Le nom du futur porte-avions français, dévoilé par Emmanuel Macron le 18 mars dernier, a aussitôt ouvert un débat grammatical inattendu. Fallait-il dire « le France libre » ou « la France libre » ? Selon la réponse de l’Académie française, la règle en usage dans la Marine nationale tranche nettement en faveur de la seconde formule.
Une règle propre aux bâtiments militaires
D’après les explications fournies par l’Académie française, l’usage typographique naval impose que l’article s’accorde avec le nom lui-même. Autrement dit, puisque « France libre » est un groupe féminin, le navire devrait être désigné comme « la France libre ».
Cette logique ne correspond pas à celle de la marine marchande, où l’article suit souvent le type de bâtiment, ce qui a donné des appellations comme « le France » ou « le Normandie ». Pour les navires militaires, la tradition est différente : on disait ainsi « la Jeanne-d’Arc » ou « la Somme ». L’Académie précise à l’AFP qu’elle se fonde ici sur les règles de l’Imprimerie nationale.
Le cadre n’est d’ailleurs pas seulement coutumier. Le Lexique de l’Imprimerie nationale rappelle que cette question avait déjà été fixée par des circulaires ministérielles de 1934 et 1955, validées par l’Académie française et l’Académie de marine. En concluant son discours par « Vive le France libre », le chef de l’État s’est donc écarté de cette norme, même si certains spécialistes de l’histoire maritime estiment que l’usage peut toujours finir par faire évoluer la tradition.
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