Les États-Unis ont averti mardi aux Nations unies qu’ils entendaient imposer et appliquer des sanctions « dans toute la mesure du possible » afin de priver le président vénézuélien Nicolás Maduro de ressources, a rapporté Reuters. Cette déclaration, faite devant le Conseil de sécurité, s’inscrit dans une campagne de pression accrue menée par l’administration américaine contre Caracas.
S’exprimant à l’ONU, l’ambassadeur américain Mike Waltz a affirmé que « la menace la plus grave » pesant sur l’hémisphère occidental provenait de groupes terroristes et de réseaux criminels transnationaux. Washington accuse le pouvoir vénézuélien d’entretenir des liens avec le narcotrafic et promet d’agir pour tarir ses sources de financement.
Depuis plusieurs mois, l’administration du président Donald Trump a renforcé ses opérations maritimes au large des côtes vénézuéliennes et le long du Pacifique latino-américain. Les États-Unis ont notamment annoncé un blocus des navires soumis à leurs sanctions et accru leur présence militaire dans la région.
Au cours du mois de décembre, les garde-côtes américains ont intercepté deux pétroliers chargés de brut vénézuélien en mer des Caraïbes. Un troisième navire, vide, faisait encore l’objet d’une poursuite alors qu’il s’approchait des côtes du Venezuela, membre de l’OPEP, selon des responsables américains.
La Russie a vivement critiqué la position américaine, avertissant au Conseil de sécurité que cette approche pourrait « servir de modèle pour de futurs actes de force contre des États d’Amérique latine ». Moscou y voit une menace pour la stabilité régionale et une instrumentalisation des sanctions à des fins politiques.
De son côté, le Venezuela a rejeté ces accusations. Sa délégation à l’ONU a déclaré que « la menace ne vient pas du Venezuela, mais du gouvernement américain », dénonçant une politique d’intimidation et d’ingérence. Caracas affirme que les sanctions aggravent la crise économique et humanitaire sans résoudre les différends politiques.
Ces échanges tendus à l’ONU illustrent l’escalade diplomatique autour du Venezuela. Alors que Washington affirme vouloir lutter contre le crime transnational et le narcotrafic, ses adversaires dénoncent une stratégie coercitive susceptible d’embraser davantage une région déjà fragilisée par des crises politiques et sécuritaires persistantes.