Trump tend la main à Lula mais maintient la pression : droits de douane, sanctions et diplomatie tendue
Trump tend la main à Lula mais maintient la pression : droits de douane, sanctions et diplomatie tendue

Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi que son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pouvait l’appeler « à tout moment » pour discuter des différends commerciaux qui opposent actuellement Washington et Brasilia. S’exprimant devant la presse à la Maison Blanche, Trump a déclaré : « Il peut me parler quand il veut », tout en soulignant qu’il appréciait « le peuple brésilien », mais estimait que « les dirigeants du Brésil ont mal agi ».

Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques, après que l’administration Trump a décidé d’imposer un droit de douane de 50 % sur de nombreux produits brésiliens. Cette mesure, bien que comportant plusieurs exemptions, vise explicitement à protester contre le traitement judiciaire réservé à l’ancien président Jair Bolsonaro, actuellement jugé pour tentative de coup d’État après sa défaite électorale en 2022.

En réaction, le président Lula a publié un message sur le réseau social X, affirmant que le Brésil « a toujours été ouvert au dialogue », sans toutefois mentionner Trump ni répondre directement à son invitation. Le ministre brésilien des Finances, Fernando Haddad, a quant à lui qualifié les propos de Trump de « formidables » et a indiqué qu’il était confiant quant à la disposition de Lula à discuter avec le président américain. Il a également annoncé une réunion virtuelle prévue avec le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, la semaine prochaine, étape préparatoire à un éventuel échange au plus haut niveau.

Mais malgré ces signes d’ouverture, la relation entre les deux pays reste tendue. Outre les sanctions commerciales, les États-Unis ont également annoncé des mesures ciblées contre un juge de la Cour suprême brésilienne en charge du procès de Bolsonaro. Une décision qualifiée par Lula d’« ingérence inacceptable » dans les affaires internes du Brésil. Il a aussi condamné les nouveaux droits de douane comme étant « injustifiables ».

Le différend diplomatique prend donc une dimension politique plus large, mêlant enjeux commerciaux, tensions judiciaires et rivalités idéologiques. Alors que Trump semble vouloir maintenir une ligne dure tout en laissant la porte ouverte au dialogue, le gouvernement brésilien tente d’éviter l’escalade, sans pour autant céder sur la souveraineté de son système judiciaire.

Une rencontre entre les deux chefs d’État pourrait marquer un tournant dans la relation bilatérale. Mais au vu des accusations réciproques et de l’arrière-plan explosif du procès Bolsonaro, un apaisement durable paraît encore incertain.

Partager