Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour obtenir une trêve dans la bande de Gaza, le Hamas a vivement critiqué la dernière proposition de cessez-le-feu soutenue par les États-Unis, affirmant qu’elle ne satisfait pas les exigences fondamentales des Palestiniens. La déclaration intervient alors que Washington assure avoir obtenu l’« assentiment » d’Israël sur le plan présenté.
« Cette proposition ne répond à aucune des demandes de notre peuple, notamment l’arrêt de la guerre, de la famine, et la fin du siège », a déclaré Bassem Naïm, haut responsable du Hamas en exil, jeudi soir dans un communiqué publié depuis le Qatar, où se trouve une partie de la direction du mouvement islamiste.
Une trêve jugée insuffisante
Selon le Hamas, la réponse israélienne à la proposition américaine signifierait en pratique le maintien de l’occupation dans certaines zones de Gaza, la poursuite des opérations militaires ciblées, et l’aggravation de la crise humanitaire, même durant la période de cessez-le-feu.
« Il ne s’agit pas d’une véritable trêve mais d’un répit tactique qui permet à Israël de se réorganiser », dénonce le Hamas.
Pour autant, le Hamas n’écarte pas totalement la proposition : « La direction du mouvement examine avec un grand sens des responsabilités et du patriotisme la réponse à donner », a-t-il ajouté.
Le contenu de la proposition américaine
La proposition présentée par les États-Unis prévoit une trêve en plusieurs phases, comprenant : un cessez-le-feu temporaire de six semaines, la libération progressive des otages israéliens détenus à Gaza, en échange de prisonniers palestiniens, une augmentation massive de l’aide humanitaire acheminée par l’Égypte et via le port d’Ashdod et des négociations indirectes pour une trêve durable et un accord de paix à plus long terme.
Israël, selon la Maison-Blanche, aurait donné son feu vert de principe à cette proposition, bien que les détails n’aient pas été rendus publics. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, très critiqué au sein de sa coalition, a toutefois réaffirmé cette semaine que « la guerre continuera jusqu’à l’élimination du Hamas », laissant planer des doutes sur son engagement réel envers un cessez-le-feu durable.
Un contexte humanitaire dramatique
Sur le terrain, la situation à Gaza reste catastrophique. D’après les derniers chiffres de l’ONU, plus de 36 000 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre 2023, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas. 1,9 million de personnes sont déplacées, et la famine menace plusieurs zones, notamment dans le nord de l’enclave.
Le Programme alimentaire mondial alerte sur le fait que plus d’un enfant sur deux souffre de malnutrition sévère. Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé mercredi à « un cessez-le-feu immédiat et humanitaire », qualifiant la situation à Rafah de « cauchemar humanitaire ».