Un kamikaze s’est fait exploser mardi devant un tribunal d’Islamabad, tuant 12 personnes et en blessant 27 autres, dans la première attaque visant des civils dans la capitale pakistanaise depuis dix ans. Le ministre de la Défense a déclaré que le pays était désormais dans un « état de guerre ».
L’attentat, qui n’a pas été revendiqué, intervient dans un climat de tensions accrues entre le Pakistan, l’Afghanistan et l’Inde. Les autorités pakistanaises ont accusé des militants basés en Afghanistan et soutenus, selon elles, par l’Inde. Kaboul a rejeté ces accusations, exprimant toutefois sa « profonde tristesse » face à l’attaque.
Peu après l’attentat, une autre attaque distincte a visé une école militaire dans le nord-ouest du pays, faisant trois morts et plusieurs blessés. Les forces de sécurité ont réussi à évacuer des centaines d’élèves pris au piège après qu’un véhicule piégé a percuté l’entrée principale.
Le groupe Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) a nié toute implication, mais des experts estiment que de nouvelles factions proches du TTP pourraient avoir mené ces attaques afin de semer la confusion et déstabiliser le pays.
Selon les autorités, le kamikaze d’Islamabad a tenté de pénétrer dans le palais de justice avant de déclencher sa charge explosive à l’extérieur, près d’un véhicule de police. Les images diffusées par les médias locaux montrent des véhicules en feu et des victimes gisant sur le sol.
Cette nouvelle vague d’attentats ravive le souvenir d’attaques meurtrières survenues au Pakistan dans les années 2010 et souligne le risque d’un retour de la violence extrémiste dans la région, déjà fragilisée par les tensions diplomatiques entre Islamabad, Kaboul et New Delhi.