Ubisoft a créé la surprise en repoussant la publication de ses résultats semestriels et en demandant la suspension de sa cotation à la Bourse de Paris. L’éditeur n’a fourni aucune explication publique, mais ce contretemps intervient dans un contexte déjà très fragile : son action a perdu près de la moitié de sa valeur depuis janvier.
Une suspension soudaine qui interroge
Dans un communiqué, la société annonce avoir sollicité Euronext afin que l’action et les obligations du groupe cessent d’être cotées à partir du 14 novembre, et ce jusqu’à la publication des résultats prévue dans les prochains jours. En interne, la direction évoque seulement un « délai supplémentaire » nécessaire pour finaliser les comptes, et affirme vouloir éviter la spéculation durant cette période. Une formulation jugée suffisamment inhabituelle pour alimenter toutes les hypothèses autour d’une annonce importante à venir.
Ces dernières années, Ubisoft a accumulé les revers. Plusieurs titres majeurs ont connu des performances décevantes, et certains projets ont été abandonnés rapidement, comme son jeu de tir en ligne stoppé peu après son lancement. Depuis 2023, le groupe mène une cure d’austérité qui s’est traduite par plus de 2 000 départs et la fermeture de studios à l’étranger. La restructuration engagée en 2024 se poursuit : les équipes sont désormais regroupées autour de trois franchises piliers (Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six), tandis que des plans de départ volontaire ont récemment été annoncés en Suède, notamment au sein des studios impliqués dans le développement de Star Wars Outlaws.
Entre réorganisation douloureuse, coûts réduits à marche forcée et série de lancements mitigés, le groupe aborde une période déterminante. La suspension de cotation, rare dans ce secteur, renforce l’impression d’un éditeur à la croisée des chemins, scruté de près par les investisseurs comme par toute l’industrie du jeu vidéo.