Zelenskiy sollicite un soutien renforcé au G7 malgré le départ anticipé de Trump
Zelenskiy sollicite un soutien renforcé au G7 malgré le départ anticipé de Trump

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a lancé un appel pressant aux dirigeants du G7 pour renforcer l’appui à l’Ukraine face à la Russie, alors même que le président américain Donald Trump a écourté sa participation au sommet, quittant prématurément le Canada pour gérer la situation tendue au Moyen-Orient. Ce départ inattendu a fragilisé l’unité des grandes puissances réunies à Kananaskis, en Alberta.

Zelenskiy doit rencontrer le Premier ministre canadien Mark Carney, qui préside actuellement le G7, avant de participer à un petit-déjeuner de travail consacré à l’Ukraine, en présence du nouveau secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. L’ambassade d’Ukraine à Ottawa a confirmé que le programme du président ukrainien n’a pas été modifié. Il entend plaider pour un soutien militaire accru, de nouvelles sanctions contre la Russie et une aide financière pour la reconstruction.

Trump a justifié son retour anticipé à Washington par la flambée de violence au Moyen-Orient, notamment l’escalade militaire entre Israël et l’Iran. Son absence laisse planer des incertitudes sur la cohésion du sommet, d’autant que ses positions, jugées conciliantes envers Vladimir Poutine, ont déjà semé la discorde parmi les membres du G7. Il a notamment relancé le débat sur la légitimité de l’exclusion de la Russie du groupe après l’annexion de la Crimée en 2014, tout en refusant de soutenir certaines initiatives collectives sur les questions de migration, d’intelligence artificielle ou de ressources critiques.

Une déclaration commune a néanmoins été adoptée, appelant à une désescalade du conflit israélo-iranien et reconnaissant le droit d’Israël à se défendre. Le texte souligne également que l’Iran constitue une menace majeure pour la stabilité régionale. Mais l’adhésion de Trump à cette déclaration contraste avec le reste de son positionnement sur la scène internationale, et ses divergences avec d’autres chefs d’État, notamment sur les politiques commerciales ou l’intégration de partenaires externes comme la Russie.

Les entretiens bilatéraux ont donné lieu à des résultats contrastés : Trump a conclu un accord commercial avec le Royaume-Uni et promis un renforcement des liens économiques avec le Canada dans les 30 jours. En revanche, aucun accord n’a été finalisé avec le Japon, malgré une discussion qualifiée de « franche » par le Premier ministre Ishiba Shigeru.

Dans ce climat incertain, Carney a invité plusieurs puissances émergentes — dont l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud ou la Corée du Sud — à participer aux discussions, dans l’espoir de diversifier les partenariats économiques du Canada. La présence du Premier ministre indien Narendra Modi, dont les relations avec Ottawa restent tendues depuis l’assassinat en 2023 du leader séparatiste sikh Hardeep Singh Nijjar, a toutefois ajouté une dimension diplomatique délicate à cette réunion déjà marquée par les divisions.

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