand admirateur de son travail. Nous avons très vite sympathisé. Nous avons bavardé pendant un long moment. Nous avons discuté de cinéma, et nous nous sommes entendus. Je pensais sincèrement que l'idée de passer une audition pour Batman était absurde, mais il considérait que c'était une bonne idée. Je l'ai donc fait. C'est ainsi que tout a commencé... Finalement, vu votre parcours au cinéma, c'est plutôt une bonne chose que vous ne soyez pas devenu musicien... Oui ! (Rires) cinématographique de Disco Pigs, votre première pièce de théâtre. C'est ce film qui a attiré l'attention de Danny Boyle au moment du casting de 28 Jours plus tard, votre premier grand rôle ? Votre frère, avec qui vous faisiez de la musique, ne vous en veut pas d'avoir abandonné votre rêve initial ? Apparemment, oui. Mais le processus d'audition a été long. Je me souviens qu'il m'a fait passer six auditions. Je voulais désespérément faire ce film, je savais que le scénario était excellent. Et c'était la première fois que j'avais l'occasion de travailler Non, il est très heureux. Et puis je pense que la musique est bien plus difficile que l'industrie du cinéma, surtout aujourd'hui. avec un réalisateur aussi connu que Danny Boyle. Saviez-vous, en faisant ce film, qu'il allait changer votre vie et votre carrière ? Pour finir, qu'auriez-vous envie de dire au Cillian Murphy de 21 ans si vous étiezen face de lui ? Non, on ne sait jamais. Mais tout s'est emballé. C'était l'un de ces films que les gens allaient voir plusieurs fois. Je me souviens qu'ils l'ont réédité à l'occasion d'Halloween, je crois, et nous avons tourné deux fins. Une fin où mon personnage meurt et une autre où il survit. Et vous pouviez aller Je dirais: «Persévère!» et «Fais confiance à ton instinct!» Il faut toujours suivre son instinct plutôt que l'intellect. «Si tu le sens, c'est que c'est la bonne décision!» C'est ce que je crois fermement. C'est ce que j'aurais dit à mon moi de 21 ans... • voir une fin et ensuite voir l'autre fin. C'est une très

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"AU DÉBUT, JE ME SENTAIS

Comme Un Intrus Chez Les

Acteurs, Car Je N'avais

PAS SUIVI DE FORMATION."

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CINÉMA MICHAEL DOUGLAS "BASIC INSTINCT EST LE GENRE

De Film Qui Ne Pourrait Pas

VOIR LE JOUR AUJOURD'HUI..." "LA DÉMOCRATIE EST

Une Espèce En Voie

De Disparition. Nous

Commençons À Être

Envahis Par Les

AUTOCRATIES..ẠạỊ 34

Guy Kelly:

Vous incarnez Benjamin Franklin dans la nouvelle série Franklin. Pour ce rôle, vous vous êtes laissé poussé les cheveux. Vous n'aimez pas les perruques ?

Michael Douglas:

Me coiffer comme mes personnages est une façon de m'imprégner de mes rôles. Et Dieu merci, ça m'évite de porter des perruques ! (Rires) Il faut croire que le public y est sensible, car il existe une liste de « films de Michael Douglas classés en fonction de la qualité de ses cheveux»! La seule fois de ma carrière où j'ai mis une perruque pour un rôle, c'était en 2013, pour Ma vie avec Liberace. Benjamin Franklin est le 65° personnage que vous jouez à l'écran. Vous êtes un passionné d'histoire ? Oui, je suis un passionné d'histoire et de politique. Et celle de Franklin est une sacrée histoire! En tant que scientifique, inventeur, éditeur, écrivain, diplomate ou philosophe politique, Franklin a eu une vie qui pourrait alimenter une douzaine de films ! Si vous deviez comparer Franklin avec une personnalité, ce serait laquelle ? Je vois beaucoup de points communs entre Benjamin Franklin et Elon Musk. Un homme un peu à l'écart à ses débuts, mais brillant et compétent sur beaucoup de choses. Franklin était un visionnaire. Comme vous, qui avez obtenu une Palme d'or d'honneur au Festival de Cannes l'an passé, son destin est lié à celui de la France... Oui. En 1776, Benjamin Franklin avait 70 ans, alors que la moyenne d'âge était de 39 ans à l'époque. Et seulement sept semaines après que les États-Unis aient déclaré leur indépendance, on lui a demandé de prendre le bateau et d'aller en France pour obtenir du soutien, ce qui n'était pas une chose facile au 18° siècle. Il a fait le voyage avec son petit-fils de 16 ans, il a réussi à charmer les Français et a obtenu l'aide dont les États-Unis avaient besoin pour gagner la guerre d'indépendance. Ça a changé l'histoire.

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En tout cas, votre interprétation de Franklin scintille d'intelligence... Honnêtement, cette mini-série était la meilleure production sur laquelle j'ai jamais travaillé. Quel autre tournage vous a marqué durant votre carrière ? Il faut remonter à 1975 et Vol au-dessus d'un nid de coucou, que j'avais produit. Nous étions installés dans un hôpital psychiatrique de l'Oregon pour le tournage, c'était une ambiance incroyable. Et on a remporté tous les Oscars cette année-là. C'était le deuxième film de l'histoire à remporter les cinq principaux Oscars. C'était un moment magique. Et quel est le partenaire qui vous a le plus marqué ? point nous étions minuscules. Dans les années 1990, la mode était aux thrillers érotiques, mais les tournages n'étaient pas encadrés. Depuis, des mesures ont été prises avec des Palme d'or d'honneur lors du dernier Festival de Cannes, l'acteur incarne Benjamin Franklin Interview réalisée par Guy Kelly J'ai de merveilleux souvenirs avec mon plus vieil ami, Danny DeVito. On s'est rencontrés sur une plage de Long Island en 1967. On était tous les deux des "drogués" ! (Rires) Nous avons fumé un Joint ensemble et ça a été le début d'une très longue amitié. Nous sommes devenus colocataires à New York en 1968! La suite, tout le monde la connaît... Votre père, Kirk Douglas, était l'un des derniers représentants de l'âge d'or d'Hollywood. Il a été témoin de l'introduction des superproductions, du «deuxième déclin », avec l'arrivée du Légende vivante du cinéma, Michael Douglas, qui fêtera ses 80 ans en septembre prochain, est toujours aussi actif. Après avoir reçu une Palme d'or d'honneur l'année dernière lors du 76° Festival de Cannes, il est aujourd'hui à l'affiche dans la mini-série qu'il produit, Franklin, disponible sur Apple TV+. L'occasion pour la star américaine de nous parler d'histoire et de l'évolution du cinéma... Michael Douglas recevant sa Palme d'or d'honneur lors du 76° Festival de Cannes, entouré de Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve et Uma Thurman «coordinateurs d'intimité » sur les scènes de sexe. C'est une bonne chose? streaming, et aussi de nombreux changements culturels dans le milieu. L'évolution du cinéma va dans le bon sens ? Je ne sais pas si tous les changements actuels sont bénéfiques pour le cinéma et les films. Je suis arrivé dans le milieu dans les années 1970, lorsque les cinéastes étaient vraiment à la tête de l'industrie. Et puis il y a eu l'essor du streaming et des plateformes. La Silicon Valley est arrivée à Los Angeles comme Atilla le Hun. Ça a tout bouleverse. Nous pensions avoir une industrie assez importante, mais ça nous a montré à quel Basic Instinct est le genre de film qui ne pourrait pas voir le jour aujourd'hui sans une armée de «coordinateurs d'intimité». Mais est-ce une bonne chose? Je n'en suis pas convaincu. Dans les années 1990, beaucoup d'acteurs ont su dépasser Vous êtes démocrate, mais vous avez aussi fréquenté Donald Trump. Qui soutenez-vous ? Ce que je peux dire, c'est que l'élection présidentielle est très importante. Je ne le réalisais pas avant, mais au fur et à mesure que j'ai plongé dans l'histoire, ẠạẠJe ne sais pas si tous les changements actuels sont bénéfiques pour le cinéma. » leurs limites sans l'aide de personne. Moi-même, j'ai tourné dans des films avec des scènes de sexe. J'en ai reparlé avec des actrices. Nous en plaisantons maintenant. On se demande à quoi ça nous aurait servi d'avoir un coordinateur d'intimité... Un sujet est sur toutes les lèvres aux États-Unis: l'élection présidentielle de novembre prochain.

Festival De Cannes

je me suis rendu compte de la précarité de la démocratie, de sa fragilité, et à quel point elle doit être protégée et nourrie. La démocratie est une espèce en voie de disparition. Nous commençons à être envahis par les autocraties du monde entier. Donc le plus important pour moi, c'est que tout le monde puisse voter... • 35

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CINÉMA GARY OLDMAN "MA MÈRE A ATTENDU

Que Je Gagne Un

Oscar Pour Mourir.

Sa Mission Était

ACCOMPLIEẠiỊ 36

Jenny Davis:

Vous êtes une figure du cinéma, mais vous êtes aussi à l'affiche de la série Slow Horses. Quel format préférezvous ?

Gary Oldman:

Quand j'étais enfant, j'ai toujours aimé pouvoir suivre des personnages pendant longtemps plutôt que de me contenter de deux heures dans un film. Et puis, il y a eu cet incroyable bouleversement qui s'est produit à la télévision. À une époque, il y avait une sorte de snobisme d'Hollywood envers les séries. Les acteurs de cinéma regardaient de haut ceux qui tournaient dans des séries. C'est fini. Et je pense personnellement que certains des meilleurs acteurs, certains des meilleurs textes, la meilleure cinématographie, les meilleurs décors, se trouvent sur dans les séries. Je regardais donc les séries, parfois avec envie, en me disant que j'aimerais vraiment jouer un jour un personnage sur une longue période. Et c'est tombé du ciel avec Slow Horses. Tourner dans une longue série était donc un rêve ? C'était sur ma liste de Noël. Passé 60 ans, les carrières peuvent souvent décliner. Elles atteignent leur apogée et puis plus rien... Je me sens donc chanceux et privilégié de travailler, de faire une série et de gagner ma vie à 66 ans.... Quel est le plus grand moment de votre carrière? L'Oscar de meilleur acteur gagné juste avant le décès de votre maman ? Elle l'aura attendu cet Oscar ! Elle avait presque 99 ans lorsqu'elle est décédée. Nous étions tous en train de nous amuser avec mes enfants à table. Elle a eu une attaque. Elle riait et l'instant d'après, elle n'était plus là. Elle me disait toujours: «Oh, tu vas gagner un Oscar un jour, chéri, je sais que tu vas gagner un Oscar ». Je n'y croyais pas, mais je lui disais: «On ne sait jamais. Un jour, maman.» Et je crois vraiment qu'elle s'est accrochée. Ma mère a attendu que je gagne un Oscar pour mourir. Sa mission était accomplie.

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Festival De Cannes 2024: Dossier Spécial Cinéma

Il y a un réalisateur que vous avez préféré durant votre carrière ?

Un bonne réalisation, c'est savoir quand il ne faut rien dire. Il y a des réalisateurs qui pensent devoir justifier leur position, et ce n'est pas bon. J'ai passé sept ans avec Chris Nolan et les trois Batman, et c'était fantastique. Chris n'est pas un grand causeur sur le tournage. Il vous laisse tranquille. Il attend de vous que vous fassiez votre travail. Il a dû me faire deux remarques en 7 ans. Ça change de Olivier Stone qui me criait dessus ! (Rires) Vous évoquez Oliver Stone. Lee Harvey Oswald a été l'un de vos rôles les plus marquants ? Oui, c'était l'une de mes grandes expériences. Il n'y avait pas grand-chose sur Lee Harvey Oswald. Oliver Stone m'a donné des billets d'avion et m'a dit: « Va à la Nouvelle-Orléans, va à Dallas et découvre qui était Oswald.Ạồi J'ai rencontré des gens à la NouvelleOrléans qui connaissaient Oswald et Jack Ruby, son tueur. C'était un peu comme être envoyé dans le monde en tant qu'enquêteur. Puis la production a fait la chose la plus remarquable: nous avons tourné au poste de police et Jack Ruby m'a tiré dessus dans le film, à l'endroit même où Oswald a été abattu dans la vraie vie. Dans le film, je suis aussi menotté au véritable inspecteur auquel Oswald a été menotté... En dehors de votre carrière d'acteur, vous avez réalisé un film, Nil by Mouth, que vous aviez présenté en compétition à Cannes en 1997. Pourquoi ne pas avoir réalisé un autre film ? me suis dit : «Si personne n'aime ce film, c'est moi qui décide. S'il n'est pas bon, il n'est pas bon. Si les gens l'aiment, ils l'aiment, s'ils ne l'aiment pas, je suis heureux de l'avoir et de le sortir tous les cinq ans pour le monGary Oldman est à l'affiche dans Parthenope, en compétition à Cannes, et dans la série Slow Horses Propos recueillis par Jenny Davis À 66 ans, Gary Oldman est plus actif que jamais. Alors qu'il joue dans le film Parthenope de Paolo Sorrentino, en compétition cette année au Festival de Cannes, il est également à l'affiche de la série Slow Horses, sur Apple TV+. Un rêve d'enfant pour l'acteur britannique, qui déplore que les séries aient été pendant très longtemps snobées par Hollywood. Entretien avec un géant... Gary Oldman et sa femme Gisele Schmidt au Festival de Cannes, en 2018 trer à quelques amis. » C'est dans cet état d'esprit que je me suis lancé. C'est très libérateur. Je n'avais pas Harvey Weinstein à la fin du film pour réécrire une scène, refaire le tournage et tout le reste. Il le faisait souvent... Ce n'est pas faute d'avoir essayé! Au fil des ans, j'ai écrit un certain nombre de scénarios. Pour le film Nil by Mouth, j'avais un peu d'argent de côté et je me suis acheté ce film. Je Qui l'a obtenu ? D'où son surnom « Harvey aux mains d'argent » ? Oui. Mais lui, quel porc ! Un vrai porc ! Le métier Je ne pense pas que le film ait vu le jour! (Rires) Et vous savez quoi?. Si c'est le genre de casting qu'ils ont passé, alors c'est une bonne chose qu'il n'ait jamais été fait, parce que c'étaient des idiots. Trop de cuisiniers dans la cuisine, ce n'est pas bon. «A une époque, il y avait une sorte de snobisme d'Hollywood envers les séries. C'est fini.» est vraiment difficile. Il faut s'adresser à des gens qui ont de l'argent mais qui font parfois des propositions de casting absolument ridicules. Une fois, j'étais en lice pour un rôle et les deux autres candidats étaient Leonardo DiCaprio et Harrison Ford. Nous étions les trois en lice, c'était ridicule !

Festival De Cannes

Pour finir, quels sont vos projets ?

Continuer la série Slow Horses ?

J'adore la série, et je suis très heureux de la faire aussi longtemps qu'Apple fera les chèques et nous maintiendra à l'écran! Tant qu'Apple est là, je suis dans le coup ! (Rires) • 37

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CINÉMA ADAM DRIVER "DANS LE MILIEU, DU

Cinéma, Beaucoup

De Gens Ont Un

Salaire Un Mois, Et

Puis Le Mois D'après,

PLUS RIENiẠại 38

Vicky Dearden:

Votre actualité ciné est riche. Vous êtes actuellement à l'affiche de Ferrari, sur Amazon. Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?

Adam Driver:

Michael Mann et moi-même nous sommes rencontrés un an auparavant et j'ai toujours voulu travailler avec lui. Le personnage d'Enzo Ferrari, dont la vie a été muée par le chagrin, est un sujet que je ne connaissais pas beaucoup, mais me paraissait à la fois intimidant et passionnant. Comment se sentait-on au volant de ces voitures? Sans porter la ceinture de sécurité en plus... Ils ne m'ont pas laissé conduire les voitures pour des raisons d'assurance. Je ne conduisais pas les voitures, sauf en pré-production, où nous avons fait des courses avec des Ferrari plus récentes. Quant à l'absence des ceintures de sécurité, ce n'était pas un acte de négligence, cela ne faisait tout simplement pas partie de la culture de l'époque L'objectif était presque d'être éjecté de la voiture pour éviter les accidents, plutôt que d'y rester, ce qui paraît fou aujourd hui... Ce film vous a-t-il donné envie de piloter pour de vrai ? J'aime bien conduire une voiture sur un circuit, quand il n'y a que des Ferrari et personne autour! (Rires) J'adore les voitures, mais quand j'étais plus jeune, je n'avais pas les moyens de me les offrir. Aujourd'hui, j'en ai quelques-unes... Le film m'a fait voir les pilotes de course de façon différente. Je ne réalisais pas à quel point c'était dangereux, ni la concentration prolongée que cela exigeait, ni l'effort physique que cela demandait, ni la technologie necessaire... Quelles sont les voitures que vous possédez ? J'ai une Porsche 933... Je ne devrais pas le dire... C'est une très belle voiture. Dans le film, Enzo Ferrari a du succès, mais il connaît aussi en permanence

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Festival De Cannes 2024: Dossier Spécial Cinéma

des échecs. C'est quelque chose qui vous touche ?

Échouer tout le temps ? Je pourrais parler longuement de l'échec permanent. Je m'intéresse toujours à la façon dont les gens réagissent aux traumatismes, aux échecs et aux revers. Je pense que cela rend plus humain. Si le film ne parlait que de succès, je ne sais pas si ce serait très intéressant à regarder. Mais j'admire ce genre de personnes qui savent rebondir, car je suis très fataliste dans la vie... Vous avez fait les gros titres avec vos commentaires sur la grève des scénaristes à Hollywood, en critiquant notamment Netflix et demandant une revalorisation des rémunérations pour les «petites mains». L'industrie du cinéma est à un tournant ? L'accord dérogatoire est une bonne chose à promouvoir. Dans le milieu, du cinéma, beaucoup de gens ont un salaire un mois, et puis le mois d'après, plus rien. Vous venez de sortir de l'école, vous êtes endetté pour rembourser vos études, vous gagnez votre vie en jouant des pièces de Broadway ou des spectacles ici et là en espérant devenir acteur et percer, et puis soudain, votre principale source de revenus s'arrête. C'est une chose difficile. De petites sociétés de production arrivent à faire beaucoup plus que de grandes sociétés comme Netflix, et ces dernières trouvent le moyen de dire que les conditions demandées par le SAG (le syndicat professionnel américain des acteurs, Ndlr.) ne sont pas raisonnables? Cela semble absurde. Je suis donc ravi d'avoir fait la promotion de l'accord dérogatoire... Avez-vous eu beaucoup de réactions des plateformes de streaming à la suite de vos commentaires ? Donc le boss de Netflix ne vous a pas appelé pour régler vos comptes ? Non, non, non, personne ne m'appelle. (Rires) Au cours des deux dernières années, Présent à Cannes pour le dernier film de Coppola, Adam Driver est aussi à l'affiche de Ferrari Propos recueillis par Vicky Dearden Révélé par la saga Star Wars, Adam Driver fait partie de la nouvelle génération d'acteurs à Hollywood. Son actualité est très riche, puisqu'il défend cette année au Festival de Cannes le dernier film de Francis Ford Coppola, Megalopolis, et qu'il est actuellement à l'affiche de Ferrari, de Michael Mann, disponible sur la plateforme Amazon. L'occasion de l'interviewer. Adam Driver au Festival de Cannes pour le film Annette, le 6 juillet 2021 vous avez incarné deux grandes personnalités italiennes, Maurizio Gucci puis Enzo Ferrari. Interpréter de telles légendes est une pression ou un défi supplémentaire dans la vie d'un acteur ? Oui, je n'avais pas réalisé que ça allait faire autant réagir. Mais les gens sont très positifs, d'après ce que j'entends. plus grands. C'est une fierté ? L'immersion dans la vie et le pays d'un personnage est similaire à l'apprentissage d'une nouvelle langue. Cette compréhension d'une culture différente, c'est Je suis très fier des gens avec qui j'ai pu travailler. J'ai beaucoup de chance. J'ai tellement appris d'eux. Les réalisateurs pour qui je tourne ont fait des films quand j'étais enfant, ce que j'essaie de ne pas trop leur dire... (Rires) ạJe m'intéresse toujours à la façon dont les gens réagissent aux échecs et aux revers.» ce que j'aime le plus dans le métier d'acteur. Il est certain que c'est une responsabilité supplémentaire. On a l'impression qu'il faut en savoir plus, qu'il faut vraiment s'imprégner du héros et de la culture du pays, c'est un aspect important. Michael Mann, Scorsese, Ridley Scott, et maintenant Francis Ford Coppola: vous tournez pour les

Festival De Cannes

Heat 2, la suite du film culte de Michael Mann, est en préparation. Tout le monde se demande si vous serez au casting... Nous en avons parlé avec Michael Mann. Je ne considère pas comme acquis le fait d'être dans le film. Mais je le ferai dans la seconde s'il me le demande... 39

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CANNES ADRIANA KAREMBEU ADRIANA KAREMBEU LIBRE "JE N'AI PLUS 20 ANS,

Donc La Beauté Que

J'avais Avant

Commence À Partir...

Mais Je Suis Libre. La

Vieillesse Ne

40 M'EMPRISONNE PAS."

Marie Giancani:

Libre, votre autobiographie, vient de sortir aux éditions Leduc. Est-ce que l'écriture vous a fait l'effet d'une thérapie ?

Adriana Karembeu:

Chaque interview que je fais est une espèce de petite thérapie. Dès que l'on parle de soi-même et que l'on essaye d'extérioriser nos émotions ça nous rappelle des choses sur nous-mêmes. Après, je parle beaucoup de mon passé dans ce livre, et je ne peux pas dire que ça a été très agréable de le faire... Mais je ne pouvais pas raconter mon histoire sans m'arrêter sur le passé aussi. Pourquoi ce titre, «Libre»? De quoi vous êtes-vous libérée ? Parce qu'il est parfait! (Rires) Parce que c'est moi! Je ne pourrais pas me décrire mieux, aujourd'hui. Ils m'ont proposé plein de titres différents et celui-ci « Libre». Oui, je suis enfin «Libre!» Ça n'a rien à voir avec mes séparations amoureuses, je tiens à le préciser. Je me sens libre en tant qu'être humain, sans barrières, sans peur. Votre fille est au cœur de votre autobiographie. Dès les premières lignes, on comprend que ce nouveau rôle de mère est l'impulsion qui va vous permettre d'écrire... C'était un chemin compliqué pour moi d'avoir un enfant, car je ne trouvais pas la motivation. J'étais tellement heureuse en couple et je n'arrivais pas à trouver cette chose, ce truc maternel en moi... Je n'arrivais pas à imaginer un amour que je ne connaissais pas encore. Un amour pour un homme, on le vit, on tombe amoureuse, on comprend... Mais je n'arrivais pas à imaginer l'amour pour un enfant. Comment on peut désirer quelque chose que l'on n'a pas vécu? Ça me paraissait bizarre. Et il faut le dire aussi, j'ai peut-être été freinée par l'enfance que j'avais eue. Quelque part, je me disais: « Peut-être que je serai une mauvaise mère comme le mauvais père que j'ai eu». Je ne sais pas. J'avais peur de devenir mère et ça n'a rien à voir avec mon métier.

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Festival De Cannes 2024: Dossier Spécial Cinéma

Vous devenez maman à 46 ans, de la petite Nina, votre «miracle». Êtesvous tombée enceinte facilement ? J'ai fait une FIV (Fécondation in vitro, Ndlr.) Et la première FIV a fonctionné! Vous expliquez que votre fille ne vous ressemble pas et que vous ne vouliez pas qu'elle vous ressemble. Pourquoi ? Parce que j'aime toujours mon homme plus que je ne m'aime moi. Je voulais donc qu'elle soit le portrait craché de cet homme. Au début, je voulais un garçon justement, pour que ce soit un copier-coller de mon mari. Pour ma fille, je n'arrivais pas a imaginer qu'elle me ressemble et l'aimer aussi fort, c'était comme si je m'aimais moi et je ne sais pas, c'était bizarre.... Est-ce que quelque part, physiquement ou dans sa façon d'agir, vous vous retrouvez en elle ? En rien ! Ni les pieds ni les mains ne me ressemblent ! Elle n'a pas non plus mon caractere, elle a vraiment le caractere de son père aussi. Ma fille est très calme, très câline, très sensible. Elle a un besoin d'amour, d'affection et d'attention énorme et elle en est couverte! D'ailleurs, je n'ai pas dormi de la nuit, car elle dort toujours avec moi et c'est un petit koala. Dans votre livre, vous abordez avec douleur la maltraitance que vous a fait subir votre père. Vous le comparez même à Hitler... Est-ce que votre haine s'est apaisée ? Maintenant, un tout petit peu, car j'avais déjà fermé ce chapitre. Mais c'est vrai qu'avec la naissance de ma fille, cette haine a ressurgi avec force, car en devenant mère, je me suis demandée: «Comment un parent, comment un père peut-il faire ça?» et votre grande carriere de mannequin. Quel regard portez-vous sur vos débuts ? Avec tout ce que j'ai vécu dans le mannequinat, je peux dire que je n'ai pas fait de fautes. Mais j'aurais dû être un Adriana Karembeu, fidèle du Festival de Cannes, se livre dans sa nouvelle autobiographie... Interview réalisée par Marie Giancani Mannequin, actrice et animatrice télé, Adriana Karembeu est une figure incontournable du paysage médiatique français. Alors qu'elle publie son autobiographie, Libre, la star s'est livrée pour Entrevue dans une interview au cours de laquelle elle évoque sa maternité tardive, son enfance difficile, son parcours ou encore le Festival de Cannes, un événement qu'elle adore.... Adriana Karembeu au Festival de Cannes, le 19 mai 2023 peu moins sage peut-être. Je ne faisais que boulot-dodo et quelque part, c'était un chemin sûr, mais j'aurais dû m'amuser un petit peu plus quand même. J'aurais dû être libre à ce moment-là peutêtre, mais c'est un cheminement. Vous consacrez une grande partie de votre ouvrage à votre arrivée à Paris par jour, le temps de perdre les deux kilos qu'il fallait, mais après, ça s'arrétait. Pour les autres, je ne sais pas. J'étais dans ma bulle, très concentrée sur mon travail et je ne traînais pas Ạạ¿La première fois que j'ai assisté au Festival de Cannes, j'étais dans le public...» Est-ce qu'à l'époque de vos débuts, il y avait pour ainsi dire, une « culture de l'anorexie » dans le monde de la mode ? Franchement, on n'en parlait pas et je ne savais pas que ça existait tout court. C'est vrai que mon alimentation était assez pauvre parce que j'étais tout simplement obligée de rentrer dans les robes qui étaient minuscules. Je raconte cette histoire où je ne mangeais parfois qu'une pomme

Festival De Cannes

avec les autres mannequins, car je n'avais pas le temps. Et à l'époque, je n'en avais jamais entendu parler. Que pensez-vous de la mouvance « body positive » qui vise à faire défiler tous les types de morphologies ? Oui, c'est bien. C'est bien d'accepter des formes différentes, des C 41

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CANNES • beautés différentes, des êtres humains qui ne sont pas réduits à une seule et même beauté. C'est la société qui dicte et notre société est encore trop basée sur la beauté élancée qui reste prédominante. C'est un mouvement qui est présent depuis 20 ans quand même, mais ça va tellement doucement. Il suffit que la société change et tout va changer avec. Vous avez ou avez eu des complexes ? Non, je n'ai pas de complexe, mais je vois mes imperfections, comme tout le monde. Je sais aussi que les êtres parfaits, ça existe, mais il y en a peu. Je vois des filles qui n'ont aucun défaut, bien évidemment... Mais je n'ai plus 20 ans, je n'ai plus 30 ans, je n'ai plus 40 ans, donc la beauté que j'avais avant commence à partir... Mais c'est aussi à ce moment-là et dans ce sens-là que j'ai envie de dire que je suis libre. Même la vieillesse ne m'emprisonne pas. pas de retraite, ça n'existe pas! Je pense que c'est injuste d'ailleurs. Si Nina, votre fille, souhaitait se lancer dans une carrière de mannequin, vous l'encourageriez ? Oui bien sûr ! Je serais là quand même pour veiller sur elle, sans l'angoisser ni l'étouffer, mais bien sûr. C'était tellement un métier plaisant et magique. Vraiment, c'était magique. Vous avez longtemps collaboré avec Michel Cymes sur Les Pouvoirs extraordinaires du corps humain. Plus de 10 ans à l'antenne, comment s'est passée cette aventure à ses côtés ? Pourquoi la diffusion s'est-elle arrêtée ? Michel, franchement, c'est mon frère. C'était un pur bonheur et c'est rare qu'une émission à la télé dure aussi longtemps. L'équipe que l'on avait était géniale et elle me manque. Si je devais repartir pour cette aventure demain, je serais partante tout de suite. Sur la forme et le fond, c'était parfait. C'était plaisant pour les téléspectateurs, c'était plaisant de le faire, de « J'ai construit ma carrière avec le nom Karembeu. C'est inimaginable que j'en change.» Ce n'est plus rare aujourd'hui de voir des mannequins de plus de 50 ans défiler. Est-ce que vous aimeriez défiler à nouveau ou vous considérez que vous êtes un mannequin à la retraite ? Mais j'ai été demandée pour des créateurs italiens et j'ai répondu «What? Vous êtes sûrs?» Jétais en tournage à ce moment-là, mais si j'avais été disponible, je l'aurais fait! Vous dites que je suis à la retraite, mais je travaille plus que quand j'avais 30 ans ! Je suis toujours mannequin, je fais toujours des pubs et des trucs de mannequin. Après, défiler tous les jours, c'est hyper intense, c'est vrai! Mais si on me fait une proposition demain, je le ferai avec plaisir. D'ailleurs, à quoi ressemble le montant d'une retraite de mannequin ? Je n'ai pas de retraite! Mannequin est le seul métier, je pense, qui n'a 42 le vivre, et on a gardé un lien très proche. Et ça s'est arrêté, car le sujet était épuisé, on a parlé du corps humain pendant 11 ans, on a fait le tour de chaque sujet trois ou quatre fois donc à un moment donné, c'était du réchauffé ! Aujourd'hui, vous vivez en partie au Maroc et cohabitez avec le papa de la petite Nina dans votre hôtel. Comment cela se passe ? Vous aimez cet endroit ? Vous signez votre ouvrage du nom de Karembeu, que vous avez souhaité garder. Pourquoi ce choix ? Parce que j'ai trop vécu avec ce nom. J'ai construit ma carrière avec le nom Karembeu. Aujourd'hui, c'est inimaginable que j'en change. Ce n'est pas pour paraître prétentieuse, mais c'est mon nom d'artiste. J'ai vécu avec ce nom qui m'a collé à la peau. Une fois, j'ai essayé, lors d'un événement, de mettre le nom de mon deuxième mari, mais ça a fait un chaos pas possible! Les gens me regardaient d'une façon bizarre, se demandaient: « Pourquoi elle dit ça ?Ạồạ Votre ex-mari s'y était opposé ? Il ne s'y est opposé que dans la presse. On n'est pas en contact et je pense que maintenant, il s'en fout. Malheureusement, je ne peux pas faire autrement. Ce n'est pas un nom que je souhaite particulièrement avoir, mais il me l'a donné et j'ai vécu avec. Je l'ai porté au meilleur moment de ma carrière, donc ce nom m'a collé à la peau et je ne peux plus l'enlever. C'est la saison du Festival de Cannes. On vous y voit assez régulièrement. Vous montez les marches cette année ? J'aime beaucoup le Maroc. J'ai vécu longtemps entre Monaco où je suis résidente et Marrakech. Et le Maroc, c'est vrai que depuis que l'on a notre hôtel, j'y passe beaucoup de temps. On a créé ce paradis sur terre ici et ça fait tellement plaisir de voir des gens qui vont s'offrir des vacances et venir chez nous! Pour Devinons devinons... J'aime trop cet événement! C'est mythique. Monter les marches pour moi, c'est un grand privilège. La première fois que j'ai assisté au Festival de Cannes, j'étais dans le public, et je me disais « Mais wahou, c'est quoi cette folie? » Et ma première montée, c'était avec la maison de joaillerie Harry Winston, j'étais habillée par Thierry Mugler, c'était dément! Je prends toujours plaisir, si je peux, car c'est un privilège, un honneur pour moi à chaque fois de participer. ma fille qui vit dans cet hôtel, tous ces gens qui viennent font partie de sa vie et les clients sont Quel est votre plus beau souvenir de Cannes ? sa vie. C'est comme si c'était la famille quoi! (Rires) C'est très plaisant. On s'est habitués à ça, après, c'est vrai que c'est une grande maison, et qu'il y a beaucoup de gens, ça fait un peu Versailles! Que les gens kiffent, c'est la meilleure des récompenses. Chaque montée est une empreinte de souvenir inoubliable. Je pense aussi à la robe d'Yves Saint Laurent que l'on avait sorti du musée pour cette occasion... •

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OS SO: "C'ÉTAIT UN CHEMIN

Compliqué Pour Moi

D'avoir Un Enfant,

Car Je Ne Trouvais

PAS LA MOTIVATION."

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CINÉMA 44 JEAN-PIERRE CASTALDI "LE FESTIVAL DE

Cannes, C'est Le

Faste, La Fête Dans

Toute Sa Splendeur,

Les Rencontres,

Les Soirées

INTERMINABLES.ẠạỊi

Solenn Mirarchi:

La 77e édition du Festival de Cannes se déroule cette année. Qu'est-ce que cela évoque pour vous ?

Jean-Pierre Castaldi:

Le Festival de Cannes, c'est le faste, la fête dans toute sa splendeur, les rencontres, les soirées interminables... Bien sûr, il y a la fameuse montée des marches. On y va une fois, deux fois, trois fois... Il ne faut pas y retourner tous les soirs, sinon on passe un peu pour un ringard, celui qui veut absolument se montrer! (Rires) Alors oui, on vient à Cannes pour être vu, mais il ne faut pas en faire trop! Cela dit, c'est aussi le propre du Festival de Cannes, on est là pour être vu et nouer des relations professionnelles. C'est un véritable marché. Il y a tout un tas d'activités en parallèle du festival, comme le marché du film de Cannes où j'ai souvent présenté des longs-métrages, notamment D'Artagnan de Peter Hyams. Vous avez un souvenir en particulier du festival à nous partager ? Un souvenir très marquant, c'est justement quand je suis allé présenter D'Artagnan de Peter Hyams au marché du film. C'était une grosse production américaine portée par un distributeur mondial, donc nous avons eu droit à la totale! (Rires) Les grosses soirées à l'américaine, sur un yacht dans le port... On m'avait dit, je m'en souviens: «JeanPierre, this is big big money!» (Rires) II y avait tous les plus grands financiers du monde du cinéma. C'est vous dire! Une autre anecdote rigolote : je me suis retrouvé en soirée à la table de Natalie Portman et toute l'équipe de Star Wars. Classe, non ? Votre dernier festival, c'était quand ? Il me semble que c'était lorsque Natalie Portman est venue présenter le dernier Star Wars... Ça commence à remonter! Ce n'est plus forcément quelque chose pour moi aujourd'hui. C'est génial quand on est un jeune acteur, qu'on cherche à faire des rencontres, qu'on veut profiter, faire la fête... À 80 ans, ce n'est plus de mon âge ! (Rires)

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Festival De Cannes 2024: Dossier Spécial Cinéma

Est-ce que vous trouvez que le Festival de Cannes a changé ?

Il est certain que ce n'est plus le même qu'avant. Aujourd'hui, c'est un événement beaucoup plus important dans le sens où on invite beaucoup plus de monde. Ce n'est pas péjoratif, mais n'importe quel acteur, chanteur, ou sportif est invité. Il y a même des influenceurs! (Rires) Cannes, c'était le côté mystérieux et magique du cinéma. C'est quand même moins le cas... À mon époque, les mondes du cinéma et de la télévision étaient véritablement scindés, il n'y avait aucune connexion. Par exemple, c'était très mal vu de tourner dans une publicité, j'ai dû en refuser plusieurs, alors qu'aujourd'hui ce n'est plus du tout le cas, tous les nouveaux acteurs en font ! Et le cinéma, vous trouvez qu'il a changé lui aussi ? Il y a de grandes différences avec l'époque où j'en faisais. Déjà, par rapport à l'offre qui s'est considérablement élargie. Vous avez combien de films à l'affiche chaque semaine? Dix? Quinze? Là où on sortait peut-être un ou deux films avant, en comparaison. Cette augmentation du nombre de productions arrive, en plus, dans un moment où les gens vont moins au cinéma. À l'époque, Jean-Paul Belmondo pouvait atteindre le million de spectateurs dès la première semaine de sortie de son film! Aujourd'hui, lorsqu'on atteint un million de spectateurs, c'est déjà un très bon score d'entrées. Pour exister au milieu de tout ça, il faut vraiment être au bon endroit au bon moment, comme on dit. Et puis, ce ne sont pas forcément les films français qui marchent... Et lorsqu'ils marchent, ce ne sont généralement pas ceux que l'on attendait Le problème, c'est que lorsque j'avais 17 ou 18 ans, aller au cinéma, c'était vraiment incontournable. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas. Les jeunes ont d'autres truc ! Ils ont tout, ou presque, à disposition: Netflix, Amazon, Disney Actif depuis 60 ans, Jean-Pierre Castaldi nous parle du milieu du cinéma et du Festival de Cannes Interview réalisée par Solenn Mirarchi Acteur et animateur de télévision, Jean-Pierre Castaldi a tourné pour les plus grands réalisateurs tels que Jean-Pierre Melville, Claude Lelouch, Édouard Molinaro, Claude Sautet ou encore Claude Zidi. À l'occasion du 77° Festival de Cannes, nous lui avons demandé de nous parler de cet événement ainsi que de sa carrière dans le milieu du cinéma, qu'il côtoie depuis plus de 60 ans... Photo insolite de Jean-Pierre Castaldi avec un «strormtrooper» au Festival de Cannes en 2005, lors de la projection de Star Wars III, la revanche des sith Channel, Apple TV... On ne sait plus où donner de la tête ! En plus, malheureusement, c'est souvent la même chose, ces séries... Et puis, on ne cesse de refaire les vieux classiques, il faut arrêter. Pourquoi on va sans arrêt chercher les anciennes œuvres? Combien de D'Artagnan on a eu ? Les Misérables, idem! Le dernier qui a essayé de reprendre un grand classique c'est Guillaume Canet avec Astérix et Obélix : l'Empire du Milieu et on voit que ça n'a pas été une franche réussite... comme c'était le cas avec Intouchables ou Bienvenue chez les Ch'tis! Qu'est-ce qui explique cela ? formatées. C'est toujours la même dynamique, les mêmes personnages, les mêmes problématiques qu'on retrouve... Donc, dès qu'on a quelque chose d'un peu spécial, d'un peu différent, ça marque forcément les spectateurs! Je reste convaincu que le film Anatomie d'une chute de Justine Triet n'aurait pas eu des critiques aussi élogieuses il y a plusieurs années. Ce « Je me suis retrouvé en soirée à la table de toute l'équipe de Star Wars. Classe, non ?» Vous dites que les séries se ressemblent toutes, c'est-à-dire ? Quand vous vous attardez un peu, vous vous rendez compte que toutes ces séries sont ultra

Festival De Cannes

film, c'est un excellent téléfilm ! Je sais qu'il a quand même remporté l'Oscar (Rires)mais son succès m'a vraiment surpris... 45

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CINÉMA • Est-ce qu'on trouve encore des jouer ? grandes stars de cinéma comme on pouvait le voir à l'époque, selon vous? Aujourd'hui, le terme «star» est complètement galvaudé. On a plus de grandes stars, avec de grands films comme Yves Montand ou Simone Signoret fût un temps. Aujourd'hui, on ne voit plus d'acteurs ou d'actrices soulever les foules comme le faisait Alain Delon, par exemple! Quand Alain se déplaçait, c'était un véritable raz-de-marée hucoup ? main, c'est inimaginable! Je me rappelle d'une fois où j'avais vu une foule de gens devant un hôtel. Sur le moment, je n'avais pas compris, mais l'un d'eux m'avait expliqué qu'ils étaient tous ici parce qu'Alain Delon allait peut-être venir dormir dans cet hôtel... (Rires) C'était complètement fou. Le soir, Alain m'a reconnu et m'a invité à boire un verre dans sa chambre. Les gens m'ont donc vu monter avec lui. Le lendemain, j'étais moi aussi une star! (Rires) Parce que j'avais approché de près, durant une simple soirée, l'unique et déjà mythique Alain Delon. J'ai aimé tous mes rôles, mais je garde une affection particulière pour le rôle de Caius Bonus dans Astérix et Obélix. C'est un cadeau que m'a fait Claude Zidi, le réalisateur. Quand il m'a parlé du film, il a vu mon œil s'illuminer. Avec ce film, il me permet de hisser mon jeu au niveau de Gérard Depardieu et de Christian Clavier. Je suis dans la cour des grands! (Rires) Financièrement, le cinéma vous a rapporté beauJ'ai très bien gagné ma vie, mais la particularité de ce métier, c'est qu'on peut très bien être en haut de l'affiche un jour, puis la regarder de très loin le lendemain... Si vous voyez ce que je veux dire! (Rires) Pour vous donner une idée, sur Astérix, j'ai gagné un dixième du cachet qu'a touché Gérard Depardieu. Maintenant, à vous de calculer. Vos enfants et vos petits-enfants n'ont pas souhaité faire carrière au cinéma. Pourquoi ? Mon fils, Benjamin, je l'en ai dissuadé. Il a d'autres qualités, ce n'était pas un métier fait pour lui. C'est l'un des meilleurs animateurs de direct en France, c'est là qu'il excelle. Si certains autres ont voulu «On ne voit plus d'acteurs soulever les foules comme le faisait Alain Delon...» Il n'y a pas de relève? Les deux seuls que je verrais prendre la relève seraient Jean Dujardin et Isabelle Hupert. Que ce soit l'un ou l'autre, ils ont fait de grands films, ont tenu des grands rôles, ils sont beaux, ils sont classes... Ce sont des stars quoi ! À quoi reconnaît-on une grande star ? À son humilité. C'est quelque chose que j'ai retrouvé chez chacun des grands que j'ai eu la chance de croiser. Ils n'ont pas besoin de prouver quoi que ce soit. Quel est votre plus beau souvenir sur un plateau de cinéma ? C'est un souvenir assez simple : lorsque vous terminez une scène et que vous êtes applaudis par toute l'équipe. Cela m'est arrivé plusieurs fois, c'est toujours un moment marquant et émouvant. Quel est le rôle que vous avez préféré 46 tenter leur chance, je leur ai fait comprendre que si le cinéma avait besoin d'eux, il les appellerait. J'ai fait le ménage pour les générations suivantes... (Rires) Le système a changé, ce n'est plus comme avant. Le seul domaine où on ne peut pas se permettre de tricher, c'est le théâtre... Le théâtre est votre premier amour, qu'est-ce qui vous plait sur les planches ? un bonheur immense! Quand plusieurs centaines de personnes viennent vous voir, vous félicitent, vous envoient de l'amour, ça vous maintient debout. Vous avez vu la pièce de votre fils Benjamin Bungalow 21 ? Évidemment ! J'ai adoré ! À mon niveau, j'ai aussi participé à la préparation de la pièce en coachant Mathilde Seigner qui interprète Simone Signoret sur scène. J'ai pu donner des conseils sur sa posture, sa démarche, les expressions, l'intonation de la voix. Il m'arrivait de dire à Benjamin: « Ta grand-mère ne parlait pas comme ça... » ou « elle se tenait plutôt comme celaồ. Le résultat est extraordinaire, Mathilde fait revivre Simone Signoret sur les planches. Vous avez également fait carrière à la télévision, notamment à la présentation de Ford Boyard durant deux ans. C'est un exercice qui vous plaisait ? Ça m'a beaucoup plu, c'était une ambiance formidable. Je garde un merveilleux souvenir de ces deux années. Pour les jeunes, j'étais vraiment le Maître du Fort ! J'étais très triste lorsque cela s'est terminé, mais je ne garde aucune rancœur... D'ailleurs, je serai présent lors de l'émission spéciale anniversaire pour les 30 ans de Ford Boyard! J'étais très ému qu'ils me veuillent à leur côté. C'est ce que je voulais faire lorsque je suis arrivé à Paris. Durant tout le temps où j'étais étudiant, je gagnais ma vie en faisant du théâtre. J'ai aussi été Quels sont vos projets professionnels ? Cet été, avec le producteur de La boîte à souvenirs, nous allons faire le tour de la Belgique en caravane pour partager des anecdotes autour du cinéma. Ensuite, je commence en septembre les répétitions pour la pièce Les grands ducs de Jean-Luc Moreau, d'après le film de Patrice Leconte. J'ai également une autre pièce en préparation pour 2025... élevé stagiaire durant six mois à la Comédie Française. Je rêvais d'être dans une troupe de théâtre, Pas de repos de prévu ? de jouer Casimodo sur scène... Bon, après quand ils ont adapté Notre Dame de Paris au théâtre, je n'ai pas pu me proposer pour le rôle parce qu'il aurait fallu que je sache chanter! (Rires) Mon premier rôle, je l'ai eu au théâtre, à Aix-en-Provence. Et puis, comme je disais, au théâtre on ne peut pas tricher. Si on est mauvais, la sanction est immédiate. Il n'y a pas de montage, de mixage, on ne peut pas refaire la scène... À l'inverse, si on est bon, alors là, c'est Tant que je peux continuer, je le fais. Quand je travaille, je m'amuse. C'est quand ne travaille pas que je m'ennuie. J'ai eu une carrière dont je suis très fier, vraiment, j'ai eu beaucoup de chance J'ai reçu énormément d'amour du public et je n'ai pas prévu - ni l'envie d'ailleurs - que ça s'arrête maintenant... (Rires) •

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«Aujourd'hui, Le

Terme 'Star' Est

COMPLÈTEMENT GALVAUDÉ

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CINÉMA VLADIMIR COSMA "QUAND J'AI COMMENCÉ,

Je N'étais Pas Pris

Très Au Sérieux.

Personne N'imaginait

Que Mes Musiques

Deviendraient Des

CLASSIQUES." 48

Gabriel Dallen:

Vous êtes né et avez grandi en Roumanie jusqu'à vos 22 ans. À quoi a ressemblé votre enfance là-bas ?

Vladimir Cosma:

Je suis né en Roumanie en 1940. Le pays était alors communiste. Les Russes venaient de libérer la Roumanie du souk fasciste qui occupait le pays. Je suis né à ce moment, dans un pays que la guerre venait de sauver du fascisme. Au cours de ma jeunesse, la musique était très encouragée par le régime communiste roumain. J'ai donc passé ces 20 premières années de ma vie en découvrant et en travaillant la musique. J'ai fait tout mon apprentissage au conservatoire National de Bucarest. C'est grâce à cette enfance que j'ai pu consacrer toute ma vie, tout mon temps et tout mon esprit à la musique et à la création. J'y ai commencé ma carrière qui, par la suite, s'est poursuivie en France et s'est développée comme vous le savez. Pourquoi avoir quitté la Roumanie? Mon père a passé sa jeunesse en France dans les années 20. Il était tombé amoureux de Paris, du pays, de la culture française et envisageait d'y rester. Mais en 1939, il a dû retourner en Roumanie avec ma mère pour l'enterrement de son propre père. Cette même année, la guerre a éclaté. Les frontières ont été fermées, ils n'ont pas pu revenir en France comme ils l'avaient souhaité et je suis né. Durant cette période, mon père a fait une très belle carrière, devenant chef d'orchestre de l'Orchestre National de Musiques Légères de Bucarest. C'est dans cet environnement-là que j'ai grandi, la musique partout et tout le temps. Puis un jour, au début des années 60, nous avons enfin pu nous installer en France. Quelques années après votre arrivée à Paris, vous assistez Michel Legrand et arrangez beaucoup de musiques de film. C'est le début du succès, tout d'abord dans la comédie... En effet, j'ai commencé à cette époque à être très connu et surtout au début dans le domaine de la comédie, une étiquette

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que l'on m'avait collée. On attendait de moi de faire des musiques comiques, des choses qui font rire. Mais ce n'était pas ainsi que je concevais la musique de film. Il me semblait plus intéressant de faire une musique qui va un peu à contre-sens de l'image. C'est comme ça que sont nées des musiques comme Le Grand Blond avec une chaussure noire ou Les aventures de Rabbi Jacob : des musiques écrites pour des comédies, mais qui ne sont pas du tout comiques. Elles ont une sensibilité et une approche différentes et ce contraste-là a été très important. On m'a ainsi rapidement enlevé cette étiquette de compositeur de musique de comédie. J'ai toujours considéré que la musique de cinéma ne doit pas être descriptive, c'est-à-dire que ce n'est pas parce que la scène est drôle que la musique doit l'être. Si elle est a contrario plutôt sensible, elle est d'autant plus efficace. Vous avez croisé la route d'un très grand nombre de génies, Louis de Funès, Chet Baker, Pierre Richard, Michel Legrand, Yves Robert, Ennio Morricone... II y a-til quelqu'un qui aurait marqué plus que quiconque votre chemin ? Jean Wiéner (1896-1982) est incontestablement celui qui aura marqué ma vie plus que n'importe qui. C'était un grand compositeur de musique, un pianiste exceptionnel un peu oublié aujourd'hui. Il a été le professeur de mon père dans les années 20. C'est la première personne que j'ai rencontrée en arrivant à Paris et que mon père m'a présentée. Il habitait rue de la Trémoille (Paris 8°) où j'ai acheté par la suite un appartement pour mes parents. Je vis dans cet appartement à présent et je pense presque tous les jours à lui, malgré le fait qu'il ne soit plus de ce monde. Jean Wiéner est quelqu'un qui m'a beaucoup influencé et inspiré. Avez-vous été aussi proche de lui que de Michel Legrand ? Je n'ai pas pu avoir avec lui la même proximité que j'ai eu avec Michel Legrand. Mais il a eu une influence très importante. La première fois que je suis allé chez lui, je lui ai dit: « Maître, j'aime Entretien avec l'un des plus grands compositeurs de musiques de film du cinéma français Interview réalisée par Gabriel Dallen La Boum, Le Grand Blond avec une chaussure noire, Les Aventures de Rabbi Jacob, L'As des as, La Chèvre, L'Aile ou la cuisse, Banzaï, Le Dîner de cons et tant d'autres... La liste des musiques cultes du cinéma français composées par Vladimir Cosma est gigantesque et bien trop longue pour être citée au complet. Depuis plus de 50 ans, ce compositeur de génie berce les oreilles des Français à travers ses œuvres. Entretien avec une légende vivante... Vladimir Cosma lors d'un concert au Grand Rex, à Paris, le 15 octobre 2021 beaucoup votre musique et ce que vous faites. J'aimerais avoir un peu plus de vos œuvres, les écouter et les lire, mais je ne les trouve pasiại Il m'a regardé assez tristement et m'a dit: « Écoutez, vous ne pouvez pas les écouter parce que ces musiques sont toutes mortes dans des boîtes en fer». Je n'ai d'abord pas compris ce qu'il voulait dire puis il a regarde en haut de sa bibliothéque, la où se trouvaient les boîtes en fer dont il venait de me parler et dans lesquelles étaient rangées toutes ses musiques qui même chose avec ma musique. Il fallait que je fasse des musiques qui soient distribuées et écoutées par les gens. Et vous, vous n'avez pas eu trop de boîtes en fer ? Non, je n'en ai pas eu beaucoup, beaucoup moins que Wiéner. Mais vous savez, on a toujours des musiques qui réussissent à s'imposer plus que «J'ai toujours considéré que la musique de cinéma ne doit pas être descriptive...» avaient été enregistrées. Elles n'avaient été ni diffusées, ni exploitées, ce qui faisait qu'elles n'étaient pas connues comme elles le méritaient. À partir de ce jour, je me suis dit qu'il ne fallait pas qu'il se passe la

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d'autres. Il y a des musiques que vous faites à une époque et qui n'arrivent pas à circuler. Puis, 50 ans plus tard, elles explosent d'une manière inatten49

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CINÉMA • due. Ça m'est arrivé il y a quelques années d'ailleurs avec la première musique que j'ai composée en Roumanie. Je l'ai employée dans un de mes premiers films en 1969 qui s'appelait Maldonne, de Sergio Gobbi. Mais il s'est avéré que ni la musique, ni le film, n'ont eu de succès. Elle est restée inconnue et ça a été une grande déception. J'ai cependant gardé l'espoir qu'un jour, justice soit faite pour cette musique qui le méritait bien. Votre espérance a-t-elle été récompensée ? Il semble bien, car, 60 ans plus tard, coup de théâtre ! Il y a quelques années, Max, mon ingénieur du son, m'a informé de manière anecdotique que beaucoup de mes musiques étaient systématiquement pillées par des artistes ou des groupes souvent très connus, qu'ils se les appropriaient en les signant carrément, sans gêne et sans aucune autorisation. Il m'explique alors que pour démêler ces situations parfois très complexes sur le plan juridique, il falcomplètement ignorés alors que mon œuvre est déposée à la SACEM depuis 1968. Mais Sir Robert Bryson Hall, alias Logic, a eu la circonstance atténuante de m'avoir adressé une lettre écrite d'une manière assez habile et drôle, ce qui m'a donné l'impression d'une certaine sincérité et m'a incité à ne pas le poursuivre en justice. Vous avez aussi fait preuve d'une grande d'humilité en n'ayant pas fait de recours en justice... L'humilité est une vertu importante et je tâche depuis toujours de la chérir. Voici en tous cas comment une action a priori incorrecte peut aboutir à un Happy End, et en l'occurrence à la renaissance d'une œuvre un peu oubliée. Je me suis entendu avec lui et on a fait un accord à l'amiable, car si après 60 ans la chanson a fait le succès qu'elle a fait, c'est aussi grâce à lui, parce qu'il a su l'apprécier et la promouvoir. Votre travail a été récompensé de nombreuses fois. De toutes vos œuvres, y en a-t-il certaines qui n'auraient pas reçu, à votre sens, les lauriers qu'elles auraient mérités ? Non, parce que ce qui est important pour moi, c'est d'écrire le thème, pas son succès. Son succès, il est là, il va venir un jour, ou pas, ce n'est pas important. « Mes musiques étaient systématiquement pillées par des artistes très connus...» lait dépenser beaucoup d'argent et de temps. Devant mon scepticisme, Max me dit qu'il y a dans le lot au moins trois enregistrements illicites détournés par des rappeurs célèbres aux États-Unis qui mériteraient qu'on s'en occupe. Et vous vous êtes occupé d'eux ? En quelque sorte. Dans le lot, un rappeur américain nommé Logic, avait enregistré et sorti cette musique, celle de Maldonne. Elle avait littéralement explosé dans le monde entier, un succès exceptionnel. La chanson Soul Food a été numéro 1 du Billboard, classé quatrième des charts américains et numéro 2 dans la catégorie Rap et R'n'b jusqu'en 2015, plus de 500 000 disques vendus et 74 millions de streams. Dans la liste des ayants droit figuraient cinq compositeurs, auteurs et éditeurs. Mais mon nom et celui de mon éditeur avaient été 50 Ce qui l'est, c'est d'écrire quelque chose qui soit beau, qui vous plaise et qui, à un moment donné, arrive à son terme qui est l'oreille du public. On fait de la musique pour les autres avant tout, pas pour soi-même uniquement. préciait mes musiques, mais personne n'imaginait qu'après tant de temps, elles deviendraient des classiques. Votre musique vous ressemble-t-elle ? La seule chose que je pourrais dire, c'est que j'ai toujours été sincère dans ce que je fais. J'ai essayé de faire une musique qui n'avait pas été faite auparavant par d'autres, qui a une personnalité, qui me représente et me ressemble d'une certaine façon. Avoir de la personnalité est très rare. Prenez l'exemple de Morricone. Lui et d'autres, quand ils écrivent une ligne mélodique, sont des gens que l'on reconnait immédiatement. Il n'y a que quelques compositeurs comme ça qui arrivent à exprimer leur personnalité dans la musique et c'est bien la chose la plus importante pour un compositeur. Aujourd'hui, à quoi ressemblent vos journées ? Quel regard portez-vous sur votre carrière ? Je n'ai jamais fonctionné en termes de carrière et je n'ai jamais été obnubilé par le succès de mes créations. J'ai commencé très modestement comme arrangeur. J'ai été pendant des années l'arrangeur de Michel Legrand que j'appréciais énormément comme beaucoup d'autres compositeurs de l'époque, et je n'ai jamais rêvé de prendre leur place. En arrivant en France, j'étais un immigré roumain et j'étais très content de pouvoir exister en faisant ce que je faisais. Le simple fait qu'on me donne du travail et qu'il soit apprécié me suffisait. Je ne rêvais jamais. Mais la vie a fait que les choses ont pris une ampleur de plus en plus grande. Quand j'ai commencé à faire ce métier, j'étais un compositeur qui faisait de petites comédies. Je n'étais pas pris très au sérieux. On apMes journées sont plus ou moins les mêmes depuis toujours. C'est-à-dire que je me réveille et que je commence à écrire de la musique tôt chaque matin. Que j'ai une commande particulière ou que je n'en ai pas, je noircis du papier jusqu'à 15 heures. Après, je passe à d'autres choses. Ma vie est construite autour de la musique que j'ai à faire et de mon métier de musicien. Je n'ai pas de vacances à proprement dit parce que je m'ennuierais beaucoup. J'aime cependant beaucoup nager et aller à la mer. Aura-t-on la chance d'entendre de nouvelles musiques dans un film à venir ? Eh bien, j'espère. J'ai composé la musique du dernier film de Christian Chauvaud, Les affaires sont les affaires, sorti au mois de janvier dernier. Pour ce qui est des films à venir, je n'en parle pas. Vous savez, quand on fait une musique, il faut d'abord qu'elle soit acceptée par le metteur en scène, par la production, etc. Ainsi, je ne donne pas les noms des choses qui sont en cours parce qu'il est possible que la musique ne soit pas prise. Ça ne m'est pratiquement jamais arrivé, mais puisque ça peut arriver, je ne préfère rien dire. Les musiques, comme toutes les choses, voient le jour à l'heure venue...

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"L'HUMILITÉ EST UNE

Vertu Importante Et Je

Tâche Depuis Toujours

DE LA CHÉRIRẠồi

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SPORT NOVAK DJOKOVIC "GRANDIR DANS UNE

Ville Déchirée Par La

Guerre M'a Forgé.

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Quand Vous Vivez Les

Bombardements, Vous

Apprenez À Résister À

CE QUE LA VIE RÉSERVE."

David Walsh:

Bonjour Novak. Tu détiens le record du nombre de tournois du Grand Chelem, mais le public n'est pas toujours tendre avec toi...

Novak Djokovic:

C'est sûr que c'est plus agréable quand la foule est derrière toi. Ça donne de l'énergie, comme un coup de vent dans les voiles d'un bateau. Ça facilite le jeu. Mais tu as raison, la vérité, c'est que je ne suis pas le joueur qui bénéficie le plus du soutien du public. On a pu le voir quand Federer ou Nadal étaient de l'autre côté du filet. C'est toujours eux que le public a soutenus face à moi. Alors que tu as le meilleur palmarès aujourd'hui. Comment expliques-tu ça ? Federer et Nadal sont arrivés avant moi sur le circuit. Ils avaient leur place au centre de la scène, ils étaient plus populaires. Moi, j'étais l'intrus de Serbie. Tu penses que cette impopularité, comparée à eux, a joué sur tes performances ? Dans beaucoup de matches, j'avais le public contre moi et donc j'ai dû trouver un moyen de m'épanouir sur les cours malgré ça. Je n'y suis pas toujours parvenu, mais j'ai l'impression d'avoir appris à gérer ça. Tu as souvent montré une grande nervosité durant les matches... Oui, je n'arrive pas toujours à garder mon calme. J'ai cassé des raquettes, j'ai fait des choses dont je ne suis pas fier. Je n'ai aucun problème à dire que j'ai fait des erreurs. Je suis un être humain imparfait, sans aucun doute. En même temps, avec le temps, j'ai essayé de ne pas être trop dur avec moi-meme, comme je l'ai ete plus tot dans ma carrière. J'étais mon plus grand critique. Avec l'âge, tu es devenu plus tolérant envers toi-même ? Aujourd'hui, je fais preuve de plus de tolérance envers moi-même. Je cherche des moyens de m'améliorer,

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non seulement avec mon jeu, mais aussi avec ma mentalité et mon état émotionnel. Je cherche la formule qui me maintient dans un état d'esprit optimal, même si je ne pense pas qu'elle existe. Il y a des mauvais jours où toutes les choses négatives s'enchaînent: tu joues sous 40 degrés, tu as du mal contre un adversaire que tu es censé battre, la foule est contre toi, le matin, tu as eu une dispute avec ta femme qui t'affecte au moment où tu as du mal sur le terrain, et c'est là que tu perds tes nerfs... Te sentir aimé, c'est important pour toi ? Est-ce que je veux être aimé? Je pense qu'au début de ma carrière, j'ai vraiment essayé d'être, comment dire, un peu plus connecté avec le public, en particulier dans les tournois où les gens aimaient davantage Federer, Nadal, ou même Andy Murray. Mais en même temps, j'ai compris qu'il y avait plusieurs facteurs qui feraient que je n'aurais pas les faveurs du public face à ces joueurslà. Alors je me suis demandé: est-ce que je continue d'essayer de conquérir les foules ou est-ce que j'accepte et je passe à autre chose? En restant moi-même, authentique, que les gens m'aiment ou pas. Alors oui, il y a des gens qui ne m'aiment pas, ou qui ne me trouvent peut-être pas assez attrayant en termes de personnalité ou de caractère. Mais tant pis. Au final, le plus important n'est pas qu'on m'aime, mais de rester moi-même. Et c'est quoi, être toi-même ? Il y a des valeurs universelles qui sont extrêmement importantes pour moi et que je ne veux pas violer. Le respect de mes adversaires en fait partie. Je suis parfois énervé sur le terrain, mais n'ai jamais dit publiquement d'insultes à leur sujet. J'ai toujours voulu être juste, même si j'aurais pu dire des choses à plusieurs reprises. Tu as connu le succès assez jeune. C'est difficile de garder la tête sur les épaules ? Quand on est jeune, on n'a aucune Le joueur de tennis le plus titré de tous les temps se confie dans une interview exceptionnelle... Propos recueillis par David Walsh Hôtel Atlantis The Royal, Dubaï. J'ai rendez-vous avec Novak Djokovic. Numéro un mondial de tennis et joueur le plus titré de tous les temps, le Serbe n'a pas toujours eu la même cote de popularité que ses éternels rivaux, Roger Federer et Rafael Nadal. Alors qu'il termine une séance d'entraînement, durant laquelle il a eu le regard noir et concentré, «Djoko» enfile un nouveau haut. Comme par magie, il se transforme. Désormais souriant et détendu, le tenant du titre de RolandGarros se dirige vers moi, d'humeur à se confier comme rarement auparavant... STI Novak Djokovic lors de sa victoire à Roland-Garros le 11 juin 2023, recevant son trophée des mains de Yannick Noah. expérience de la vie. Le succès est venu assez tôt pour moi. À 20 ans, j'ai battu Federer en demi-finale de l'Open d'Australie 2008, puis j'ai remporté mon premier titre du Grand Chelem par mon arrivée. C'était bien pour moi, mais je devais en quelque sorte jouer, grandir et apprendre en même temps. Heureusement, j'étais entouré ạJ'ai cassé des raquettes, j'ai fait des choses dont je ne suis pas fier. Je n'ai aucun problème à dire que j'ai fait des erreurs.» en battant Jo-Wilfried Tsonga en finale. À eux deux, Federer et Nadal avaient remporté les 11 précédents tournois du Grand Chelem, mais leur domination était désormais remise en question de gens qui m'ont beaucoup soutenu et qui ont essayé de m'aider, même si en fin de compte, j'ai dû évoluer par moi-même. • 53

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SPORT • Lors de tes premières années, tu imitais tes adversaires, tels que Federer, Nadal, Andy Roddick, Lleyton Hewitt ou encore Maria Sharapova. Certains ont pris ça pour un manque de respect, d'autres ont beaucoup rigole... Ce n'était pas un manque de respect, au contraire. Ces grands joueurs font partie de moi. Je fais des imitations depuis l'âge de six ans. J'ai toujours voulu incarner des joueurs que j'admirais, notamment chez les hommes. J'ai essayé de prendre le meilleur cliché ou une certaine caractéristique qui leur est propre et de jouer avec ça. C'est là que ça a commencé et j'ai continué une fois devenu professionnel et connu. Les gens pensaient que je faisais ça parce que je voulais être aimé. Ce n'était pas le cas. Je l'ai fait parce que j'aimais le faire. Mais tu as arrêté... Oui, à un moment donné, j'ai arrêté parce que je voulais avoir de bonnes relations avec mes rivaux et ne pas avoir l'air de leur manquer de resparents. Elle leur a dit qu'ils avaient un « zlatno deteiại un enfant en or. De mon côté, j'avais préparé mon sac, avec mes affaires bien pliées, une bouteille d'eau et des bananes. Je savais à ce moment-là que je voulais être joueur professionnel. Tout a commencé comme ça. Pendant la pandémie de Covid-19, ton choix de ne pas te faire vacciner a fait beaucoup parler. Le gouvernement australien est même intervenu pour te renvoyer chez toi, disant que ta présence en Australie risquait d'inciter à des troubles civils. Comment as-tu vécu cet épisode ? Tu sais, j'ai vécu bien pire dans ma vie, en particulier au début des années 1990, lorsque nous subissions la guerre, les bombardements et tout ce qui se passait. Les avions de l'OTAN ont frappé pour la première fois ma ville natale, Belgrade, en mars 1999. J'avais 11 ans. Les bombardements ont duré 78 nuits consécutives. Avec ma famille, je dormais dans l'abri souterrain de ma tante. Cette époque t'a traumatisé ? Pendant les bombardements, le sentiment d'impuissance dominait nos vies. Nous ne pouvions rien faire d'autre que de nous asseoir, d'attendre, d'espérer et de prier. Habituelle«J'avais 11 ans. Les bombardements ont duré 78 nuits consécutives. Avec ma famille, je dormais dans l'abri souterrain de ma tanteạồẠồ pect... J'ai remarqué que certains me regardaient bizarrement. Je me suis dit: «OK, je vais arrêter d'imiter mes adversaires, car je ne veux pas les énerver.» Tu te souviens de tes débuts ? Oui. C'était l'été 1993. J'avais 6 ans. Ma famille passait du temps à Kopaonik, une station de montagne du sud de la Serbie. J'ai été attiré par les courts de tennis qui venaient d'être construits. Je regardais les gens jouer au tennis. Jelena Gencic, une grande entraîneuse, a remarqué que je passais des heures à regarder les autres jouer. Elle m'a proposé de jouer à mon tour. Deux jours plus tard, Gencic a tenu à parler avec mes 54 parents, qui ont sacrifié des sommes incroyables... En janvier 2022, tu as été retenu cinq jours au Park Hotel de Melbourne pour être entré en Australie sans étre vacciné, ce qui était interdit. Comment as-tu véci cet épisode ? Tu sais, il y avait des demandeurs d'asile dans l'hôtel qui attendaient depuis des années que leur demande soit examinée. Ça fait relativiser. J'ai entendu parler d'un un homme qui s'appelait Mehdi, un Iranien de 24 ans qui était arrivé en bateau neuf ans plus tôt! J'aimerais vraiment le rencontrer un jour. Il est maintenant citoyen américain et je sens que nous partageons un lien, même si nous ne nous sommes jamais rencontrés. Ces jours ont été extrêmement précieux pour mon expérience de vie. À cause de la manière dont cela a été rapporté dans les médias, beaucoup de gens pensent que je suis entré illégalement en Australie de façon volontaire et que j'ai été expulsé parce que je n'étais pas vacciné. Je veux dire ce qui s'est réellement passé. ment, les ennemis attaquaient pendant la nuit. Vous ne voyez rien, mais vous devinez ce qui se passe. Vous attendez et attendez, vous vous endormez, et puis le bruit horrible vous réveille. Vingt-cinq ans plus tard, les bruits forts peuvent encore m'affecter. Mais je sais aussi que grandir dans une ville déchirée par la guerre m'a forgé. Quand vous vivez les bombardements, vous apprenez à résister à ce que la vie réserve. Lorsque vous êtes dans un environnement où vous devez développer certaines compétences pour survivre, tout le reste devient facile. Si j'ai survécu à ce à quoi j'ai survécu, je peux tout faire. Ce n'est pas de l'arrogance ou de la prétention, c'est juste cette audace, cette foi. Je voulais vraiment faire quelque chose de précieux de ma vie. Dieu m'a donné une seconde chance et je voulais en profiter au maximum, Et quelle est ta version des faits ? Ce n'est pas vrai que je suis entré de force en Australie ou que je n'avais pas les bons papiers pour entrer. Au contraire, j'avais les papiers et une exemption médicale qui m'avait été accordée par une commission médicale indépendante. Ce que les médias n'ont pas dit, c'est qu'il y avait deux personnes, une joueuse (Renata Voracova, joueuse tchèque, Ndlr.) et un entraîneur masculin (Filip Serdarusic, entraîneur croate, Ndlr.) qui étaient tous deux entrés dans le pays avec la même exemption médicale que moi. Et que eux n'ont pas eu de problème au début. C'est quand j'ai été arrêté que les problèmes ont commencé pour eux. Au bout d'un jour ou deux, ils ont finalement été expulsés. Je ne serais jamais allé en Australie si j'avais su que je n'avais pas le droit d'y être. Je ne suis pas fou. en signe de gratitude envers la vie, Dieu et mes

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"FEDERER ET NADAL SONT

Arrivés Avant Moi Sur Le

Circuit. Ils Étaient Plus

Populaires. Moi, J'étais

L'INTRUS DE SERBIE."

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SPORT "JE VOULAIS FAIRE QUELQUE

Chose De Précieux De Ma

Vie. Dieu M'a Donné Une

Seconde Chance Et Je

VOULAIS EN PROFITER."

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discret sur ton ressenti...

Que penses-tu des gens qui te traitent d'antivax ?

Les gens pensent que je suis antivax.

Je ne suis pas antivax. Je suis pour la liberté de choisir ce qui entre dans ton corps. J'ai décidé de ne pas me faire vacciner et cela m'a empêché de jouer en Amérique pendant deux ans. J'ai accepté cela. J'ai fait une interview avec Amol Rajan de la BBC, et on m'a demandé si j'étais prêt à sacrifier la chance de battre le nombre de victoires en tournoi du Grand Chelem et donc d'entrer dans les mémoires comme étant sans doute le plus grand joueur de tous les temps. J'ai répondu que oui, que j'étais prêt à ce sacrifice. Finalement, la pandémie s'est arrêtée et j'ai battu le record du nombre de tournois du Grand Chelem... Tu as en effet battu les record de Federer et Nadal. À ce sujet, ils considéraient qu'il n'y avait pas de place pour trois dans une rivalité... Tu partages cet avis ? Oui, il n'y avait pas de place pour trois ! (Rires) Ils ont raison. Les rivalités les plus célèbres du sport, c'est toujours deux personnes, pas trois. Dans le football, c'était Ronaldo ou Messi. Donc je comprends ce qu'ils voulaient dire, et c'est probablement l'une des raisons pour lesquelles j'étais un peu mis à l'écart. Je ne viens pas d'un pays occidental, et je n'avais pas peur de dire que je voulais battre ces gars-là, être le numéro 1. J'ai affiché mes ambitions quand j'étais adolescent, et je pense que beaucoup de gens n'ont pas aimé ça, y compris Federer et Nadal. J'ai donc tout de suite été mis à l'écart et beaucoup jugé. Je n'étais pas aussi apprécié qu'eux. C'était sans doute dû à mon attitude. Je disais que je serais le meilleur. Je savais qu'en disant cela, je serais clivant. Un groupe de personnes dira: « J'aime la confiance en soi!» D'autres penseront: « Regardez ce connard arrogant! » C'est comme ça ... C'est rare de t'entendre parler de ces choses-là. Tu es en général assez Oui, mais je tenais à partager un peu de ma personnalité, dire qui je suis vraiment, ce que je représente, parce que j'ai l'impression que beaucoup de choses à mon sujet ont été mal comprises ou mal interprétées... C'est peu évoqué dans les médias, mais tu es très concerné par le sort des joueurs de tennis. Tu as même fondé la PTPA (Association des joueurs de tennis professionnel). Selon toi, ils ne sont pas assez à bien gagner leur vie? Oui. Le tennis est classé troisième en termes d'audience mondiale (derrière le football et basket-ball, Ndlr.), mais il est neuvième dans la manière dont il maximise son potentiel. Nous n'avons que 400 personnes sur cette planete, hommes et femmes, en simple et en double, qui vivent de ce sport. C'est vraiment peu, et je sens que c'est ma vocation, ma mission d'améliorer cela. je disais que ma carrière se terminerait à 32 ans. Maintenant, je veux dépasser 40 ans. En juillet 2023, en finale de Wimbledon, tu t'es fait battre par Carlos Alcaraz, qui incarne la nouvelle génération. Ce genre de défaite, contre un jeune qui monte, ça fait mal à l'ego ? Non. Normalement, ce genre de matches, comme la finale de Wimbledon, éveille quelque chose en moi. Ils alimentent mon désir de réussir encore plus. Les grosses défaites sont pour moi comme un signal d'alarme, un tremplin : «OK, maintenant je vais sauter encore plus haut. Je vais faire encore mieux ce que je fais. » Regarde ce qui s'est passé après cette défaite à Wim«Je ne suis pas antivax. Je suis pour la liberté de choisir ce qui entre dans ton corps.» Et quels sont les moyens d'y parvenir ? Un exemple : les sociétés de paris sont désormais impliquées dans les tournois. Je ne veux pas voir des joueurs faire de la publicité pour des sociétés de paris. Je ne veux pas que mes enfants grandissent dans un environnement qui compte plus de boutiques de paris que d'écoles, mais si les tournois reçoivent cet argent, 50% des revenus devraient revenir aux joueurs. Pour le moment, nous obtenons zéro. Si nous obtenons cet argent, je veux qu'il aille aux joueurs, en particulier les moins bien classés. Moi, je n'ai pas besoin de cet argent. J'en Tu as 36 ans (37 ans le 27 mai, Ndlr.), Tu comptes jouer encore combien d'années ? Je ne me fixe pas de limites. La société vous impose des limites et considère qu'après 30 ans, vous êtes trop vieux. Je ne partage pas cet avis. Tant que je suis en forme et que je reste motivé, je peux continuer à jouer. Pour moi, la retraite sera une décision liée davantage au côté mental et émotionnel plutôt qu'au physique. Est-ce que je m'attendais à 36 ans à gagner trois tournois du Grand Chelem sur quatre ? Non. Quelqu'un a posté une interview de moi qui date d'il y a dix ans et dans laquelle bledon: j'ai gagné tous les tournois auxquels j'ai joué. Dans une certaine mesure, on pourrait dire que j'étais heureux de perdre cette finale de Wimbledon, car cela m'a permis d'avancer. Et puis Alcaraz est un joueur vraiment unique. Je n'ai joué contre personne comme lui. J'avais évidemment Federer et Nadal, ce sont tous des types de joueurs différents, mais Alcaraz semble tellement mature pour un si jeune garçon... Il est très impressionnant. N'as-tu pas l'impression que jouer contre un jeune joueur, c'est un peu comme un homme plus âgé qui découvre une nouvelle jeunesse ou une nouvelle énergie en sortant avec une femme plus jeune ? (Rires) Je ne pense pas que Carlos va tellement aimer cette comparaison! Il ne va pas du tout aimer ça, mais nous avons une bonne relation, alors je vais lui dire. Chambrez-le avec ça. C'est drôle ! Donc pour répondre à ta question, dans une certaine mesure, oui... (Rires) 57

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HUMOUR REDOUANE BOUGHERABA "À PARIS, ILS ONT

Célébré Belmondo,

À Lyon, Paul Bocuse.

Et À Marseille,

REDOUANE BOUGHERABA." 58

Thibaud Vezirian:

Redouane, tu seras le samedi 22 juin au milieu de l'Orange Vélodrome, pour une représentation unique de ton spectacle. Un rêve de gosse ?

Redouane Bougheraba:

C'est exceptionnel! À Marseille, ma ville, réunir tous ces gens... J'ai fait une réunion aujourd'hui avec la production, on a 27 000 billets vendus. On devrait être à plus de 30 000 quand le magazine va sortir. Et on table sur 40 à 50 000 spectateurs. Je pensais pouvoir faire venir tous ces gens en deux ou trois ans de spectacle, mais pas en un soir. Beaucoup t'ont déjà vu en tournée, sachant qu'avant l'Orange Vélodrome, tu auras déjà rempli l'Accor Arena (Paris) deux fois et la LDLC Arena (Lyon). Marseille sera un show unique ? Plus de 350 000 spectateurs sont déjà venus sur la tournée. Donc oui, à Marseille, ce sera un nouveau spectacle. Il va y avoir des guests, ça va être un événement unique et historique. Pour faire un stade, tenir les gens, il faut vraiment réaliser un spectacle visuel. Avec beaucoup d'émotions. Il y aura toute ma famille et aussi toute la famille artistique. On va faire un truc de malade! De grande envergure. À la maison, avec des invités marseillais, voire internationaux. Je ne peux pas en dire plus, mais il va y avoir de la musique aussi. On va essayer de choquer les gens ! Coachella, tu connais ? Mais à Marseille ! Tu as pris une ampleur énorme sur les réseaux sociaux et dans l'univers médiatique. Sur scène, ça paraît très sportif. Tu as une préparation spécifique? Tu as embauché un staff? mental? Préparateur physique, Comme un footballeur... Je reviens d'Inde, pour le tournage d'un film. J'allais tous les jours à la salle de sport. Je fais attention à la nutrition. J'ai perdu 8 kilos! J'essaie d'arriver fit pour cet événement, comme un grand match. Je me prépare comme une finale de la Cham-

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pions League ou un match de la Coupe du Monde. Je te jure, je me dis qu'il faut que je sois au top physiquement et psychologiquement. Mais ça va, j'ai plein de potes coachs, je connais plein d'anciens pros, plein de gars qui me suivent et m'envoient de la force, des conseils. L'Orange Vélodrome, c'est un gros événement, on ne va pas se rater. Tu ne peux pas arriver en surpoids. C'est une finale. Une finale, ça se gagne... Il faut qu'on mette l'impact physique. Après, je sais que les blagues seront là, le spectacle va être rôdé, il va être exceptionnel. Mais on ne laisse rien au hasard. On ne laisse rien passer. Je dois arriver physiquement au top. Justement, tu fais très attention à tout ça. Je te connais aussi un petit peu sur les terrains de foot. Tu as commencé le sport à quel âge ? J'ai commencé en Montredon-Bonneveine, un club à Marseille. Toifilou Maoulida (ex-attaquant de l'OM, Ndlr.) jouait là-bas. Depuis tout petit, je joue au ballon. J'ai toujours joué au foot, aussi longtemps que je me souvienne. Les parties interminables au quartier, avec un ballon, à 24 contre 27, du lever du soleil au coucher du soleil. Le match, il se finissait quand le propriétaire du ballon le récupère ou que le soleil se couche! Je vis un rêve, je jouais encore dernièrement avec le Variétés, Eden Hazard (exinternational belge, passé par Lille, Chelsea et le Real Madrid, Ndlr.) me fait une passe décisive ! C'est quoi ton poste ? Mon vrai poste, c'est milieu de terrain ou attaquant. Je joue devant, j'ai le sens du but. Je vis une deuxième carrière. Je suis meilleur maintenant qu'à l'époque. Avec plus de confiance, on ne s'en rend pas compte ce qu'on peut faire. Tu sais, quand tu n'as pas de stress, en confiance et que tu joues avec des super pros, c'est facile. Tu joues avec Robert Pires, tu joues avec Eden Hazard, t'as Samir Nasri, tu n'as rien à faire, tu mets que le plat du pied ! L'été dernier, je jouais Humoriste star du moment, Redouane Bougheraba nous parle de son incroyable succès Interview réalisée par Thibaud Vézirian Ça passe ou ça clash. Avec Redouane Bougheraba, il faut suivre le rythme. Un rythme d'humoriste actuellement numéro 1 en France. Plus de 1,4 million d'abonnés sur Instagram, des vidéos qui totalisent plusieurs millions de vues, des salles pleines... Un engouement rare pour un artiste français. Pour Entrevue, le Marseillais revendiqué se livre au cours d'une interview, quelques minutes après être sorti de scène... Le tifo des supporters marseillais en l'honneur de Redouane Bougheraba, lors du match OM-PSG au stade Orange Velodrome, le 31 mars 2024 avec Zizou, il m'a fait marquer pour mon anniversaire... (Grand sourire) Il m'a fait marquer ! Tu sembles vivre ta meilleure vie... Je vis ma meilleure vie. Ma femme, elle me dit: «Je ne me suis pas mise avec un joueur de foot.» J'ai fait tellement de matchs entre les matchs des héros de l'UNICEF et le Varietés Club de France... joué arrière-droite, arrière-gauche, à tous les postes avec lui. À un moment, j'ai provoqué un pénalty contre nous à Lens. Il m'a crié dessus comme si j'étais un pro ! (Rires ) Il m'a dit que je gardais le ballon dans la poche, que je ne jouais pas avec lui! J'ai répondu: «Je suis humoriste, pas footballeur!» Non, ça ạiỗL'été dernier, je jouais avec Zizou, il m'a fait marquer pour mon anniversaire... » Je rentre chez moi, courbaturé... Là, je joue le 14 mai pour les 100 ans de Chaban-Delmas, avec Zizou, Marouane Chamakh, Yoann Gourcuff, Laurent Blanc. C'est déjà complet. Quoique tu fasses, tu ne peux pas t'empêcher de chambrer ? Arrête, j'ai fait un match avec Laurent Blanc. J'ai ne lui convenait pas comme réponse. Il m'a crié dessus. J'adore, je me régale. Mais justement, ton côté chambreur. Quand tu vas à Bordeaux, à Paris, tu as une forte étiquette marseillaise. Ça te joue des tours ? Pas du tout. On rigole toujours, 59

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HUMOUR • on chambre tout le monde, on se fait chambrer. C'est bon enfant, il n'y a pas une once de méchanceté. On rigole de tout. C'est de l'humour, les gens sont super contents, ils adhèrent. Partout où je vais, on est super bien accueillis, que ce soit à Calais, Bordeaux, Lille, Paris, pareil. Mettons les choses au clair vis-à-vis de l'Olympique de Marseille. C'est vrai que tu es membre de ce grand groupe de supporters que sont les South Winners depuis petit ? Oui, j'en fait partie. Depuis que je suis ne, je suis marseillais. Oui, ils m'ont rendu hommage lors du match OMPSG, le 31 mars, puis lors d'OM-Nice, le 24 avril. Avant la rencontre, ils ont sorti un tifo gigantesque, c'est du jamais vu. Ils ont été payés pour faire la promotion de ton spectacle ? Comment ça s'est passé ? On a pu lire beaucoup de choses sur mon tifo lors d'OM-PSG. Ce sont des touche. Je suis le seul à jouer en survét' de l'OM, pas de Manchester United. Je représente Marseille. Ils sont fiers. Un joueur, un président, il est simplement de passage dans un club. Pas moi. J'étais là avant, je serai là après. Ils ont voulu célébrer un enfant de Marseille. Et voilà, après, il y en a qui ne comprennent pas, ils ne peuvent pas comprendre. À Paris, ils ont célébré Belmondo, à Lyon, Paul Bocuse. Et à Marseille, Redouane Bougheraba. Fact checking: certains avancent qu'en tant que diffuseur, Amazon aurait financé la confection de ce tifo pour la promotion de ton spectacle. Est-ce vrai ? C'est impossible. Amazon, ils ont achete mon premier spectacle, pas celui-là. Ils ne vont pas promotionner un spectacle qui n'est vendu à personne. Ceux qui ont sorti ces bêtises se sont excusés. Si Amazon a fait un chèque, il y a bien un virement, c'est facile de vérifier. Je veux le virement d'Amazon, la sacoche, le liquide? Comment ça se passe ? Il y a du monde qui a voulu surfer sur la banderole parce que le résultat n'était pas là. Le vrai problème, c'est qu'on ne doit pas perdre à 11 contre 10, contre cette équipe du PSG. «On a pu lire beaucoup de choses sur mon tifo lors d'OM-PSG. Ce sont des conneries.» conneries. Quand on est connu, forcément, il y a des bêtises qui sortent. Je vais t'expliquer. Moi, je suis marseillais. Et tu n'as pas beaucoup de Marseillais qui ont fait des déplacements pour des matchs avec les supporters. Que ce soit les Winners, les Yankees, les Dodgers, les gens te le diront : « Oui, Redouane, on l'a vu avec des bombers orange, il fait partie des Winnersồ En 1999, on a été à Chelsea. But de Dennis Wise. Il y avait Robert Pires, on perd 1-0 de l'autre côté de la Manche. Je me souviens aussi, on a perdu au Mans 3-0. Les longues heures dans des cars, c'est du vécu. Ce tifo, c'est donc un simple geste d'amour envers toi ? De voir un Marseillais supporter de Marseille, devenir humoriste qui cartonne internationalement, ça les 60 Quand tu vois le bazar des réseaux sociaux aujourd'hui, la désinformation, tu fais très attention à ton image ? le Vélodrome, je ne t'en parle même pas. Le tifo et le Vélodrome, le 22 juin, c'est la cerise sur le pompon. Le stade de mes rêves ! J'étais en Inde, je viens de rentrer, j'ai tourné mon premier long-métrage. Je l'ai coécrit et c'est mon frère qui co-réalise. Le film va sortir en mars 2025, il s'appelle Délocalisé. C'est l'histoire d'un ouvrier français qui bosse dans une usine de matelas. Son usine est délocalisée en Inde. Il est parachuté la-bas, mais pense qu'il va toucher son salaire de cadre français, 5 000 euros. Sauf que le salaire est indexé en roupies, c'est la descente aux enfers. Il doit sauver son couple. Je joue ce rôle. Avec Vanessa Guy et dans le rôle de la belle-mère Josiane Balasko. C'est mon premier 'premier rôle' au cinéma, avec toujours des clins d'œil au football. C'est mieux une carrière de footballeur ou celle de comédien ? Je ne changerais pas ma vie même si plein de gens te disent qu'ils auraient préféré faire une carrière de footballeur. Une carrière de footballeur, c'est 10, 15 ans pour les meilleurs. Il y a des mecs qui ont pris leur retraite à 30 piges, 32 piges, alors qu'acteur, tu peux aller jusqu'à 50, 60 ans. Tant que tu peux parler, tu peux aller sur scene. Tu as encore des rêves ? Il faut faire attention à ce qu'on dit. Mais après, j'ai arrêté de trop suivre... Avec les intelligences artificielles, les fake news, les escrocs, les brouteurs, on n'en finit pas. Ils sortent des fausses vidéos artificielles, où je dis « avec 250 euros, tu peux devenir millionnaire. » Je n'ai jamais dit ça et tu reçois tellement de messages de gens qui y croient. Même moi, j'ai voulu me faire arnaquer par moi-même ! Alors que je suis au courant que c'est une arnaque, c'est trop bien fait. Donc, on fait un maximum attention à son image pour ne pas que ça déborde, mais il y a toujours des gens qui vont nous faire dire des choses qu'on n'a pas dites, des phrases sorties de leur contexte. Après l'Orange Vélodrome, qu'est-ce que tu peux faire de mieux ? Tu prends ta retraite ? Déjà, je te dis la vérité, avec le tifo au stade à Je suis allé au-delà de mes rêves. À aucun moment de ma vie, je n'aurais rêvé de faire le Vélodrome. Devenir footballeur, c'est déjà un sur un million. Mais en tant qu'artiste, tu sais qui fait le Vélodrome cette année? Bruce Springsteen et Rammstein. On est trois à le faire cette année, c'est ouf Je suis le premier humoriste à faire le Vélodrome, c'est exceptionnel. C'est unique. Les mecs te demandent si tu rêves d'avoir un Oscar, un César... Non, moi, je voulais une banderole! Et ils me l'ont faite. Être un petit peu un modèle pour des jeunes, ça me réchauffe le cœur. Soyez ponctuel et bossez. Si tu rates le train, tu ne peux pas arriver à destination. • Marseille, je pouvais prendre ma retraite. Alors,

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"JE SUIS ALLÉ AU-

Delà De Mes Rêves.

À Aucun Moment De

Ma Vie, Je N'aurais

Rêvé De Faire Le

VÉLODROME."

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TÉLÉVISION ÉRIC NAULLEAU "MA GAUCHE EST CELLE

De Camus, D'orwell Et

DE MICHEL ONFRAY." "J'AVAIS DU RESPECT

Pour Mélenchon. Il

Ne M'inspire Plus

Qu'un Immense

Dégoût Et La Volonté

DE LE COMBATTRE." 62

Radouan Kourak:

Vous publiez La République c'était lui! C'est un livre d'inquiétude pour la gauche et la France ou un livre de colère contre Mélenchon ?

Éric Naulleau:

Un livre de colère et d'inquiétude. De colère contre Jean-Luc Mélenchon qui a trahi tous ses idéaux, renié toutes ses convictions, dans l'espoir de faire le plein de voix dans les quartiers islamisés, qui a détruit la gauche pour la remplacer par une hideuse caricature, celle de l'islamo-gauchisme. De grande inquiétude pour la France, car après avoir détruit la gauche, Jean-Luc Mélenchon veut à présent détruire la République et la France. Vous écrivez grandeur et déchéance du camarade Mélenchon, l'usage du mot «camarade» indique qu'il a été votre camarade. Mélenchon, c'était votre gauche ? Il y a eu de la grandeur chez Jean-Luc Mélenchon, du temps très proche où il clamait haut et fort ses convictions républicaines et laïques. Je me reconnaissais dans cette ligne, dans ces principes. J'avais du respect pour Mélenchon. Il ne m'inspire plus qu'un immense dégoût et la volonté de le combattre. C'est quoi votre premier souvenir de Mélenchon ? Je crois qu'il s'agit d'une interview dans laquelle il explique qu'il faut à tout prix voter pour le traité de Maastricht, que de ne pas le faire serait ne rien comprendre au sens de l'Histoire. Il est depuis devenu tout aussi farouchement anti-Européen. Jean-Luc Mélenchon est natif du signe de la Girouette. Pourquoi êtes-vous de gauche et quelle est votre gauche ? Ma gauche est celle de Camus, d'Orwell et de Michel Onfray. De tous ces hommes de gauche authentiques, l'honneur de leur camp idéologique, insultés et diffamés par la gauche indigne. Une gauche sociale, républicaine, et antitotalitaire. Une gauche de l'ordre, car ce sont les plus faibles qui sont victimes du désordre. Une gauche de l'école répu-

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blicaine où l'on apprend aux gamins à lire et à écrire plutôt que de les initier au monde merveilleux des drag queens ou aux avantages de la transition de genre. Vous revendiquez être un homme de gauche, mais vous comprenez que certains vous classent à droite ou parfois même à la droite de la droite ? Je me reconnais dans certaines valeurs de gauche, mais davantage que d'un camp politique, je me reconnais d'un pays, la France. Mon parti, c'est celui de tous ceux qui partagent mon inquiétude existentielle à son sujet. Sa culture, sa civilisation, son existence même sont en danger, et ce danger a aujourd'hui le visage de Jean-Luc Mélenchon. Vous pensez que Jean-Luc Mélenchon est sincère, il croit et adhère à ce qu'il dit ou est-ce simplement par électoralisme ? Au départ, il s'agissait d'un cynisme chimiquement pur, la volonté délibérée du grand remplacement d'un électorat par un autre, des classes populaires par les immigrés, les minorités sexuelles et les progressistes. À force de mariner dans la démagogie électoraliste, il est possible qu'un peu d'auto-persuasion s'y soit mélangée. Mais quand j'entends Jean-Luc Mélenchon, coupable de plusieurs dérapages antisémites, se comparer aux personnes raflées au Vel d'Hiv après l'interdiction de l'un de ses meetings et faire d'un préfet de la République l'équivalent d'Adolf Eichmann, je me dis que le cynisme reste toutefois la composante principale. À moins qu'il ne faille envisager une piste psychiatrique. Quelle est selon vous la plus grande qualité de Mélenchon ? Sa capacité à abuser le peuple. Vous croyez qu'il peut être élu président de la République en 2027 ? Ce n'est pas son but. Il veut accéder au second tour contre Marine Le Pen, être battu et dès lors basculer dans une logique et une pratique insurrectionnelle, vivre durant 5 ans le grand fantasme révolutionnaire, celui de toute une partie de la gauche française, fascinée par la violence politique. Entretien avec l'un des plus beaux palmarès du sport féminin français... Interview réalisée par Radouan Kourak Il a formé pendant plus d'une décennie un duo TV iconique avec Eric Zemmour. Aujourd'hui, il dénonce sans filtre Mélenchon, la gauche, et le péril islamiste! Dans une interview coup de poing accordée à Entrevue, Éric Naulleau lève le voile sur son dernier ouvrage La République c'était lui ! publié aux Éditions Léo Scheer. Un récit d'amertume, de colère, mais aussi d'espoir. Découvrez ses confessions sur son ancien «camarade » Mélenchon, ses craintes pour la France et ses réflexions sur l'avenir politique du pays. Une plongée sans concession dans les méandres de la politique française. Vous décrivez une alliance entre « woke» et islamistes, mais ce sont presque des antonymes, comment une telle alliance est possible et sur quelle base ? roristes, puisqu'ils étaient musulmans, c'est-à-dire les nouveaux damnés de la Terre. On en est là. Alliance contre nature pour le moins, puisque les seconds ne révent que d'égorger les premiers - allez donc discuter avec des islamistes des LGBT+++. Un remake de ce qui est arrivé en Iran à la fin des années 70 où les communistes ont cru se servir des islamistes pour prendre le pouvoir et tirer ensuite Face à ce que vous dénoncez aujourd'hui, il vous arrive de penser à vous engager en politique comme l'a fait votre ex-complice Éric Zemmour ? Je suis régulièrement sollicité en ce sens, mais je crains d'un peu trop aimer «Un débat d'entre deux tours ZemmourNaulleau, ça aurait de la gueule!» les marrons du feu. On connaît la suite. Ce serait presque comique si ce n'était en vérité si tragique. Dans votre livre, vous revenez sur le refus des Insoumis de reconnaître le caractère terroriste des atrocités commises par le Hamas le 7 octobre. Comment cela reflète-t-il, selon vous, les attitudes plus larges de la gauche envers les questions de terrorisme et de sécurité nationale ? C'est beaucoup plus grave. L'antisémitisme est devenu pour Jean-Luc Mélenchon et sa clique l'outil principal de conquête du pouvoir. Les victimes du 7 octobre ne pouvaient à leurs yeux être des victimes puisqu'elles étaient juives. On a même vu certains représentants de la frange bobo de LFI descendre de leur bicyclette pour arracher les affiches des otages retenus à Gaza par les terroristes du Hamas. Les bourreaux du 7 octobre ne pouvaient selon eux être des bourreaux, et moins encore des termes livres et mes chats pour accepter de faire de la politique autrement que dans mes pamphlets. Et puis, précisément, j'ai vu ce que cela avait coûté à mon ami Éric Zemmour, jusqu'à sa vie privée jetée en pâture. Mais un débat d'entre deux tours Zemmour-Naulleau, ça aurait de la gueule ! • 63

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TÉLÉVISION JORDAN DE LUXE Jordan De Luxe À quoi tu sers ?

Confidences LEDUCA 64 "JE ME SUIS FAIT AVOIR

Par Un Acteur De M6 Qui

A Abusé De Moi. Je Ne

Peux Pas Nommer Cet

Épisode Tragique, Car

LE MOT ME FAIT PEUR."

Radouan Kourak:

Vous publiez À quoi tu sers ? aux éditions Leduc, mais ce livre ce sont vos mémoires ?

Jordan De Luxe:

Oui absolument, c'est un livre qui revient sur toute ma vie jusqu'à aujourd'hui, de mon enfance à mon émission, en passant par mon arrivée à Paris et par les périodes compliquées qu'un Breton peu traverser en débarquant dans la capitale. Le but de ce livre est de faire un tracée de ma vie en 304 pages. Vous avez 34 ans, habituellement on écrit ses mémoires à la fin de sa vie... Oui c'est vrai, mais c'est avant tout un livre d'espoir, il est plein d'espérance, car il raconte la vie d'un petit Breton avec pleins de difficultés qui monte à Paris et qui va s'en sortir Vous vous construit, avec les années, un vrai style avec un accessoire en particulier: le nœud papillon. Pourquoi? Je voulais un signe distinctif original, je me suis inspiré du style BCBG de Geneviève de Fontenay qui a beaucoup compté pour moi. Je voulais une différence notable en télé. Sur les plateaux, il y a habituellement deux styles d'hommes: ceux qui ont une cravate et ceux qui n'en ont pas. Et enfin, je voulais une tenue classe, je trouve qu'il n'y a rien de plus beau que les tenues de mariage ou du Festival de Cannes, dans lesquels les hommes ont souvent un nœud papillon. Aujourd'hui, les gens me reconnaissent grâce à ce nœud papillon. Vous aviez quelle relation avec Geneviève de Fontenay ? Nous étions très proches, je l'avais rencontrée à l'occasion de mon premier passage radio sur Europe 1 dans une émission de Laurent Baffie. Je pense qu'elle me considérait comme son neveu ou son filleul, elle m'a beaucoup aidé en me donnant des numéros de téléphone qui m'ont permis d'inviter dans mes émissions pas mal de monde. Geneviève de Fontenay était

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une personne très douce et tellement gentille...

Plus jeune, vous avez subi le harcèlement scolaire. Dans quelle mesure cela vous a forgé ou détruit ? Le harcèlement scolaire, ça vous bousille complètement jusqu'à ne plus avoir envie de vivre. On vous détruit complètement. Quand tous les jours, on vous répète que vous êtes une merde, que vous ne servez à rien, on se dit que la seule solution, c'est le suicide. On me tabassait, on me volait mes affaires, j'étais obligé de piquer de l'argent dans le sac de ma mère pour le donner à mes racketteurs. Je me posais une seule question à l'époque: Quand est-ce que tout ça va s'arrêter ? Je porte aujourd'hui encore des traces de cette époque, je suis par exemple incapable de manger seul, j'ai l'impression que l'on va me regarder et se moquer de moi comme c'était le cas lorsque j'étais enfant à la cantine. Le harcèlement détruit des vies surtout en milieu scolaire, vous dites avoir songé au suicide ? Oui, plusieurs fois, car on a seule envie, c'est que ça cesse. À quoi tu sers ?, le titre de ce livre, c'est une phrase que vous avez beaucoup entendue lorsque vous étiez harcelé ? Oui, on me posait cette question toutes les cinq minutes. Les autres m'avaient tellement fait comprendre que je ne servais à rien que je me posais moimême cette question. Le harcèlement est un travail minutieux de destruction de l'autre, c'est un formatage de l'être humain par le biais d'une meute qui ne cesse de vous emmerder. Le harcèlement est le sujet central du livre ? Oui, c'est le sujet central du livre, même si je reviens sur pas mal d'autres choses : mes rencontres avec des stars, mes expériences de vie... Mais si je fais de la télé aujourd'hui, c'est parce que j'ai été harcelé, j'ai un besoin d'exister aujourd'hui d'une autre manière que le commun des mortels. Animateur de Chez Jordan sur C8, Jordan De Luxe se livre dans une autobiographie Propos recueillis par Radouan Kourak Sa singularité et son authenticité l'ont conduit au succès : chaque matin, il mène sur C8 la danse des interviews dans Chez Jordan. Révélations, scandales, découvertes... Les personnalités se confient à Jordan De Luxe. Aujourd'hui, l'animateur au nœud papillon publie À quoi tu sers ?, une autobiographie où il se livre sur le harcèlement scolaire qu'il a subi. Dans cette interview franche accordée à Entrevue, il présente son œuvre et revient sur les bons comme sur les mauvais moments de sa carrière... lora Jordan dan On ne justifie jamais le harcèlement, mais vous pensez que c'est à cause de vos différences que vous avez était harcelé ? Je ne sais pas, je pense que je dois être quelqu'un de plutôt à part. Je ne suis pas une personne qui se défend, je crois qu'il y avait un peu de tout dans les causes : mes oreilles, mon physique, la condition simple de mes parents. Vous aviez envie d'être connu, mais que recherchiez-vous dans la célébrité : la reconnaissance, qui m'a sauvé. Un soir où je voulais en finir avec la vie, la télé s'est allumée et je suis tombé sur une émission très drôle avec Fabrice Luchini. Cette émission était suivie d'un reportage sur une personnalité qui s'était suicidée, avec des témoignages de proches qui étaient tellement tristes... J'ai eu un déclic, je me suis dit que je ne voulais pas faire de peine à ma famille. ạồạJ'étais obligé de piquer de l'argent dans le sac de ma mère pour le donner à mes racketteurs.» la notoriété, les paillettes, l'argent? Je ne sais pas vraiment, mais je ne retrouverai jamais la reconnaissance dont j'ai manqué étant plus jeune. En tout cas, c'est ma découverte de la télévision lorsque j'étais adolescent C 8 INEDIT Jorda La célébrité est conforme à ce que vous espériez? Avez-vous trouvé ce que vous veniez chercher ? Non, je n'ai pas trouvé ce que je venais chercher, parce qu'en fait, ce 65

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TÉLÉVISION • que je cherche, je ne le trouverai jamais. Je voulais simplement être respecté lorsque j'étais petit et ça a formé des failles très fortes qui me rongent profondément. mandent à censurer la séquence? Oui bien sûr, ça arrive parfois. Avec quel invité avez-vous eu la plus mauvaise expérience ? Être à la télévisons aujourd'hui, ça constitue pour vous davantage une vengeance ou une revanche ? Les deux. C'est une revanche, car c'est une fierté sur la vie et c'est une vengeance, parce que lorsque je me suis mis en tête de faire de la télé je me disais: «Ah, ils verront qu'un jour je serai quelqu'un et ils le regretterontạồạ Les mots sont forts, mais vous gardez éternellement de la haine pour les gens qui vous ont humilié. Vous allez répondre à votre question préférée, la question cash : on gagne combien quand on s'appelle Jordan De Luxe ? On gagne 4600€. Je gagne ma vie correctement même si je ne pense pas que ce soit un salaire exorbitant par son équipe m'a téléphoné le lendemain pour me menacer en m'expliquant qu'ils étaient amis avec le directeur de C8 et qu'ils allaient me faire virer. Qui rêvez-vous de recevoir dans votre émission ? Il y a trois personnalités que je veux recevoir : Mylène Farmer, Brigitte Macron et Christian Clavier. «Je suis heureux à la télé, mais l'autre partie de Jordan conserve toujours des failles de l'enfance et ce n'est pas facile tous les jours.» rapport à d'autres personnalités de la télévision. Parfois, je me dis je gagne trop pour un mec qui pose des questions, mais pour la télé, ce n'est pas énorme. Souvent, vos invités sont mal à l'aise avec cette question. Vous, Jordan, vous êtes plutôt l'aise avec l'argent ? En général, mes interviewés essaient d'être le plus honnête possible, mais beaucoup de mes invités n'ont pas été très honnêtes avec le fisc. Il est récurant qu'à la fin de l'émission, l'invité m'avoue qu'il n'a pas déclaré tous ses revenus, et il y a la peur d'un contrôle fiscal. D'ailleurs, je crois que mon émission a déclenché plusieurs contrôles fiscaux. Oui, je raconte en effet cet épisode de ma vie que mes parents ont découvert en lisant le livre: je me suis fait avoir par un acteur de M6 qui a abusé de moi. C'était le jour de ma rencontre avec Geneviève de Fontenay, il était trop tard pour que je rentre chez moi, je devais dormir chez une cousine et j'ai rencontré cet homme qui m'a proposé de dormir chez lui. J'étais jeune et naïf, c'est pour ça que j'ai accepté. J'ai des souvenirs très flous de cet épisode où il me propose un verre. Il a une bouteille à la main, il disparaît dans la cuisine avec le verre et la bouteille et revient avec mon verre plein. Je me suis ensuite réveillé le lendemain matin et il y avait un préservatif usagé sur la commode. C'est à ce momentlà que j'ai compris, mais je ne peux pas nommer cet épisode tragique, car le mot me fait peur. Un acteur connu ? Il y a des invités qui après avoir réOui, connu sur M6... pondu aux questions de salaire de66 Pour parvenir à vos fins, vous avez attendu des heures devant des stations de radio et des chaînes de télévision pour rencontrer des animateurs. Qui vous a aidé dans le milieu ? Avec Jean-Jacques Debout, le mari de Chantal Goya qui par ailleurs avait lui-même demandé à faire l'émission. Plusieurs questions l'avaient dérangé, dont une sur l'interdiction pour des personnalités de se rendre aux concerts de Chantal Goya, en référence à une déclaration de PierreJean Chalençon. Jean-Jacques Debout s'est montré très virulent à l'égard de Chalençon en Jean-Marc Morandini a été le premier a me mettre l'antenne et ensuite, il y a Cyril Hanouna qui m'a aussi aidé. Mes associés Pascal et Anatole ont également changé ma vie, ils m'ont permis de créer ma boîte de production et de pouvoir vendre mes émissions à C8. niant. C'est à ce moment que je lui ai dit que j'avais C8 a changé votre vie ? moi-même étais interdit d'accès au concert de Chantal Goya. J'ai pointé sa responsabilite, car j'avais des preuves que c'était lui directement qui faisait interdire de concert les journalistes. Très vexé, il a fait interdire la diffusion de l'émission et Oui totalement, ma vie a vraiment changé lorsque je suis arrivé sur C8. Cyril Hanouna m'a téléphoné un dimanche matin pour me demander si mon nœud papillon était prêt pour la rentrée sur C8. J'ai d'abord rigolé, car je ne comprenais pas. Cyril m'a ensuite expliqué que Franck Appietto, le président C8, allait me téléphoner, ce qui s'est avéré. Et en septembre 2022 je suis arrivé sur C8. Quel est le secret de votre succès ? Je n'ai rien inventé, mais je pense que le secret du succès de mon émission, c'est l'authenticité. Vous parlez dans votre livre d'une agression sexuelle dont vous auriez été victime... De quelle façon souhaitez-vous que votre livre impacte vos lecteurs ? Je veux qu'ils se disent que malgré tout ce qu'on peut vivre, tout arrive à qui sait attendre, il ne faut jamais lâcher. Il n'y a pas d'âge pour réussir, rien n'est figé dans le marbre. Le petit Jordan rêvait d'être connu, le grand Jordan est connu, comment voulez-vous que le vieux Jordan soit dans quelques années ? C'est une bonne question, j'ai l'impression que tout va s'arrêter demain, donc j'ai du mal à me projeter. Je crois qu'animer un jeu me plairait. Vous êtes heureux aujourd'hui ? Je suis heureux à la télé, mais l'autre partie de Jordan conserve toujours des failles de l'enfance et ce n'est pas facile tous les jours

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"BEAUCOUP DE MES INVITÉS

N'ont Pas Été Très

Honnêtes Avec Le Fisc.

Mon Émission A Déclenché

Plusieurs Contrôles

FISCAUXẠỊ

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SPORT NELSON MONFORT "LE PLUS DIFFICILE DANS LE

Métier De Commentateur,

C'est De Savoir Se Taire...

"DES ATHLÈTES VONT

Défendre Nos

Couleurs Aux Jo Et

Vivent Avec 2000€

Par Mois. Je Trouve

Ça Anormal...

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Marie Giancani:

Maître des interviews, qu'est-ce que cela vous fait quand les rôles sont inversés ?

Nelson Monfort:

Je réponds avec autant de sincérité que lorsque je pose les questions, donc même si les rôles sont inversés, ça ne me pose aucun problème ! Parlez-nous de votre métier justement... Il y a deux choses qui m'ont aidé dans mon métier: la culture générale et évidemment les langues étrangères. Je ne suis pas un journaliste sportif, je suis un journaliste curieux des belles choses de la vie, et surtout j'essaye d'être un passeur d'émotions. Quelle discipline vous donne le plus d'émotions ? Celle que je préfère regarder, et commenter, c'est le patinage artistique! C'est un sport que j'aime depuis toujours. Quel est le plus difficile quand on commente ? Cette réponse va sans doute vous amuser ou vous surprendre, mais elle est très sincère : le plus difficile dans le métier de commentateur, c'est de savoir se taire... Le public ne reprochera jamais à un commentateur de ne pas assez parler... Certains sportifs sont parfois timides devant un micro. Quel est le secret pour une interview réussie? Je pense qu'une interview peut être réussie ou ratée avant même la première question. Dans la manière d'accueillir et de faire sentir à l'interlocuteur qu'il est le bienvenu, je sais en général si ça va bien se passer. L'expérience emmagasinée fait le reste. Quel est votre meilleur souvenir ? Les JO de Londres en 2012, et en particulier le relais 4x100m messieurs. Avec le relais, on voit la force d'une nation. L'équipe de France remporte cette épreuve, ça a été un moment de

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grâce... Et quand les quatre relayeurs viennent me souffler « Tu es comme notre cinquième relayeur» après l'interview, je me suis dis que ce métier vaullait la peine d'être vécu. Et votre pire souvenir ? Mon pire souvenir? Mon interview de Maria Sharapova après sa victoire à Roland-Garros. Je m'approche d'elle pour faire l'interview et elle me dit: «Attendez, je dois mettre ma montre!» Je ne comprenais pas très bien, car seule sa tête était filmée, pas ses poignets. L'interview commence et là, je la vois qui commence à se gratter la téte, se gratter les cheveux, etc. Elle venait de mettre sa montre pour qu'elle se voie. Je trouve que c'est tellement non spontané et calculé. Je ne sais si c'est mon pire souvenir, mais ça illustre tout ce que je n'aime pas en matière de sport. Ce n'est pas très noble... Roland-Garros, c'est le tournoi qui a fait de vous une star ? Je dirais que ce tournoi est probablement l'événement qui fait le plus pour ma carrière. Je suis représentatif de ce tournoi, même si j'ai fait beaucoup d'autres choses! Depuis plus de 30 ans, il m'a permis de connaître tour à tour toutes les générations des plus grands joueurs de tennis de ce monde et d'avoir avec eux, je pense, une très belle complicité. J'ai coutume de dire parfois cette phrase: «L'été commence à Roland-Garros». Pour moi, c'est un tournoi talisman, un tournoi porte-bonheur. RolandGarros, c'est la France dans ce qu'elle a à offrir de meilleur. Un sujet est de plus en plus au cœur de l'actualité, à savoir le #MeToo dans le sport. Vous en pensez quoi ? Si c'est sans exagération, sans exploitation, ça fait évidemment beaucoup de bien. Le problème, c'est que tout se retrouve dans les médias et sur les réseaux sociaux que j'appelle volontiers «fléaux sociaux». Et ça, vraiment, ça me gêne davantage. Vous pensez que certaines disciplines méritent plus que d'autres Commentateur et intervieweur emblématique de la télé française, Nelson Monfort se confie Interview réalisée par Marie Giancani Figure incontournable de la télévision française depuis près de 40 ans pour ses interviews, ses talents de polyglotte et ses commentaires du patinage artistique, Nelson Monfort, 71 ans, est toujours très actif. À l'affiche d'une pièce de théâtre avec Philippe Candeloro, il commentera les JO de Paris 2024 sur France Télévisions. L'occasion pour lui d'inverser les rôles et d'endosser le costume d'interviewé. La première chose qui me frappe lors de notre rencontre est sa discrétion, son humilité voire même sa timidité, qui contrastent fortement avec sa verve légendaire vue à la télé. Sourire en coin PHILIPPE NELSON MONFORT CANDELORO PATINE Tokyo

Cène Et Écrit Par

Hugo Cremaschi

Ssiste Par Julien Grange

d'être surveillées ?

Non! Je crois malheureusement que c'est la même chose dans beaucoup de sports, hélas, et maine est présent dans beaucoup de sports, si ce n'est tous les sports. Votre duo avec Philippe Candeloro, aux commentaires du patinage artistique, est devenu iconique. Dès votre rencontre, ça a été l'amour fou ? Pas tout de suite, non. Je l'avais connu comme patineur et il avait signé un contrat d'exclusivité avec une chaîne concurrente. Du coup, il n'avait pas le droit de répondre à mes questions. Mais une fois qu'il est devenu commentateur, là, je dirais que ça a été un régal ! Quels entretenez-vous rapports avec lui aujourd'hui ? C'est un très très grand ami, presque un petit frère. Justement, on vous retrouve dans un projet commun, le spectacle Ça patine à Tokyo. Parlez-nous de cette pièce... C'est une comédie policière qui se passe à Tokyo, dans le cadre d'un «Mon pire souvenir? Mon interview de Maria Sharapova après sa victoire à Roland-Garros.» que certains sports, comme le cyclisme pour le dopage, ou la gymnastique et le patinage artistique, que je connais bien, font figure de boucs émissaires. Et ça, ça ne me plait pas. Je pense malheureusement que le pire de la nature nuchampionnat du monde de patinage. On découvre ce que l'on croit être le corps inanimé d'un patineur français qui joue le titre le soir même contre un patineur japonais. Et donc il y • 69

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SPORT • a toute une série de rebondissements. C'est une comédie, ce qui fait que ce spectacle est un régal. Qu'est-ce qui vous anime le plus en ce moment ? La passion. Sinon je ne serais plus là. On me demande parfois, après 30 ans de carrière, comment je fais, mais la passion ne m'a jamais quitté et les téléspectateurs me le rendent bien. Les JO en France, vous en rêviez ? Oui ! C'est une belle responsabilité en plus, c'est un beau challenge. J'espère que ça se passera bien et je suis raisonnablement confiant. La France a-t-elle une chance de remporter de nombreuses médailles? Sur quelles disciplines vous misez ? Des sports comme l'escrime ou le judo. Des sports aussi peut-être un peu plus confidentiels comme le tir ou le canoëkayak pourraient sourire à nos couleurs. Maintenant, je ne suis pas naïf... menter les deux principales épreuves olympiques que sont la natation et l'athlétisme, qui sont vraiment les sports olympiques rois. Je vais avoir également une séquence qui me tient très à cœur pour faire découvrir les monuments de Paris et m'intéresser aux olympiades culturelles. Que pensez-vous des différentes polémiques autour de l'organisation de cet événement? Aujourd'hui, on ne parle que de transport et de sécurité. Surtout de sécurité d'ailleurs. On ne parle pas du tout des enjeux sportifs. Et puis il y a quelque chose qui me choque: je n'ai pas vu la moindre boutique olympique dans Paris! Pas la moindre. Que ce soit dans les aéroports, dans les gares où il y a 500 000 personnes qui passent par jour... Dans tous les jeux précédents, à Athènes, Londres ou Sydney, trois ans avant, il y avait des boutiques ! Je ne comprends pas... Est-ce qu'il fera bon vivre à Paris pendant les JO selon vous ? Je ne suis pas sûr de ça! (Rires) Si je n'étais pas amené à travailler sur les Jeux avec un grand bonheur, je ne suis pas sûr que je resterais à Paris pendant les trois semaines des JO. Sinon, je dois « Quelque chose me choque: je n'ai pas vu la moindre boutique olympique dans Paris ạẠồỊ Les deux ou trois grands sports olympiques rois sont l'athlétisme, la natation, et là, c'est plus difficile. Je pense quand même que la France devrait s'en tirer honorablement au classement des médailles et devrait apparaître dans les 10 premiers. Vous déplorez les gros écarts de salaires au sein des disciplines ? Oui. Ça, j'en fais même un combat. Ma voix est une goutte d'eau dans l'océan. Des athlètes français, en particulier dans d'athlétisme, vont défendre nos couleurs aux JO et vivent avec 2000€ par mois. Je trouve ça complètement anormal, voire même scandaleux. Surtout par rapport à des rémunérations qui sont totalement extravagantes dans d'autres sports... Quelles épreuves allez-vous commenter durant les JO ? Je suis très heureux car je vais com70 admettre quand même que je suis très heureux d'habiter à Paris, car il y a quelque chose qui est absolument incomparable ici, à savoir les spectacles, le théâtre, la musique, la culture. Ça accompagne ma vie. Des documents relatifs à la sécurité ont été volés. Les JO représentent un danger selon vous? Il est évident que les JO représentent une cible potentielle, ça, c'est certain. Maintenant, je suis plutôt d'un tempérament optimiste. Vous savez, autrefois, sous la Grèce antique, on parlait de tréve olympique... J'espère que cette trêve olympique prendra tout son nom. Et puis j'ajoute que j'entends parler de centaines de milliers de forces de l'ordre, il va falloir quand même être assez fort pour passer entre les mailles de ce filet-là. En parlant de sécurité, comment va votre fille, Victoria, qui avait été victime d'un cambriolage en février? Par contre, ce que je peux vous dire avec beaucoup de plaisir, c'est qu'elle tourne actuellement dans la série pour TF1, Ici tout commence, qui marche très bien, et elle a une pièce de théâtre qui s'appelle Moi je joue!, qu'elle donne en province avec beaucoup de succes, après six mois passés à Paris! Vous qui côtoyez les sportifs depuis des décennies, vous auriez aimé être vous-même un grand sportif? Non. J'aurais aimé être un grand chanteur! La chanson accompagne ma vie et je n'hésite pas à parler de «goût d'avant» (Rires) Je considère que Georges Brassens est peut-être un artiste supérieur à pas mal de ceux que l'on entend aujourd'hui. Vous faites quand même du sport ? Oui! Alors évidemment, les années passent (Rires), mais je fais du ski et du patinage depuis mon plus jeune âge. J'hésiterais à qualifier mon patinage d'artistique, mais Philippe Candeloro m'a donné des leçons de patinage gratuitement, ce qui va à l'encontre de sa réputation ! (Rires) Quel athlète vous a le plus impressionné en interview ? Celui qui m'a le plus impressionné, de par sa gentillesse, son altruisme et sa superbe éducation, c'est Rafael Nadal. Il a toujours un mot gentil pour le public, pour son adversaire, pour les ramasseurs de balles. C'est vraiment un seigneur et un gentleman. Pour finir, y a-t-il un sportif que vous aimeriez interviewer, mais que vous n'avez jamais eu à votre micro? C'est très gentil de prendre de ses nouvelles. Ça va Oui, mais ils sont décédés. Il s'agit des pilotes de Formule 1 français François Cevert et Didier Pironi. Ces deux coureurs-là étaient flamboyants, charismatiques. J'aurais aimé les approcher. Sinon, il y en a un autre qui m'a toujours manifesté une amitié formidable, c'est Jean-Claude Killy. Il m'a dit un jour « J'aurais aimé que tu sois à mes côtés pour suivre ma carrièreiạẠồẠ Venant d'un champion comme lui, ça m'a vraiment beaucoup touché... un peu mieux. Je ne veux pas m'étendre là-dessus.

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"PHILIPPE CANDELORO M'A

Donné Des Leçons De

Patinage Gratuitement.

Ça Va A L'encontre De Sa

RÉPUTATION!»

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JO 2024 MATTHIAS DANDOIS "IL FAUT FAIRE

Baisser La

MOYENNE

D'âge Des

AUDIENCES

Télé, Aller

CHERCHER LES JEUNES." "TU NE PEUX PAS

Faire Entrer Aux Jo

N'importe Quel

Sport. C'est Un

Lobbying De Tous

LES INSTANTSẠồi 72

Thibaud Vezirian:

Matthias, on a besoin d'y voir plus clair. Le BMX a fait son entrée aux Jeux olympiques en 2008 à Pékin (Chine), mais ce n'est pas au programme officiel des JO de Paris...

Matthias Dandois :

Le BMX, ce sont plusieurs disciplines.

Si les courses de BMX, la race, sont bien entrées aux JO 2008, ça n'a rien à voir avec le freestyle par exemple. Le BMX freestyle, il y a des sauts, des rampes... C'est arrivé à Tokyo au Japon en 2021. Le BMX flat, troisième discipline, c'est mon sport ! Il entre en sport de démonstration aux JO de Paris pour finaliser son arrivée à Los Angeles en sport officiel. À Paris, place de la Concorde, le but sera de faire mon run habituel. C'est une exhibition pour faire la meilleure présentation de notre sport, avec des tricks (des figures, Ndlr.) que je connais par cœur. Les JO, ça va être un kif de ouf, avec zéro pression. J'ai déjà tout gagné dans mon sport. Être ambassadeur des nouveaux sports aux JO de Paris, ça consiste en quoi ? Il s'agit de porter la parole des disaux ciplines alternatives, d'aller réunions de consulting avec le CIO (Comité International Olympique), etc. L'idée, derrière cela, c'est de faire baisser la moyenne d'âge des audiences télé. Aujourd'hui, on ne va pas se mentir, c'est entre 58 et 60 ans. Il faut aller chercher les jeunes. C'est une question de business, rendre les Jeux plus cools, améliorer les droits télé. Je représente le skate, le BMX, le break, je vais participer à la cérémonie d'ouverture et je ferai donc les démonstrations de BMX flat les 30 et 31 juillet. Le karaté a justement disparu des sports représentés aux JO de Paris, ce n'est plus un sport assez « cool » ? Tu ne peux pas faire entrer aux JO n'importe quel sport. C'est un lobbying de tous les instants. Quand un sport d'une catégorie sort, il faut le remplacer par un sport de même catégorie. Le break est considéré

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comme un sport de combat. Ils ont donc dû faire sortir un équivalent.

C'est tombé sur le karaté car cela faisait le moins d'audience. C'est qui est d'ailleurs assez bête (Il sourit) car on avait un énorme espoir de médaille, avec Steven Da Costa. C'est un jeu de chaises musicales et ça ne fait pas que des heureux, c'est logique. Tu multiplies les casquettes, qu'estce qui te donne cette envie de mélanger autant les activités ? Je me suis spécialisé très jeune dans une niche, celle du BMX rider pro. Gagner des compétitions, c'est mon métier. J'ai neuf titres mondiaux en BMX flat, discipline du BMX freestyle. Pour ceux qui ne connaissent pas, on peut dire que je fais de la danse sur un vélo. Mon premier titre, je l'ai eu à 17 ans, en 2008. Mon neuvième titre, en 2021, à Montpellier. J'essaye aujourd'hui d'aller chercher un dixième et dernier titre. J'ai rencontré plein de gens dans ma carrière et j'adore ça. Pourquoi me freiner ? J'ai aussi tourné dans le film Netflix MILF, j'ai monté ma boite de production de contenus vidéo avec mon agent. Et je viens de lancer un gros projet : mon académie en Champagne... C'est un centre de performance, pour plein de sports. Cyclisme route, mountain bike et BMX. On a construit aussi trois courts de padel et un dojo de 500 mètres carrés pour du yoga ou du MMA. II y a une piste d'athlétisme en cote pour s'entraîner au trail... L'ouverture au public sera septembre 2024. Avec autant d'activités, c'est donc ta dernière année sur le circuit professionnel de BMX ? J'ai 34 ans, je suis un vieux con, oui, tu peux le dire! Sur le circuit pro, ils ont entre 16 et 22 ans. Je suis celui qui a le plus gagne dans mon sport, j'ai eu le plus d'impact et ils en sont assez reconnaissants. Je leur file des conseils et désormais, ils me défoncent (Rires)... C'est un sport communautaire, avec une très bonne ambiance et pas de gros sous. J'essaie de passer le bâton de la meilleure manière possible. Je n'ai Légende du BMX, Matthias Dandois représentera tous les nouveaux sports aux JO 2024 Interview réalisée par Thibaud Vézirian Il mettra fin à sa carrière de légende du BMX à la fin de l'année 2024. En attendant un possible dixième titre de champion du monde, Matthias Dandois endosse la responsabilité de représenter tous les sports nouveaux aux JO de Paris. Entretien avec « Monsieur l'ambassadeur »... Matthias Dandois à la Tour Eiffel lors de l'enregistrement de Paris 2024 le concert événement... dans un an les Jeux, le 25 juillet 2023 sur France 2 73

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JO 2024 aucune aigreur par rapport à ma fin de carrière professionnelle. J'ai juste envie de sortir propre. Avec les championnats du monde 2024, le 20 décembre à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Tu n'as pas peur de faire la compétition de trop ? C'est tellement triste, la petite mort du sportif. J'ai encore un an, j'en profite à fond... Rafael Nadal, c'est trop triste, j'espère qu'il pourra sortir proprement lors d'un dernier Roland-Garros. Mais on voit que c'est très dur physiquement, ce n'est plus le même. Peut-être qu'il aurait dû arrêter avant. Pour tenter de mater les plus jeunes, on t'a vu récemment boucler un marathon en moins de trois heures, une sacrée performance. C'est récent ton plaisir de courir ? Le cardio, c'est juste très complémentaire de mon entraînement général. J'ai toujours couru, avec beaucoup de faci74 lités. Avec des capacités naturelles plus hautes que la moyenne. Petit, j'étais le môme insupportable qui gagnait le cross du collège chaque année! La course à pied, c'est un peu ma méditation. La Team Orange Running m'a proposé d'intégrer leur équipe composée de sportifs, de chefs et de Miss France. Je m'étais fixé un objectif à faire une fois dans ma vie : courir un marathon en moins de trois heures. Ce que j'ai fait en 2h57 à New York, fin 2023. Je ne le referai plus jamais de ma vie! J'ai eu des courbatures pendant un mois. Au 30€ kilomètre, ça allait. Puis j'ai eu envie de vomir au 33°, avec des sueurs froides. Les 10 derniers kilometres, c'était horrible. « Beaucoup d'athlètes n'ont pas l'habitude d'être au centre de l'attention, c'est hyper dur à gérer, surtout avec le harcèlement en ligne. » Je ne le referai jamais! L'étape d'après, courir en 2h45, c'est encore un autre niveau de préparation, une exigence de ouf, impossible. Tu es désormais papa et ta femme, l'entrepreneuse TikTok, j'aime bien ça, c'est naturel. et mannequin Constance Jablonski, semble elle aussi très prise. Vous cumulez à vous deux des millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, vous avez trouvé votre équilibre pour gérer tout ça ? C'est vrai que finalement, on est très rarement ensemble. Là, elle est à Miami par exemple. Elle rentre tout à l'heure, on ne se croise même pas. Mais ça fait six ans qu'on est ensemble et ça fait partie de Matthias Dandois et sa femme, le mannequin Constance Jablonski, lors de la Fashion Week de Paris, le 26 septembre 2023 notre équilibre. On élève notre petit garçon de la meilleure manière qu'on peut. Le seul truc qu'on se garde de faire, c'est de mettre la tête de notre fils sur nos réseaux sociaux, lui décidera plus tard de s'afficher ou non. La manière dont on gère notre vie publique, c'est hyper sain, jamais trop calculé. Mais ça représente 1% de notre vie. On trouve ça toujours rigolo de partager des contenus, elle a fait une super carrière dans le mannequinat, maintenant dans l'entrepreneuriat... Je m'occupe souvent de l'Instagram de Constance, je monte ses vidéos, car avec ma prod, c'est mon métier. Je suis assez doué là-dedans, je possède plus d'1 million d'abonnés sur Les dangers des réseaux sociaux, le harcèlement, c'est quelque chose qui te perturbe ? Je compte justement aider les athlètes. Les réseaux sont une mine d'or pour se faire du fric facilement. Il faut avoir la sensibilité, ne pas faire n'importe quoi, c'est dur de construire sa marque et très facile de la déconstruire. Ce sujet est crucial pour les sportits de haut niveau en France. Car en dehors de certains sports collectifs, les rémunérations des sportifs sont dégueulasses. Ils s'entraînent six heures par jour, c'est dur Donc c'est bien que les réseaux sociaux puissent amener du business en plus. Mais il faut avoir cette fibre. Beaucoup d'athlètes n'ont pas l'habitude d'être au centre de l'attention, c'est hyper dur à gérer, surtout avec le harcèlement en ligne. C'est particulièrement terrible. Sur Instagram, les messages envoyés aux joueurs de tennis sont horribles aussi. Il s'agit de sensibiliser les jeunes à ça et c'est hyper dur. Le joueur de tennis Carlos Alcaraz a fait récemment une sortie médiatique là-dessus: il explique comment les messages négatifs lui ont fait vriller le cerveau. Et ça se ressent sur le terrain. Il faut protéger les athlètes...

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"LES JO, ÇA VA ÊTRE

Un Kif De Ouf, Avec

Zéro Pression. J'ai

DÉJÀ TOUT GAGNÉ."

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POLITIQUE RIMA HASSAN @ DANIEL TOPIC "LA PLUS GRANDE DES EXCLUSIONS

Est De Ne Pas Pouvoir Bénéficier

D'UNE CITOYENNETÉ." "MON ENGAGEMENT

Vient De La Dimension

Personnelle De Mon

Parcours. Je Suis Née

Dans Un Camp De

76 RÉFUGIÉS PALESTINIENS."

Radouan Kourak:

Vous êtes juriste et militante de la cause palestinienne et des camps de réfugiés. Qu'est-ce qui vous a amenée à vous engager dans ces causes ?

Rima Hassan:

Mon engagement vient de la dimension personnelle de mon parcours, puisque je suis née dans un camp de réfugiés palestiniens. C'est un statut assez particulier, car il y a à la fois celui des personnes apatrides et celui des exilés qui ont une revendication politique, celle du droit au retour. C'est pour ces raisons que j'ai étudié le droit international, et c'est ce qui m'a amenée à fonder l'Observatoire des camps de réfugiés. J'ai une identité extrêmement politisée. Quand on nait palestinien, on naît politisé, j'ai toujours été engagée. Comment votre expérience personnelle en tant qu'apatride a-t-elle influencé votre construction? Il y a une dimension de survie chez les apatrides, une double exclusion en termes de statut et de lieu. Je dis souvent que lorsque l'on vient des camps palestiniens, on vient de nulle part. Le camp ne nous situe nulle part. Il y a une forme d'instinct de survie pour se réinsérer dans le monde et clamer son besoin de réexister, c'est-à-dire réinsérer le Palestinien comme un citoyen du monde qui a le droit d'exister. Comment vit-on avec ce sentiment de n'appartenir à nulle part? J'ai été apatride jusqu'à mes 18 ans. La première fois que j'ai acquis une nationalité, c'était à cet âge, et c'était la nationalité française. La plus grande des exclusions est de ne pas pouvoir bénéficier d'une citoyenneté. Quand vous êtes citoyen, il y a une reconnaissance de vos droits. Le citoyen se battra pour l'application de ces droits, mais l'apatride se bat d'abord pour avoir une reconnaissance de ses droits, on part de plus loin. Vous en avez souffert ? Oui, bien sûr, les camps et l'exil de ma famille, c'est la plaie de ma vie. Pourquoi avez-vous évolué vers l'en-

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gagement politique, et qu'espérezvous accomplir ?

Le souci de l'efficacité face à une urgence. Lorsqu'il y a eu les événements du 7 octobre, j'étais au Liban et je m'apprêtais à prendre un poste très confortable chez Amnesty International, c'était mon rêve. J'ai refusé ce poste pour donner de l'espace à la cause palestinienne. La riposte israélienne a posé un cadre d'une violence inouïe. Je me suis posé une seule question : quelle est ma responsabilité? Ça s'est concrétisé par cet engagement politique. Je crois que je n'aurais pas pu me regarder dans une glace si je n'avais pas fait tout ce qui est possible pour la cause palestinienne. Vous êtes en sixième position sur la liste de La France Insoumise pour les élections européennes. Avez-vous toujours soutenu Mélenchon ? Non, moi je viens de la société civile, je n'ai jamais milité dans un parti. Ma boussole, c'est celle du droit international, c'est la langue que je parle. La question que je me suis posée, c'est: quelle formation politique me donne la possibilité d'aller au bout de mes combats? Et il s'avère que c'est la France Insoumise. Il semblerait que l'un des principaux sujets de la campagne de La France Insoumise soit la cause palestinienne. N'utilisez-vous pas la cause palestinienne à des fins de conquête du vote musulman? Non, c'est très mal connaître la cause palestinienne, et c'est une grosse erreur que de réduire l'adhésion au sujet palestinien à une question religieuse. C'est une cause qui a plus de résonance dans la mémoire coloniale que dans la dimension religieuse. Les personnes qui soutiennent la cause palestinienne sont attachées au droit international. Vous avez été convoquée par la police, tout comme Mathilde Panot d'ailleurs, pour apologie du terrorisme. Refusezvous ces accusations ? Il n'y a rien d'un point de vue légal qui tombe sous le coup de la loi dans mes déclarations. Il n'y a aucune explication logique à cette convocation. L'apologie Propos recueillis par Radouan Kourak Baignant dans l'anonymat il y a peu, Rima Hassan est aujourd'hui l'une des figures incontournables de La France Insoumise aux élections européennes. Son combat en faveur de la cause palestinienne la place injustement très régulièrement au cœur de polémiques. Nous aspirons à explorer les méandres de son parcours personnel, ses luttes passionnées, et la questionner sur toutes les polémiques. Le jeudi 25 avril, nous avons rendez-vous avec elle dans les locaux d'Entrevue. Rendez-vous est pris pour 12h30. La veille, elle nous informe qu'elle aura déjà enchaîné avec une émission de radio juste avant notre entretien. L'heure tourne, mais à 13 heures, toujours aucune trace de Rima Hassan. Nous a-t-elle posé un lapin ? Finalement, à 13h30, elle arrive en moto-taxi, visiblement gênée par son retard. Malgré ses excuses, nous n'avons que 35 minutes pour mener l'interview et réaliser les photos, car elle doit se rendre chez Mediapart pour un enregistrement. C'est parti! Rima Hassan et son avocat, Vincent Brengarth, répondant à nos questions du terrorisme, c'est le fait de présenter sous un jour favorable une action terroriste. Ce n'est pas mon cas. Comprenez-vous quand certains parlent des indignations à géométrie variable chez LFI? C'est un faux débat, il y a juste besoin d'un rééquilibrage sur le traitement du sujet palestinien. Sur l'Ukraine, il n'y a aucun débat, tout le monde est d'accord, il faut aider l'Ukraine et les soutiens financiers et militaires sont là. Il y a des divergences sur le niveau de soutien, mais pas sur le soutien cours extrêmement problématique : on valide la propagande israélienne et on essentialise les Palestiniens au Hamas. Ce que doivent comprendre les Israéliens, c'est qu'en sauvant les Palestiniens, on sauve aussi les Israéliens, il faut sauver Israël de son colonialisme. Vous ne remettez pas en cause la légitimité d'Israël à exister ? Non, c'est une caricature. Israël est un État qui est reconnu par la communaute internationale. Israël n'est pas menacé, c'est l'un des pays les plus soutenus dans la région et a les plus grands alliés à l'échelle internationale. Le sujet politique qui est aujourd'hui menacé, c'est le sujet palestinien. Que représente la France pour vous ? La France, c'est mon pays d'accueil, c'est le premier pays qui m'a reconnu cette citoyenneté. C'est le pays qui fait de moi quelqu'un qui a un pied en Orient et un pied en Occident. Je crois qu'aiẠạồ&En sauvant les Palestiniens, on sauve aussi les Israéliens...» en tant que tel. À l'inverse, les Palestiniens n'ont pas d'Etat depuis 75 ans et demandent qu'on respecte le droit international, notamment depuis les accords d'Oslo qui n'ont jamais été respectés par Israël. Nous sommes aujourd'hui face à un risque de génocide, la Cour internationale va devoir statuer sur le fond et en Europe nous avons un dismer la France, c'est précisément la critiquer, c'est comme avec vos proches: si vous les aimez, vous êtes capable de leur dire ce qui ne va pas chez eux. Je considère que la France s'honorerait à porter cette voix-là sur la question palestinienne, elle l'a fait par le passé C 77

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POLITIQUE • sur la guerre en Irak par exemple.

La France est un pays dans lequel j'inscris mon militantisme. d'être un géant économique et un nain politique, ce que nous voulons c'est une Union européenne qui soit également un géant politique. Soutenez-vous l'adhésion de l'Ukraine à l'UE? Parmi les nombreuses causes que LFI dit porter, il y a l'antiracisme. Pensezvous que la France est un pays raciste ? La France est un pays dans lequel il reste des problèmes de racisme qui correspondent à son passé colonial et aux restes du colonialisme. La France n'a pas tout résolu dans son histoire coNous y sommes opposés pour deux raisons. Un État en guerre ne remplit pas tous les critères d'adhésion. Le deuxième point est que cela créerait une concurrence déloyale notamment sur la question agricole. Notre responsabilité est de soutenir l'Ukraine jusqu'à ce qu'il y ait un processus de paix, et ensuite nous analyserons la situation. «La France est un pays dans lequel il reste des problèmes de racisme...» loniale, nous n'avons pas encore effecSi vous êtes élue le 9 juin, quelle députée européenne serez-vous? tué ce travail de fond. Je ne dis pas que le pays est fondamentalement raciste, mais il y a une dimension structurelle sur le sujet. On l'observe sur les violences policières, et il y a une question de discrimination dans toutes les sphères de la société : logement, travail, etc. Quelle est l'Union européenne que La France Insoumise veut ? Je rejoindrai la commission des affaires étrangères et la sous-commission dédiée aux droits humains. Avec 30 % d'échanges commerciaux, dont beaucoup viennent des territoires occupés et colonisés, l'Union européenne est le premier partenaire commercial d'Israël. Je me battrai pour la fin de l'accord d'association UE-Israël. Mais je ferai tout pour obtenir l'embargo sur les armes et évidemment la reconnaissance de l'État palestinien. Nous voulons une Union européenne qui défende les intérêts des Français et notamment ceux qui sont les plus fragilisés. L'Union européenne doit cesser Vous semblez être l'une des rares listes à ne voir aucun problème lié à l'immigration en France et même à l'échelle européenne. N'y a-t-il aujourd'hui Vincent Brengarth

Avocat De Rima Hassan

Parlez-nous de l'affaire Entrevue: concernant Rima Hassan...

Vincent Brengarth: Cette affaire est une situation délicate où une militante sement. Les positions de Rima Hassan sont fondées sur une compréhension ap78 profondie du droit international, notamment en ce qui concerne la situation en Palestine. Elle n'a jamais fait l'apologie du terrorisme, mais plutot exprimé son soutien envers la Palestine dans le cadre de ses droits internationaux. engagée en faveur de la cause palestinienne et candidate aux élections européennes a été convoquée par la police Pourquoi parlez-vous de la judiciarisation croissante de la vie politique? pour apologie du terrorisme. Cependant, cette accusation est contestée vigoureuaucun problème ? Nous assistons à une tendance alarmante où les différends politiques sont de plus en plus traités dans les tribunaux plutôt que par la délibération politique. Il y a une bataille de narratifs dans laquelle nous ne voulons pas nous inscrire avec l'extrême droite. Nous ne sommes pas dans une crise de migration, nous sommes dans une crise de l'accueil. Il y a aujourd'hui 3,5 % de la population mondiale qui est en situation de migration et c'est une donnée constante. Les principaux flux migratoires sont des flux sud-sud, ceux qui arrivent en Europe sont seulement une minuscule part. Nous plaidons pour un accueil digne et humain et pour que l'Union européenne prenne sa part en matière de solidarité, nous ne pouvons pas endiguer l'immigration, nous devons composer avec. Votre campagne peine à décoller, Raphaël Glucksmann semble avoir pris le lead à gauche. Ne craignez-vous pas de faire moins de 5 % ? Sûrement pas, j'ai peur de peu de choses et je ne me pose que très peu de questions sur les projections. Je mène cette campagne avec dévouement et sincérité, nous ne nous fixons pas d'objectif, l'idée est de nous battre pour les sujets que l'on porte et de compter sur les Français le 9 juin prochain pour nous soutenir. Dans le cas de Rima Hassan, sa convocation par la police semble être utilisée comme un outil pour étouffer sa voix politique et diaboliser ses idées. Cela représente une déformation dangereuse de notre processus démocratique. Qu'attendez-vous de la justice? Nous sommes confiants dans le fait que la justice prévaudra et que cette affaire sera classée sans suite. Les accusations portées contre Rima Hassan sont infondées et visent principalement à nuire à sa réputation et à son engagement politique. Nous comptons sur le système judiciaire pour reconnaitre cela et pour protéger le droit fondamental à la liberté d'expression. La démocratie repose sur la capacité de chacun à exprimer ses opinions sans crainte de représailles judiciaires ou sociales.

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@ DANIEL TOPIC "JE N'AURAIS PAS PU ME

Regarder Dans Une Glace

Si Je N'avais Pas Fait Tout

Ce Qui Est Possible Pour

LA CAUSE PALESTINIENNE."

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POLITIQUE NICOLAS DUPONT-AIGNAN "LE NARCISSISME PATHOLOGIQUE

D'emmanuel Macron

Lui Fait Perdre La

Raison, Il Joue Avec

La Sécurité Des

FRANÇAISiẠạiỊ 80

Radouan Kourak:

Nicolas Dupont-Aignan, vous êtes député depuis près de 30 ans, la longévité en politique est une qualité ou un défaut ?

Nicolas Dupont-Aignan:

Ça dépend de l'avis de chacun, mais seul le peuple décide.

Vous avez toujours aimé la politique ?

Oui, petit j'avais deux passions : l'architecture et la politique. Je voulais être architecte, mais j'ai toujours eu cette fascination pour l'histoire, et j'avais un intérêt particulier pour la France et le service des autres. La politique peut-elle selon vous changer la vie des gens ? Je pense que si l'on ne fait pas la politique, les autres font de la politique à notre place. Lorsque je suis devenu maire de Yerres à 34 ans, cette ville était en faillite, avec une équipe de personnes sincères on a réussi à transformer notre ville. C'est à ce moment-là que j'ai compris que la politique pouvait faire des miracles. Quand les individus se prennent en main, ils peuvent changer le cours de l'histoire. Si la France avait été mieux gouvernée depuis 30 ans, les Français souffriraient moins aujourd'hui. Certains voient dans votre évolution récente une dérive complotiste, notamment sur les sujets de santé publique. Êtes-vous complotiste ? Aujourd'hui pour les tenants d'un système oligarchiques, où les ordres sont pris dans entreprises privée et souvent à l'étranger, défendre les Français c'est être complotiste. J'ai remarqué que les complotistes étaient souvent ceux qui voyaient plus juste trois mois auparavant. Sur le COVID, tous les faits m'ont donné raison, j'ai été profondément blessé par ces attaques minables. C'est la rançon d'avoir des convictions. Vous avez annoncé ne pas être candidat aux élections européennes, pourquoi ce renoncement ? Pour deux raisons. D'abord, je pense être plus utile à l'Assemblée nationale,

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je ne me voyais pas conduire une liste européenne sans avoir l'envie de siéger au parlement européen. Le second problème, c'était la notoriété, il n'y avait malheureusement personne dans les rangs de Debout la France qui avait une notoriété suffisante pour être invité dans médias et pour faire un score suffisant nous permettant d'être remboursés. Le risque financier était colossal, nous préférons garder nos moyens modestes. Pour une éventuelle dissolution de l'assemblée, pour les élections legislatives et, bien évidemment, l'election présidentielle. Donc vous êtes candidat à la prochaine élection présidentielle ? On verra le moment au moment venu, mais je m'y prépare en tout cas, la décision sera prise plus tard. Quelle est votre vision de l'Europe ? Je veux une Europe des nations libres, il faut en finir avec l'Union européenne telle qu'elle est, car elle a trahi l'Europe, c'est aujourd'hui une organisation totalitaire sans démocratie. Son alignement à l'OTAN nous mène vers la guerre. II faut de la coopération entre Européens, mais sans l'Union européenne. Il faut quitter l'immeuble délabré de l'Union européenne et habiter dans un village européen avec un lotissement de maisons proches les unes des autres. Chaque pays retrouvera sa liberté en matière de frontière et d'affaire intérieure, mais en réalisant de belle collaboration à l'image d'Airbus ou d'Ariane, nous retrouverons ainsi notre liberté tout en travaillant avec nos voisins. Sur le sol européen, il y a la guerre depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Quelle est votre position sur la question ? J'ai très tôt proposé un plan de paix, parce que cette guerre n'a aucun sens, si ce n'est d'affaiblir l'Europe au profit de la Chine et des États-Unis. Cette guerre a deux conséquences directes, elle pousse la Russie dans les bras de la Chine et elle nous place en dépendance économique des Etats-Unis. On pourrait très bien avoir la paix si toute la bande de l'OTAN, des Américains, de Député depuis 26 ans, le souverainiste nous fait part de son inquiétude pour la France Interview réalisée par Radouan Kourak Candidat aux trois dernières élections présidentielles, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan porte une voix singulière dans le paysage politique français. Alors qu'il se revendique gaulliste, certains le perçoivent comme complotiste. Député depuis trois décennies, son parti Debout la France a renoncé à présenter une liste aux élections européennes. Dans cet entretien exclusif à Entrevue, il explique les raisons de ce renoncement. Il nous livre également sa vision de la France et de l'Europe, ainsi que ses solutions pour mieux assimiler et lutter contre l'islamisme. Bruxelles, n'avait pas avancé de bases de la CIA en Ukraine. Comme du temps de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, nous devons proposer un statut de neutralité en Ukraine, une sorte de zone tampon dans laquelle il n'y a ni la Russie, ni les États-Unis. La France doit redevenir le héros du monde en incarnant la paix. Mais qu'est-ce qui a échoué ces 40 dernières années pour que la France se retrouve dans une telle situation ? Il y a beaucoup de causes, mais en premier lieu, il y a la lâcheté des dirigeants qui ont été incohérents. Ouvrir les frontières avec une politique économique de faible croissance a été un acte suicidaire, tout comme accueillir massivement et ghettoïser les gens dans des quartiers loin des villes. Il y a également les services publics et l'école qui ont abandonné tous les principes d'assimilation et une justice complètement laxiste qui favorise les trafiquants de drogue plutôt que toute cette jeunesse issue de l'immigration qui est parfaitement assimilée, qui respecte la loi et qui travaille. On ne peut pas au même moment laisser des mosquées intégristes s'implanter sur notre territoire au seul prétexte que l'on vend des armes au Qatar. Quand on fait n'importe « Il faut une politique beaucoup plus ferme vis-à-vis des islamistes qui dénaturent la religion musulmane. » Emmanuel Macron a évoqué l'envoi de troupes françaises en Ukraine. Votre avis? Le narcissisme pathologique d'Emmanuel Macron lui fait perdre la raison, il joue avec la sécurité des Français. quoi pendant 30 ans, on alimente une bombe, il faut une politique beaucoup plus ferme vis-à-vis de l'immigration, des trafiquants et des islamistes qui dénaturent la religion musulmane. Vous manifestez un intérêt pour des sujets tels que l'assimilation, la lutte contre les séparatismes... Comment lutter contre le fondamentalisme islamiste en progression en 81

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POLITIQUE France ?

Si l'on veut vivre sous la loi de la Charia, on va vivre dans un pays où elle est appliquée. Si l'on ne veut pas vivre en français, on ne vit pas en France. J'ai toujours été surpris par les gens qui voulaient remettre en cause le système laïc français. Si la laïcité rend malheureux des personnes, elles doivent aller vivre ailleurs, mais ne doivent tenter de changer notre modèle laïc. Être français, c'est défendre la liberté des femmes et des hommes de vivre comme bon leur semble. L'égalité également, et de na pas être dans une société d'indignité. Et enfin, être français, c'est la fraternité, c'est-à-dire une vie ensemble. Bref, être français c'est le refus des communautarismes. Il faut une politique beaucoup plus ferme. C'est tout de même paradoxal, il y a plus de fermeté vis-à-vis des intégristes dans les pays arabo-musulmans que dans certains de nos quartiers français. Les pays arabes musulmans contrôlent leurs frontières. Des professeurs sont assassinés, il y a des attentats, on vit en similent à des dirigeants qui ne servent plus le bien commun, mais des intérêts? Pour retrouver une mécanique d'assimilation, il faut dire à quoi on s'assimile et pour s'assimiler, il faut un modèle, et cela passe par des dirigeants qui aiment et défendent leur pays comme le faisait le Général de Gaulle en son temps. Il était respecté car il incarnait la France dans le monde. L'islam est-il compatible avec la République ? C'est à l'Islam de choisir. Soit il se plie à la République, soit il n'aura pas de place en France. Souvenez-vous de Napoléon avec la religion juive, il avait voulu que cette religion s'adapte à la république puis à l'empire, il avait un code avec des prescriptions, c'est ça la République. Quel avenir pour la laïcité en France ? Aujourd'hui en France, la laicité est abandonnée. La faute n'est pas à ceux qui l'attaquent, mais à ceux qui ne la défendent pas. La laïcité ce n'est pas la négation du religieux, la République respecte le religieux, mais le religieux n'envahit pas la République. C'est ça la laïcité à la française : une laïcité exigeante. Regardons l'état de l'Angleterre qui a eu une laïcité communautariste qui est en train de basculer. Le seul moyen de faire vivre ensemble ẠiJe plaide pour une immigration minimum, la France ne doit plus être open-bar.» état d'urgence avec des restrictions... plus récemment un proviseur face à la pression islamiste à démissionner de son établissement... Les islamistes ont-ils déjà gagné ? Bien sûr qu'ils sont en train de gagner, c'est pour ça qu'il faut une réponse beaucoup plus ferme. Si la justice est laxiste, c'est parce que les parlementaires ont voté des lois qui sont laxistes. Il faut une fermeté absolue et une espérance commune. Comment faire pour faire aimer la France aux jeunes issus de l'immigration ? L'amour de la France ne viendra pas en tapant sur ces jeunes, il viendra d'abord si les dirigeants français aiment à nouveau la France et la défendent. Comment voulez-vous que des jeunes s'as82 des religions sans aboutir à la libanisation, c'est d'être intransigeant sur la laïcité. En 2024, l'immigration est-elle toujours une chance pour la France ? Non, l'immigration est une menace, les premières victimes sont d'ailleurs les Français récents. La France n'a plus la capacité d'assimilation et l'immigration massive constitue un crime contre les pays d'origine. Il faut d'urgence dire stop pendant une trentaine d'années. Il faut maintenant assimiler ceux qui le souhaitent et organiser les conditions d'un départ digne pour ceux qui veulent repartir. Moi, je suis pour la liberté, mais la liberté n'est pas d'imposer à la France une culture et une religion qui n'est pas la sienne. Vous prônez une immigration zéro pour les prochaines années ? ne doit plus être open-bar. L'accès à la nationalité française est-il trop simple ? Oui il est beaucoup trop simple ! L'accès à la nationalité française doit répondre à critères objectifs, c'est-à-dire parler français et embrasser les valeurs françaises. La nationalité française ne peut pas être un simple ticket d'accès à la sécurité sociale. Vous parlez d'expulsion, comment faiton avec des pays qui ne veulent pas récupérer leurs ressortissants ? C'est donnant-donnant, nous devons arrêter d'être les pigeons de service, lorsqu'il y a expulsion, ces pays doivent récupérer leurs ressortissants, sinon nous arrêterons nous aussi les visas, les aides, etc. Quelles sont les trois valeurs auxquelles vous êtes le plus attachées ? En tant que pays, c'est liberté, égalité, fraternité. En tant que personne, c'est le courage, la franchise et la bienveillance. Quelle est la priorité politique à actionner en France en 2024 ? Le référendum d'initiative citoyenne (RIC), c'est une mesure qui pourrait réhabiliter la démocratie, on ne changera pas la France sans les Français. Aujourd'hui, les Français sont désabusés, indignés, recroquevillés, ils n'y croient plus car ils ont été trompés pendant 30 ans, je crois que l'on sortira de la crise trançaise avec un pacte de confiance avec les citoyens. La France est-elle finie, Nicolas Dupont-Aignan êtes-vous pessimiste ou optimiste pour l'avenir ? L'immigration zéro n'existera jamais, je prône une pause, car il y a des étudiants, des mariages, etc. Je suis pessimiste à court terme, mais comme Bernanos, je pense que l'espérance est le désespoir surmonté. Je suis désespéré devant l'État de la France, mais dans l'histoire, il y a des eu plusieurs sursauts. Un pays aussi étonnant, aussi curieux que la France, ne peut pas disparaître. J'ai confiance en l'avenir à condition que nous ne perdions pas trop de temps et que l'on cristallise un sursaut. Je plaide pour une immigration minimum, la France

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"AUJOURD'HUI EN FRANCE,

La Laïcité Est

Abandonnée. La Faute

N'est Pas À Ceux Qui

L'attaquent, Mais À Ceux

QUI NE LA DÉFENDENT PAS."

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POLITIQUE JEAN-MARC GOVERNATORI Jean Marc GOVERNATORI L'alternative aux fossoyeuses de l'écologie politique

Belf Amate Tondeler-

Ecrit par le co-présiden • Ecologio au contro "LE WOKISME ET

L'extrême Gauche,

Tout Comme

L'ULTRALIBÉRALISME,

Sont Les Ennemis

DE L'ÉCOLOGIEẠỊ 84

Radouan Kourak:

Dans votre dernier livre, vous vous en prenez aux 'fossoyeuses" de l'écologie politique. Vous ciblez trois femmes: Sandrine Rousseau, Marine Tondelier et Marie Toussaint. Certains y voient une forme de misogynie. Que leur répondez-vous ?

Jean-Marc Governatori:

Ce genre de remarque est une nouvelle preuve que certains vivent dans un monde parallèle, tandis que les écologistes centristes, que je représente en France, vivent dans le monde réel: les glaciers fondent, les forêts disparaissent, 90% des cours d'eau ne sont pas en très bon état, les finances publiques sont écarlates... Et certains ne voient que le sexe des personnalités figurant sur la couverture de mon livre! Je ne fais que viser l'équipe dirigeante du premier parti écologiste français en termes d'antériorité et de visibilité médiatique. Les Français et moi-même, nous nous fichons du sexe ou de la couleur de peau du politique: ce que nous voulons, ce sont des résultats. Il est capital que l'écologie prenne le pouvoir en France et en Europe, mais avec ces dirigeantes-là, c'est impossible. La déclaration récente de Sandrine Rousseau sur l'endettement excessif qui ne serait pas un problème est symptomatique de leurs égarements. Le cantonnement obsessionnel de l'écologie à gauche est du même acabit. L'écologie est au centre. EELV est-il pour vous davantage un parti "woke" et d'extrême gauche qu'un parti écologiste ? Oui, c'est un parti "woke", mais le wokisme et l'extrême gauche, tout comme l'ultralibéralisme, sont les ennemis de l'écologie et par conséquent, les ennemis du bien commun. Vous semblez porter un projet aux antipodes de celui de la liste EELV. En quoi consiste votre vision de l'écologie ? L'écologie est un projet de société complet qui embrasse les thèmes de l'environnement, de la santé, des finances, de la sécurité des biens et des personnes... Parmi les divergences que j'ai

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avec EELV, il y a le problème de la voiture électrique qui est un fléau environnemental, humain et géopolitique. Une voiture électrique est composée d'une batterie contenant du manganèse, du cobalt, du nickel, du lithium... Leur extraction pollue l'eau, l'air, les terres et affecte les travailleurs. De plus, cela nous rend encore dépendants de l'extérieur. Les écologistes centristes veulent l'autonomie alimentaire et énergétique de nos régions. Nous voulons donc maintenir les voitures thermiques, ce qui sera bénéfique pour le pouvoir d'achat, les finances publiques, pour éviter les pollutions liées à la production de nouveaux véhicules. Nous souhaitons donc une nouvelle carburation qui accepte les agrocarburants de troisième génération, tels que les algues et les déchets verts. Je pourrais également vous parler de notre approche différente de la santé, où les politiciens conventionnels cherchent d'abord les solutions à l'extérieur, alors que les meilleures solutions sont l'éducation à la santé et la réduction des pollutions. Comment vous positionnez-vous sur les autres sujets, notamment l'immigration et l'économie ? J'ai été nommé à deux reprises meilleur gestionnaire de France. L'économie, je la connais ! Notre premier poste de dépenses est la santé, avec 300 milliards d'euros par an. En favorisant l'éducation à la santé pour les enfants et les adultes, en réduisant les pollutions, nous économiserons des dizaines de milliards d'euros et beaucoup de souffrances évitables. Dans une entreprise, un mauvais gestionnaire est écarté, mais en France, on les garde! Nous devons arrêter la création de grandes surfaces et de centres commerciaux, taxer les mètres carrés illicites, ce qui rapportera encore des dizaines de milliards d'euros... Il faut aussi associer et utiliser les ultra-riches à la gestion de secteurs clés comme l'agriculture biologique ou la rénovation énergétique dans une région choisie par eux... Je veux de la compétence dans les décisions pour le bien commun! En matière migratoire, soit on vit dans un monde parallèle comme le RN et EELV, soit on Tête de listes aux européennes, Jean-Marc Governatori veut replacer l'écologie au centre Interview réalisée par Radouan Kourak Entrepreneur, auteuret éluniçois, Jean Marc Governatoriportera laliste d'Écologie au Centre pour les élections européennes de juin prochain. À l'occasion de la sortie de son dernier livre intituléẠỗ¿'alternative aux fossoyeuses de l'écologie politiqueạỊại il accorde une interview exclusive à Entrevue, dans laquelle il revient sur ses profondes divergences avec Europe Écologie les Verts. Dans un contexte marqué par des débats brûlants et controversés, il expose sa vision de l'écologie, ses propositions pour l'avenir, et aborde sans détour les enjeux majeurs tels que l'immigration, l'économie et la consommation responsable... vit dans le monde réel: fermer 15 000 km de frontières terrestres européennes est impossible, tout comme recevoir tout le monde. C'est pourquoi je suis favorable à la loi sur l'immigration de Gérald Darmanin et au pacte sur l'immigration de l'UE. Rendre nos territoires attractifs est une erreur, nous n'avons malheureusement pas les moyens d'accueillir tout le monde... ment essentiel de redonner du pouvoir d'achat aux Français grâce à l'économie circulaire, à une politique de santé et au covoiturage, afin que la part du revenu consacrée à l'alimentation soit plus importante. Vous avez fait fortune dans le commerce et vous êtes écologiste. Est-ce vraiment compatible ? Être écologiste, c'est reconnaître les deux valeurs primordiales : la fraternité, qui est le fondement de la pensée de gauche, et la responsabilité, qui est le fondement de la pensée de droite. L'application de Vous surprenez votre monde en appelant les super-riches à s'engager pour la planète. Pourquoi ? Comme je l'ai mentionné, je vis dans le monde réel où l'on comprend que le terrain d'action des ultra-riches est la planète. Par conséquent, le matraquage fiscal est totalement inefficace «La voiture électrique est un fléau environnemental, humain et géopolitique.» ces principes produit une politique juste. Force est de constater que tous les autres systèmes appliqués ont échoué. Ma conscience s'est construite par mes actions associatives et entrepreneuriales, je suis donc dans le monde réel tandis que les politiciens conventionnels sont dans un monde parallèle... Le pouvoir d'achat est la priorité centrale des Français, mais l'écologie n'est-elle pas devenue un luxe ? La priorité pour la puissance publique doit être la santé individuelle. Or, la santé passe par une alimentation saine. Au lieu de subventionner les exploitations géantes qui, par exemple, appauvrissent les sols par la monoculture et l'emploi massif de produits chimiques de synthèse, il faut privilégier l'agriculture biologique. Il est égaleet les éliminer, comme le veut EELV, est totalement stupide. Je souhaite plutôt que l'on change de regard sur eux, qu'on exploite leur potentiel avec leur accord, et qu'on utilise leurs compétences, notamment en matière de recrutement. Ainsi, un ou plusieurs ultra-riches pourraient choisir une région où ils prendraient en charge la gestion des énergies renouvelables, la rénovation thermique, l'agriculture biologique, l'economie circulaire, etc. En France, il existe une quarantaine de milliardaires et 5000 ultra-riches, tandis qu'en Europe, on compte 600 milliardaires et 50 000 ultra-riches. Ils font partie de la solution... • 85

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MONDE ANTOINE BOUTTE Head of asset management, Sayacorp, Dubaï "J'AI L'IMPRESSION DE

M'être Enrichi

CULTURELLEMENT

Beaucoup Plus En

3 Ans À Dubaï Qu'en

31 ANS EN EUROPE." 86

Jérôme Goulon:

Bonjour Antoine. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Antoine Boutte :

J'ai 34 ans, je suis arrivé dans les Émirats il y a trois ans. Je suis Head of asset management d'une holding d'investissement, Sayacorp. Je travaille et vis à Dubaï, mais je suis aussi souvent à Abu Dhabi, car je me suis marié avec une Émiratie. Elle travaille pour la société pétrolière d'Abu Dhabi. Qu'est-ce qui vous a motivé pour vous installer à Dubaï ? Vous aviez cette réflexion depuis longtemps ? Non. En réalité, je suis venu de manière un peu forcée pour la première fois à Dubaï, il y a quatre ans et demi, pour l'anniversaire d'un proche. J'étais bourré d'a priori. Je pensais que j'allais détester, donc je n'avais booké que pour quatre jours. Je croyais que j'allais m'ennuyer. Et puis en fait, j'ai prolongé mon premier voyage, je suis resté deux semaines au lieu de quatre jours. J'ai adoré mon séjour, si bien que je suis revenu deux mois plus tard pour découvrir un petit peu plus le pays et voir l'environnement économique, pour voir comment fonctionnait le business dans le Golf. Et l'idée de vous installer à Dubaï a fait son chemin... Oui, j'avais ça en tête. Et puis en août 2021, j'ai sauté le pas. J'avais 31 ans, je n'étais pas marié, pas d'enfant, c'était le moment ou jamais ! J'ai quitté mon job en France et je suis arrivé à Dubaï sans travail. Je n'avais jamais fait ça dans ma vie. J'avais toujours été assez sécuritaire dans la manière de gérer ma carrière, Et vous avez retrouvé un travail facilement ? Je suis arrivé à Dubaï un mercredi soir à 23h30, et le jeudi matin à 11h00, j'avais une proposition de job ! J'ai trouvé un travail 12 heures après mon arrivée à Dubaï. C'était assez ir-

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réel. C'était une mission court terme de deux mois, ça m'a laissé le temps de prendre les marques. Ça s'est enchaîné, car deux à trois mois plus tard, j'étais contacté par un Family office européen qui voulait s'implanter ici. D'un point de vue du business, qu'est-ce qui vous a séduit à Dubaï? Le premier facteur, qui est le plus important, est toute la partie administrative. Et je ne parle pas que du cliché de la taxation. Aujourd'hui, vous montez une société en moins d'une semaine depuis votre canapé. C'est assez impressionnant. J'ai ouvert mes comptes bancaires sur mon téléphone en quelques minutes. Tout s'est fait très facilement. Le deuxième point important, c'est le melting pot. Il y a 90% d'expatriés à Dubaï, donc tout le monde fait preuve d'une grande adaptabilité, tout le monde est beaucoup plus compréhensif dans le business de tous les jours de par la mixité de la population. Pour mon premier job, j'ai travaillé avec 15 nationalités différentes, ce qui ne m'est jamais arrivé en Europe. D'un point de vue personnel, qu'estce qui vous a le plus séduit dans les Emirats ? La mixité culturelle. J'ai l'impression de m'être enrichi culturellement beaucoup plus en 3 ans à Dubaï qu'en 31 ans en Europe. J'ai cassé des centaines d'a priori que j'avais sur plein de types de cultures différentes, avec lesquelles je traite de manière récurrente. La deuxième chose, c'est les services. À Dubaï, on a une qualité de vie qu'on peut difficilement avoir dans un autre pays. À titre personnel, les services qu'on nous propose sont extraordinaires. Il m'est arrivé de tomber en panne d'essence à Abu Dhabi, et c'est une entité du gouvernement qui est venue me mettre de l'essence dans ma voiture. Sur toute la palette de services que proposent les Émirats,

Success Story: Ces Français

Installés Aux Émirats Arabes Unis

Antoine Boutte, Français de 34 ans, vit à Dubaï depuis trois ans. Alors qu'il avait des a priori sur le pays, il en est tombé amoureux et est aujourd'hui Head of asset management d'une holding d'investissement, Sayacorp. II nous explique pourquoi il a choisi de vivre dans les Emirats et les raisons pour lesquelles un retour en arrière n'est pour lui pas envisageable... cile, mais tout est fait pour faciliter la vie. Si on a besoin de quelque chose, on sait qu'on a une réponse, que ce soit le soir ou le week-end... Pas comme en France! (Rires) À ce sujet, que répondez-vous à ceux qui disent que les employés sont traités comme des esclaves ? Il y a un truc que j'entends en effet énormément de la part de Français sur le personnel de maison. Beaucoup de Français disent: «C'est un scandale, c'est de l'esclavageiại.. Nous, par exemple, on a quelqu'un qui vit chez nous. Sans donner de détails sur le salaire, ce que je toute ma famille. Et en plus, je vis dans un superbe endroit...» Elle fait vivre toute sa famille... Est-ce que vous envisagez un retour en France ? Non, pas du tout. Je ne me vois pas revenir en France. Et puis je tiens à souligner un point, c'est l'humanité des gens du Golf. J'ai pris une claque énorme, car j'avais énormément d'a priori. L'hospitalité et la gentillesse dont ils font preuve dans les Émirats, c'est assez extraordinaire. Sayacorp Capital Ltd., Dubaï c'est assez extraordinaire... On s'y fait très vite, et ça change complètement la vie. Je ne veux pas tomber dans le cliché de la « maid » à domiParlez-nous de clichés que vous aviez et qui ne sont pas justifiés... J'aime beaucoup l'Arabie Saoudite par exemple. Il faut savoir que plus de 50% des richesses du pays sont gérées par des femmes. Quand je deale pour mon travail avec l'Arabie Saoudite, je deale avec autant de femmes que d'hommes, ce qui est vrai aussi dans les Émirats. Dans la boucle de mails avec laquelle je travaille, il y a autant de femmes que d'hommes. Et c'est quelque chose qui est très peu courant en France. Dans mon industrie qui est l'investissement, c'est très masculin. Donc ça me fait toujours rire, quand je rentre en France, d'entendre parler, « Lhospitalte et la gentillesse dont ils font preuve dans les Emirats, c'est extraordinaire.» peux vous dire, c'est qu'elle gagne 10 fois plus chez nous que le salaire moyen dans son pays. Et en plus de son salaire, elle a le logement, le blanchiment, la nourriture, le transport, le téléphone portable... Quand on lui dit que nos amis français critiquent le fait qu'elle ne gagne pas assez, elle nous répond: « Juste avec ce que vous me donnez, j'arrive à nourrir plus que à propos de l'Arabie Saoudite ou des Émirats, de « pays de machos», alors que ça ne l'est pas du tout... Il y a un fait qui est révélateur: le président de la plus grosse banque des Émirats, First Abu Dhabi Bank, est une femme. Ça ne peut pas être plus parlant... • 87

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Faits Divers

L'AFFAIRE

Nathalie Prince

Disparue en pleine tempête: départ volontaire ou bien enlèvement ?

Par Black-Track, Spécialiste Des Cold Cases

Au soir du 4 octobre 2021, Nathalie Prince disparaît dans la nuit, à 500 mètres de chez elle. Depuis, les pistes manquent pour expliquer cette absence, requalifiée en affaire criminelle... L'étrange absence Une pluie diluvienne s'abat sur le Var, le 4 octobre 2021. Le département est placé en alerte pluies et vents violents, rendant les rues quasi désertes à la tombée de la nuit. Une fois rentré du travail, personne ne cherche à ressortir sous ce déluge et pourtant, une femme s'aventure seule dans la nuit. Nathalie Prince a 55 ans. Vêtue d'une simple doudoune grise, chaussée de baskets blanches qui seront vite trempées, elle quitte son domicile du quartier de Bellevue, à la sortie de Fréjus. Divorcée depuis 7 ans, elle vit avec son fils de 24 ans, en vadrouille ce soir-là. Aussi ne sait-on à quelle heure Nathalie Prince a quitté sa maison, entre 20H45 et 3H du matin, heure à laquelle son fils est rentré pour trouver la porte non verrouillée. Croyant à une simple étourderie et voyant la voiture de sa mère garée à sa place, le jeune homme est monté se coucher discrètement pour ne pas la réveiller. C'est l'aîné qui constate l'absence qui avertit la famille. chez leur mère, bien au contraire. S'il s'agit bien de son écriture, il ne peut s'agir de ses mots.

Nathalie Prince (À Droite) Avec

Sa Fille Loren

pour réapparaître quelque temps plus tard. Certaines personnes le font, pas elle. La lettre Personne ne sait où a pu se rendre Nathalie Prince en pleine nuit, à pied et par un temps de déluge. Proche de ses enfants, mère aimante et aimée, elle n'a jamais fugué soudainement 88 vement, elle participe aux réunions, s'implique, débat, organise. Au point de susciter quelques frictions avec d'autres protestataires, et parfois avec ses proches, lassés d'entendre les discours militants. Récemment guérie de problèmes de santé, la quinquagénaire sortait affaiblie - mais pas abatAu bord de la route Prévenus, les policiers conduisent des recherches à proximité du quartier de Bellevue, étendent le périmètre à tout Fréjus. En contrebas de la résidence, le parc Aurélien est fouillé, le petit lac sondé par les plongeurs. Un chien pisteur refait le trajet de Nathalie Prince entre son domicile et la Villa Aurélien. Un kilomètre à pied et puis plus rien : la piste s'interrompt au bord de la départementale 37. tue - d'une année éprouvante. Elle s'engage dans les manifestations anti pass sanitaire tout au long de l'épidémie de Covid-19. Dans les rues de Fréjus, Nathalie Prince se trouve souvent en tête de cortège. Leader officieuse du mouPas de quoi justifier cependant la lettre manuscrite qu'elle a laissé derrière elle, dans sa chambre, au soir du 4 octobre. Nathalie Prince s'y dépeint en mauvaise personne et en mauvaise mère, s'excuse de son égoïsme, se déprécie... Des choses que ses enfants n'ont jamais vues ou entendues Dès lors, la disparition va prendre une dimension plus inquiétante encore où l'intervention d'un tiers n'est pas à exclure. Au vu des traces s'arrêtant

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Black-Track brusquement au bord d'une route, les proches imaginent que Nathalie Prince est montée en voiture. Sinon, comment expliquer la fin de la piste olfactive ? Encore faut-il comprendre pourquoi, et avec qui. Peut-être devait-elle rejoindre ce quelqu'un à cet endroit. Peut-être a-t-elle fait du stop et changé de vie. L'idée a d'abord effleuré l'esprit de ses enfants, qui espéraient des nouvelles dans les prochaines semaines. Mais les mois passent et le silence reste. Deux ans plus tard, difficile de croire qu'une mère laisserait ses enfants s'inquiéter de son sort sous prétexte d'un changement radical de mode de vie. Oui, Nathalie Prince parlait parfois de s'extirper du quotidien et du consumérisme pour adopter une existence plus simple. Cultiver un potager sur un terrain à l'écart de la ville aurait été un bon début qu'elle évoquait parfois. Mais partir ainsi, jamais. Pas en laissant ses enfants en plein cauchemar. La piste criminelle envisagée L'enquête pour disparition inquiétante échoue à produire de véritables pistes ou à pointer un suspect, en dépit du dossier qui s'épaissit à mesure que des dizaines d'auditions sont menées. L'entourage de Nathalie Prince et notamment les personnes fréquentées à l'occasion des manifestations « anti-pass » sont interrogés. De ces auditions ressortent des profils parfois atypiques, des colériques, des révoltés, mais pas de kidnappeurs en puissance ou d'escroc. Pas de suspects donc, et la question reste la même : où est passée Nathalie Prince? Elle reste en suspens pendant plus d'un an, avant que l'étiquette apposée sur le dossier change, passant d'une disparition inquiétante à un « enlèvement et séquestration » à la fin 2022. Une terminologie plus que symbolique qui doit accorder plus de moyens logistiques et juridiques aux

Cold Case: Qu'est-Il Arrivé

À Nathalie Prince?

Nathalie Prince (Au Centre) Avec Ses Deux Fils

enquêteurs pour retrouver la mère de famille, avec notamment un point a explorer, celui de la « Guide de lumière Ạồ elle pu mettre des idées dans la tête de la mère de famille ? C'est une femme « d'un certain âge » disait Nathalie Prince à ses proches, les rares fois où elle a évoqué cette mystérieuse inconnue. Où l'a-t-elle rencontrée et quand, nul ne le sait. Elle ne s'est pas étendue sur le sujet, n'a pas montré de photo, ni donné de nom. Tout juste disait-elle qu'elle se sentait « investie d'une mission sur Terre iại Une originale qui n'a peutêtre rien à voir dans la disparition de Nathalie Prince, mais tout de même... Étrange que personne ne réussisse à la retrouver elle aussi, que personne dans les environs de Fréjus n'ait eu vent de cette « Guide de lumière » qui reste dans l'ombre. C'est là tout le drame de cette disparition, comme tant d'autres : les pistes les plus ténues sont les seules prises auxquelles les familles peuvent se raccrocher... Car malgré les affiches placardées partout dans la région, malgré les appels à témoins, la « Guide » ne s'est jamais présentée à la police. Est-ce elle qui a donné rendez-vous à Nathalie Prince la nuit de sa disparition, aux abords de la Villa Aurélien ? Cette personne aux allures de « gourou» a-t-

Flashez Le Qrcode Ci-Dessus Si

Vous Pensez Avoir Des Infor-

Mations Sur Cette Affaire...

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Faits Divers

Black Track:

de suite au commissariat.

Au fil des ans, de nouvelles pistes sont-elles apparues ?

Nous n'avons jamais eu de réelles pistes. Ma mère était très active sur les réseaux et en les vérifiant il y avait tellement d'éléments que nous ne savions plus vraiment dans quelle direction aller... La police a fait de nombreux interrogatoires, mais jamais rien n'est ressorti. Quel est votre ressenti ? Au début la seule chose à laquelle Loren Maria, fille de Nathalie Prince Quelles étaient les circonstances entourant la disparition à l'époque ?

Lauren Maria :

Ma mère a disparu dans la nuit du lundi 4 octobre 2021 au mardi 5 octobre 2021. La dernière personne à l'avoir vu est mon frère Axel, il la voit étendre son linge. Avec le recul, il la trouve étrange. Axel rentre récupérer son chargeur vers 18h, ma mère est sur le canapé. Et il ne revient pas avant 2h ou 3h du matin. Ce sera la dernière fois qu'il la voit «en coup de vent». Quand il rentre, la porte n'est pas verrouillée, il ne s'alerte pas même si cela est très rare. Cette même soirée elle passe un dernier appel, très bref, à son compagnon de l'époque et elle explique qu'elle va se coucher, qu'elle est fatiguée. Son téléphone est ensuite éteint... C'est seulement mardi en fin d'après-midi que mon grand frère Dylan est alerté. Elle ne répond pas au téléphone, sa voiture est devant la maison, elle n'est pas allée au travail... Mon frère me prévient et je pars tout 90 ẠạồẠNous n'avons jamais eu de réelles pistes. La police a fait de nombreux interrogatoires, mais jamais rien n'est ressorti. » nous pensons c'est « la chercher ». J'organise des fouilles dans les forêts, les lieux de recueillements, les endroits où elle a l'habitude d'aller... je pense forcément tout de suite qu'il lui est arrive quelque chose de grave alors il ne faut pas perdre de temps. Puis, les jours passent et je me dis que si elle s'était fait du mal nous aurions retrouvé son corps alors je m'accroche à autre chose... Je pense alors à une personne malveillante qui a profité de sa fragilité ces derniers temps et qui lui a promis quelque chose... C'est un combat quotidien, je la chercherai toute ma vie. Cet être qui est indispensable pour chacun d'entre nous, une mère. Nous espérons trouver un indice qui nous permettrait de savoir où elle est, si elle va bien et si elle est maître de cette situation... Y avait-il des comportements inhabituels avant la disparition ? Ma mère a subi il y a quelques années l'amputation du gros orteil. Aprés cela, elle a eu un accident de voiture où s'en est suivi un choc psychologique. Puis il y a eu le début des manifestations anti-pass où elle s'est investie comme leader dans les manifestations. Lorsque nous nous réunissions en famille, elle était pendue à son téléphone. Les derniers week-ends avant sa disparition elle n'allait plus aux manifestations. Nous avons appris qu'elle avait été évincée, car elle prenait des décisions seules et cela n'a pas plu à ses partenaires. Elle avait aussi eu des discussions assez virulentes lors de ces événements avec certaines personnes... Je pense que tout cela l'a vraiment affecté. Elle s'est sentie rejetée par tout le monde... incomprise... cela a peut-être accéléré sa disparition... Pensez-vous qu'elle aurait pu volontairement disparaître ? Ma mère a laissé une lettre avant de disparaître. Cela suppose forcément qu'une partie d'elle est volontaire, mais nous étions tellement proches que je n'arrive pas à imaginer qu'elle ne donne aucun signe de vie. Cette lettre ne lui ressemble pas, elle écrit des mots tellement durs sur elle-même que je n'arrive pas à me sortir de la tête que quelqu'un lui aurait sûrement dictée. Pour moi, il y a quelqu'un qui a précipité ce départ. Et quelque chose aurait mal tourné.. Quel serait le message que vous aimeriez lui faire passer, si jamais elle vous lisait ? Aujourd'hui, j'aimerais lui dire au nom de toute la famille qu'on l'attend, qu'elle nous manque, savoir si elle va bien, qu'on l'aime et qu'on veut juste trouver des solutions pour qu'elle revienne auprès de nous. J'aimerais lui dire qu'elle est devenue grand-mère et que sa petite fille est une force de la nature tout comme elle, que c'est un rayon de soleil au quotidien et qu'elle aimerait juste la serrer dans ses bras... Quel serait l'appel à témoins que vous souhaiteriez diffuser auprès des lecteurs ? Si quelqu'un croit apercevoir ma mère qu'il n'hésite pas à prendre une photo, à contacter la police de Fréjus ou ce numéro: 06 69 2971 55 (ligne de recherche, Ndlr.) Ma mère a 58 ans, mesure 1,60m, a les yeux bleus, cheveux blonds. Je souhaiterais aussi dire à ses derniers amis que s'ils savent quelque chose, il serait temps de le dire. L'attente est vraiment ce qu'il y a de plus insupportable... •

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Black-Track

Cold Case: Qu'est-Il Arrivé

À Nathalie Prince?

Le détective privé mandaté pour enquêter sur la disparition

Black Track:

Pouvez-vous nous parler de votre expérience et de votre spécialisation utilisée dans le cadre de l'affaire Nathalie Prince ? LE DÉTECTIVE PRIVE: (anonymat demandé, investigation en cours sur le terrain ) Cela fait une dizaine d'années que je suis dans le métier. Je travaille sur les dossiers de dérives sectaires et des affaires plus spécifiques qui sont liées à la manipulation. Parfois, une disparition peut être une simple rupture familiale volontaire, mais parfois ce choix peut-être accééré par une manipulation, un abus de faiblesse de la part d'un gourou ou bien d'un groupe. Donc cela nécessite de remonter le fil. Quels ont été vos premiers pas quand la famille de Nathalie Prince vous a mandaté ? Dans le cadre du dossier de Nathalie Prince, il s'agit de vérifier s'il y a une dérive sectaire qui a pu générer une rupture ou si c'est une rupture volontaire. Quelles sont vos techniques et méthodes utilisées dans ce dossier ? Il y a les techniques de base du détective privé : surveillance, recueil de témoignages, filature et beaucoup de recherches sur Internet. Donc la capacité d'arriver à remonter un certain nombre de traces qui a pu être laissé par la personne ou d'essayer de déterminer évidemment les derniers liens qu'elle a pu avoir avec son environnement social. Et dans le cas des dérives sectaires si j'ai une suspicion sur un groupe, ça peut m'arriver «Dans le cadre du dossier de Nathalie Prince, il s'agit de vérifier s'il y a une dérive sectaire qui a pu générer une rupture...» de m'infiltrer. On essaye alors d'avoir des informations de l'intérieur. Comment remontez-vous les pistes de l'époque ? En tant que spécialiste dans les dérives sectaires, ma façon de travailler, c'est de partir des croyances des gens. Donc j'ai essayé de partir des propres documents de Nathalie Prince afin de remonter ses croyances les plus récentes, car elle en avait beaucoup. On sent bien qu'elle a été mise en contact avec un certain nombre de personnes. J'essaye de déterminer si à travers ces croyances, on peut y voir un projet lié à une volonté de disparaître. Comment une personne peut-elle disparaitre un soir de tempête sans avoir recours à la présence d'un tiers selon vous ? c'était le même soir que cette fameuse panne mondiale Facebook, Messenger, WhatsApp. Elle n'a pas pu s'évanouir dans le paysage à proximité de chez elle sans téléphone, donc, pour moi, elle avait un point de chute. Suite à vos premières investigations, la disparition volontaire n'est pas à écarter ? Oui complètement. Parce qu'il y a eu une période où elle commençait déjà à avoir des projets. Elle avait déposé des demandes de congés sans solde. Elle avait cette volonté avec un motif qui n'a pas toujours été compris. Comment ensuite elle arrive à partir? Je sais que les chiens ont marqué jusqu'à un point particulier. Donc elle avait un point de chute, qui l'a sans doute menée ailleurs. Peut-être encore en France. Il existe sur le sol français des cellules qui permettent de disparaitre. S'il y a l'intervention d'une dérive sectaire dans ce dossier, comment agissent-ils ? Via les réseaux sociaux pour arriver au moins à faire des contacts. Sachant que derrière les réseaux sociaux, on peut se mettre sous n'importe quel nom assez facilement. Il n'y a pas de traçage pour savoir qui se cache derrière un pseudonyme. D'ailleurs, Telegram, c'est quand même une plateforme qui est assez pratique pour pouvoir converser de manière chiffrée, tout en ayant la possibilité de constituer des groupes.. Et puis physiquement sur le terrain. Où en êtes-vous au niveau de votre enquête ? C'est sûr qu'il y a au moins un point de chute. Et Actuellement, il me manque une pièce maîtresse à laquelle je devrais pouvoir accéder. La demande a été acceptée par la juge d'instruction. Cette pièce peut me faire repartir sur des points d'enquête ou fermer des pistes définitivement. En tant que complément dans l'enquête, je n'ai pas vocation à retrouver, Mme Prince, j'ai plus la vocation à aider les forces de l'ordre à mon niveau et à apporter mon expertise. J'ai vraiment une intuition. L'intuition, ça peut servir comme moteur de départ, mais il faut toujours qu'il y ait une analyse derrière. J'espère avoir accès rapidement à cette pièce manquante. L'intervention d'un tiers n'est pas à exclure ? C'est toujours possible. Si je trouve des éléments qui vont dans ce sens ou annexes, j'en informerai mes clients. Quels sont les critères qui marqueront la fin de vos investigations ? Si je sens uniquement que la personne n'a pas été dans cette direction (dérives sectaires, Ndlr.), à travers des éléments factuels... 91

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ÉVASION 92 • UNE PLAGE DE L'ÎLE DE RODRIGUES, DONT LE LAGON EST L'UN DES PLUS BEAUX DE L'OCÉAN INDIEN

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Rodrigues

La Perle

De L'océan Indien

Par notre envoyée spéciale à Rodrigues Jessica Pierné REPORTAGE EXCLUSIF Perdue au milieu de l'océan Indien, Rodrigues est une île sublime qui a su préserver son authenticité et résister au charme de l'excès. Ici, «c'est l'appel d'un autre monde, où règnent les rochers, le ciel et la mer» observe Jean-Marie Le Clézio dans son Voyage à Rodrigues. L'écrivain a su, mieux que personne, décrire le pouvoir magnétique qu'exerce l'île sur ceux qui s'en approchent. Celle que l'on surnomme la «Cendrillon des Mascareignes» affiche des paysages volcaniques qui surplombent un magnifique lagon de 200 km2, l'un des plus beaux de l'océan Indien. Bienvenue au bout du monde... 93

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EVASION

L'arrivée Sur L'île De Rodrigues En Avion

La magie de notre voyage à Rodrigues débute avant même d'avoir foulé le sol de l'île. Dans l'avion qui relie l'île Maurice à Rodrigues, les nuances de bleu et de vert défilent sous nos ailes jusqu'à lappartion de la piste d'atterisage au milieu d'une baie • paradisiaque. Nous sommes au bout du monde... 94

Des Paysages À Couper Le Souffle

Aimantés par le bleu du lagon du Sud, nous débutons notre visite en dévalant le sentier des chercheurs d'or, parmi les bou2 une de et nous par de pres et a en au pour se reme du go en de ane des / abriterait des trésors enfouis par des pirates. Elle est également réputée pour ses fonds marins qui regorgent de bancs de barracuda. La richesse des fonds coralliens de Rodrigues et la variété de la faune sous-marine en font d'ailleurs une destination de plongée exceptionnelle. Son lagon est l'un des plus beaux de l'océan Indien. Après une longue marche, nous faisons une halte dans la plus ancienne ferme de l'île pour y déguster une boisson exotique et contempler les nuances bleutées.

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Rodrigues: La Perle

De L'océan Indien

Notre Reporter Dans La Réserve François Leguat

Rodrigues, terre minuscule de 16 kilomètres sur 8 perdue dans l'océan Indien, est-elle hors du temps ? Sans doute. A-t-elle testant huguenot bressan chassé de France par la révocation de l'édit de Nantes. Avec huit compagnons, il explora cette île alors déserte et la mis en culture. Lui et ses acolytes y passèrent deux ans. Depuis 2007, une réserve porte le nom de l'explorateur et abrite une centaine de tortues géantes. On peut les caresser dans un canyon où elles évoluent en liberté.

L'île Aux Cocos, Le Paradis Des Oiseaux

Nous poursuivons notre visite sur l'île aux Cocos, où les oiseaux ont carrément pris le pouvoir. Il faut plus d'une heure de _pirogue à voile dans un lagon translucide pour rejoindre cette réserve naturelle. Ici vivent le noddi brun, la sterne tuligineuse • et la belle goélette blanche. Perché dans les filaos, les oiseaux vivent sereinement dans cette réserve naturelle ou l'homme est un intrus. Il est d'ailleurs impossible d'y passer la nuit. 95

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EVASION

Le Quotidien Des Rodriguais

A Rodrigues, c'est chacun son ouvrage! Les temmes, équipées d'une lance pointue, vont piquer les zourites, des poulpes utilisées dans les cuisines mauricienne et réunionaise. La pêche se fait à marée basse, dans le lagon. puis elle fait sécher les poulpes sur la plage. Les hommes, eux, partent à l'aube en pirogue traquer le capitaine, une espèce de poissons cotiers...

S'imprégner De L'ambiance Locale

CORNER STORE Le samedi matin est jour de marché à Port-Mathurin, village-capitale composé de quelques rues qui surplombent le lagon. leurs petits étals, présentent dans des bocaux du limon, des zourites (le poulpe, plat national), leur chutney de coco, leurs piments rouges ou verts en grandes bouteilles, ou encore du miel... 96

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Rodrigues: La Perle

De L'océan Indien

Un Superbe Spot De Kitesurf

Rodrigues, petite perle des Mascareignes, est aussi réputée pour la planche à voile et le kitesurf. Dans le sud de l'île, les 7 aux aute autoue poter de ambane amirale de eng que sur a en en porte On peut siter aux activités nautiques et profiter de l'ambiance familiale et de la vue magique sur la mer indienne.

Des Plages Désertes

Pour le dernier jour, nous nous rendons sur la plus belle plage de l'île, où le grand-père de Le Clézio a cherché vainement anglais, bercé par les vents dans les feuilles tranchantes de Vacoas. À défaut de trouver un trésor, il trouva l'inspiration pour décrire le pouvoir magnétique de cette île au charme immuable... CARNET Vols Aller/Retour: DE ROUTE WWW.ILE-RODRIGUES.FR/ À partir de 1000€ par personne pour Rodrigues au départ de Paris. Hébergements: aNS Tekoma Hôtel***** - Chambre avec vue sur l'océan à partir de 293€ la nuit pour deux personnes. Hötel Mourouk - Chambre pour deux personnes à partir de 198 € la nuit. Maison d'hôtes La Belle Rodriguaise - À partir de 150 € la chambre pour deux personnes. 97

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LITTÉRATURE La critique littéraire d'Emmanuelle Ménard Députée de l'Hérault Le réseau de John Grisham "Un supplice. Ce livre est un U asie nante annonce politico-financier, annoncé comme le plus grand succès de John Grisham après La Firme, est un instrument de torture à lui tout seul. Si l'histoire démarre fort, elle se perd très rapidement dans des atermoiements, une pesanteur qui rend le lecteur mal à l'aise. Comment tout cela va-t-il se terminer ? 15 ans après la chute du cabinet Bendini dans La Firme, le thriller culte de John Grisham, revoilà Mitch et Abby, les sympathiques héros du premier opus. Pour mémoire, sorti en 1991, La Firme est le deuxième roman de John Grisham et reste de loin son plus grand succès, ayant même été adapté au cinéma en 1993 par Sydney Pollack, avec le beau Tom Cruise dans le costume du jeune avocat ambitieux et forcément talentueux qui tente d'échapper à la mafia... Le Réseau est donc la suite. Ou est du moins présenté comme tel. Quinze ans plus tard, Mitch McDeere et sa femme Abby - devenus parents d'adorables jumeaux apprentis joueurs de base-ball - sont confortablement installes a Manhattan. Abby est éditrice de livres de cuisine. Mitch travaille pour le plus grand cabinet international d'avocats au monde. Mais leur vie bien huilée s'enraye lorsqu'il se rend en Libye 98 JOHN GRISHAM

Le Réseau

Après La Firme, Le Plus Grand

Succès De John Grisham

JC Lattès «Le réseau», de John Grisham, Ed. JC Lattès, avril 2024, 496 pages, 22,90 € « La Firme est le plus grand succès de John Grisham, ayant même été adapté au cinéma en 1993 avec Tom Cruise. Le réseau est donc la suite.ồ - celle de Kadhafi - défendre les intérêts d'un grand groupe turc. La fille d'un de ses associés qui l'accompagne est en effet kidnappée par des terroristes et menacée d'exécution à moins qu'une rançon ne soit payée. Une course contre la montre commence alors pour réunir la somme extravagante exigée par les ravisseurs. Malheureusement, alors que l'on s'attend à vivre une partie de la vie de l'otage, cette partie est très peu développée. Alors que l'on imagine des rebondissements concernant la famille de Mitch, clairement menacée par les ravisseurs qui semblent tout connaitre de notre héros, rien ne se passe non plus de ce côté-là... Au contraire, on tourne les pages les unes après les autres pour suivre les tractations ennuyeuses de nos avocats avec des États qui hésitent à mettre la main au portefeuille pour sauver leur ressortissante et des associés richissimes qui refusent de se séparer de leur fortune... Sans oublier l'exaspérante boite de sécurité privée- des mercenaires grassement payés - qui parle et s'agite beaucoup pour tenter de masquer son impuissance à obtenir la moindre information crédible... Heureusement, les toutes dernières pages sauvent le livre, quand enfin le rythme s'accélère et que l'on tremble -un peu- pour les protagonistes de l'histoire. Un petit conseil à John Grisham: s'il devait y avoir un troisième tome à cette saga - la porte est laissée entrouverte - on aimerait retrouver les intrigues palpitantes et le suspense haletant auquel il nous avait habitués... Comme si cette « suite», qui bénéficiait pourtant d'un beau potentiel, n'était qu'un intermède pour nous faire prendre notre mal en patience. •

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anI qu O!

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PEINE MAXIMUM RATAILLE MOÏSE BIN BAM BOUM Salieri AVOIR UNE FILLE TATOUE-MOI TATOUE-MOI ADAM TATOUE-MOI ET EVE TATOUE-MOI ROMÉO ETJULIETTE MOZART OPERA ROCK LOUIS L'Assassymphonie Ça Ira XIV 1789 Mon Amour RAMSÈS IRT AIMER C'est Bientôt La Fin

La Faute ?

MON ESSENTIEL RETROUVAILLES MON TAN!

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Les Rois

QU'ON REVE

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TEMPS MOZART LE ROI TATOUE SOLEIL MOI SANS LUI MUSIQUE MUSIQUE le BIEN QUi FAI MUSIQUE ÊTRE À

La Hauteur

À QUI MAL NOS L'Envie d'Aimen OPÉRA ROCK LES DIx COMMANDEMENTS SRETROUVAILLES

Des Comedies Musicales Françaises

Les Artistes Originaux Réunis Sur Scène

CES REFRAINS QUI REPRENNENT VIE CE SOIR "

Romeo Et Julietteles 10 Commandements Romeo Et Juliette 1789

Le Roi Soleil Mozart L'opéra Rock Le Roi Soleil

Mozart L'opera Rock Adam Et Eve 1789 Les Amants De La Bastille

Adam Et Eve 1789 Romed Et Juliette Le Boi Soleil Adam Et Eve

Les 10 Gommandementsle Roi Soleil Mozart L'opera Rock 1789

Adam Et Eve Romeo Et Juliette1789Le Roi Soleil

Le Roi Soleil Les 10 Commandements Mozart L'opéra Rock

12 - 13 - 14 Septembre 2024

! bobino ROME JULIETTI

Saison 2

-Marc Dumontet

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