Le président américain Donald Trump fait de plus en plus appel à son gendre, Jared Kushner, pour tenter de débloquer certaines des négociations diplomatiques les plus complexes de son second mandat, notamment sur l’Ukraine et le Moyen-Orient. Initialement en retrait au début de la nouvelle administration, Kushner a progressivement repris un rôle clé en coulisses, selon plusieurs responsables actuels et anciens cités par l’Associated Press.
Longtemps menées quasi exclusivement par l’envoyé spécial Steve Witkoff, les discussions de paix ont évolué ces derniers mois. L’entourage de Trump estime que l’expérience diplomatique acquise par Kushner lors du premier mandat présidentiel complète le style plus direct de Witkoff et peut aider à rapprocher des positions jusque-là irréconciliables.
Cette dynamique s’est illustrée ce week-end à Miami, où Kushner et Witkoff ont reçu le négociateur russe Kirill Dmitriev pour discuter des propositions américaines visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Les deux hommes ont également rencontré des responsables turcs et qataris afin d’évoquer la fragile trêve entre Israël et le Hamas à Gaza et la mise en œuvre de la seconde phase du plan de cessez-le-feu soutenu par Washington.
Selon des sources proches du dossier, ces rencontres s’inscrivent dans une séquence plus large de diplomatie itinérante, marquée par des échanges récents avec le président russe Vladimir Putin à Moscou, puis avec des diplomates ukrainiens et européens en Allemagne. D’autres discussions avec la partie russe étaient encore prévues dimanche.
Au sein de l’administration, les styles contrastés des deux négociateurs sont largement commentés. Witkoff, ami de longue date de Trump, est perçu comme un personnage expansif, très visible, parfois jugé trop conciliant envers Moscou par certains responsables européens et ukrainiens. Kushner, bien que critiqué pour ses intérêts économiques au Moyen-Orient et son approche jugée parfois transactionnelle, est considéré par plusieurs diplomates occidentaux comme un interlocuteur plus crédible, fort de son rôle dans les accords d’Abraham conclus durant le premier mandat Trump.
La Maison-Blanche assume pleinement cette implication. Une porte-parole a rappelé que Trump considère Kushner comme un « conseiller de confiance » ayant contribué à plusieurs succès diplomatiques majeurs. Le département d’État souligne également sa « volonté de servir le pays » sur des dossiers complexes, malgré les critiques récurrentes sur d’éventuels conflits d’intérêts liés à ses activités privées.
Après être resté en retrait pendant une grande partie de l’année, Kushner s’est résolu à intervenir plus directement lorsque les efforts de médiation ont commencé à s’enliser, notamment sur Gaza. Son expérience et ses réseaux ont alors été mobilisés pour aider à finaliser un plan de cessez-le-feu encore en cours d’application. À peine ce dossier avancé, Trump lui a demandé de replonger dans les négociations russo-ukrainiennes, au point mort malgré des mois de discussions.
Si l’efficacité de cette stratégie reste débattue parmi les experts, une chose est claire : lorsque les enjeux diplomatiques sont les plus élevés, Donald Trump n’hésite pas à rappeler Jared Kushner pour tenter de « conclure l’accord », fidèle à une méthode déjà éprouvée lors de son premier passage à la Maison-Blanche.