Washington dément tout projet de relocalisation de Palestiniens de Gaza en Libye
Washington dément tout projet de relocalisation de Palestiniens de Gaza en Libye

TRIPOLI, 18 mai 2025 — L’ambassade des États-Unis en Libye a formellement rejeté dimanche les informations rapportées par NBC News selon lesquelles l’administration Trump travaillerait sur un plan visant à relocaliser de manière permanente jusqu’à un million de Palestiniens de la bande de Gaza vers la Libye. Dans un message publié sur la plateforme X, l’ambassade a qualifié ces allégations de « fausses ».

Cette mise au point survient après la publication d’un article de NBC News citant cinq sources anonymes, dont deux présentées comme directement informées et un ancien responsable américain, affirmant que l’idée d’un transfert massif de Palestiniens vers la Libye était à l’étude par Washington.

L’ambassade n’a fourni aucun détail supplémentaire, mais le simple fait qu’elle juge nécessaire de démentir témoigne de la sensibilité extrême du sujet, alors que la situation humanitaire à Gaza ne cesse de se détériorer sous les bombardements israéliens. Le gouvernement d’unité nationale libyen, basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, n’a pas réagi officiellement à ces informations.

L’ancien président Donald Trump, revenu au pouvoir, a plusieurs fois évoqué publiquement son souhait de voir les États-Unis « prendre le contrôle de Gaza » et de réinstaller sa population « ailleurs ». Il a notamment proposé que des pays comme l’Égypte ou la Jordanie accueillent les déplacés, une idée rejetée catégoriquement par les gouvernements concernés et largement condamnée à l’international.

Les Palestiniens, de leur côté, dénoncent toute velléité de déplacement forcé de leur population comme une répétition de la « Nakba » de 1948, lorsque des centaines de milliers d’entre eux furent expulsés ou contraints à fuir lors de la création de l’État d’Israël. Les projets de « réinstallation » sont perçus par beaucoup comme une forme de nettoyage ethnique.

En visite au Qatar cette semaine, Trump a de nouveau évoqué Gaza, qu’il a qualifiée de territoire « perdu » ne méritant plus d’être sauvé, et qu’il souhaiterait transformer en « zone de liberté » ou en « Riviera du Moyen-Orient ». Des déclarations qui heurtent la communauté palestinienne et suscitent l’indignation dans le monde arabe.

Face à la persistance des violences dans l’enclave, toute évocation de relocalisation forcée reste explosive. La clarification apportée par l’ambassade américaine à Tripoli vise donc autant à rassurer l’opinion publique libyenne qu’à éviter de raviver des tensions diplomatiques déjà vives dans la région.

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