Le président américain Donald Trump a frappé un grand coup mercredi en annonçant l’imposition de droits de douane massifs de 50 % sur les importations de cuivre, ainsi que sur tous les produits en provenance du Brésil à compter du 1er août. Cette décision marque le lancement officiel d’une nouvelle offensive tarifaire d’envergure, avec des implications économiques et diplomatiques potentiellement explosives.
Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Trump a justifié cette hausse tarifaire sur le cuivre par des motifs de sécurité nationale, citant une enquête en cours menée au titre de la section 232 du code du commerce américain. Il a accusé les précédentes administrations d’avoir affaibli l’industrie du cuivre, jugée essentielle pour des secteurs clés comme les semi-conducteurs, les batteries de véhicules électriques, l’aéronautique et la défense. « L’Amérique va, une fois de plus, bâtir une industrie du cuivre DOMINANTE », a-t-il affirmé.
Quelques heures plus tard, la Maison-Blanche a notifié le Brésil d’un relèvement spectaculaire des tarifs douaniers sur ses exportations vers les États-Unis, de 10 % à 50 %. Cette décision survient dans un contexte de tensions politiques croissantes entre Trump et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva. Dans une lettre adressée à ce dernier, Trump a dénoncé ce qu’il qualifie de « chasse aux sorcières » contre l’ex-président Jair Bolsonaro, son allié politique, actuellement jugé pour tentative de renversement de la démocratie brésilienne.
Trump a également reproché au Brésil des atteintes supposées à la liberté d’expression et aux entreprises américaines du numérique. Il a ordonné l’ouverture d’une enquête au titre de l’article 301 sur les pratiques commerciales brésiliennes, signalant que d’autres sanctions pourraient suivre. Le Brésil, 15e partenaire commercial des États-Unis, a exporté pour 92 milliards de dollars de biens en 2024, avec un excédent commercial de 7,4 milliards en faveur de Washington.
La réaction de Brasilia ne s’est pas fait attendre. Lula a publié une déclaration dénonçant toute mesure unilatérale comme une violation du droit commercial, promettant une réponse dans le cadre de la législation brésilienne. Plusieurs analystes redoutent une escalade rapide. « Cela pourrait facilement dégénérer en guerre commerciale », a averti Brad Setser, ancien conseiller au commerce. « C’est aussi une revanche politique, liée à la défaite de Bolsonaro face à Lula. »
Parallèlement à ces annonces majeures, Trump a aussi ciblé d’autres pays, imposant des tarifs douaniers allant jusqu’à 30 % sur les importations de sept partenaires commerciaux mineurs, dont les Philippines, le Sri Lanka, l’Algérie, l’Irak et la Libye. Ces nouvelles mesures concernent un volume total d’échanges relativement limité, mais signalent une volonté affirmée de réorientation protectionniste.
Au même moment, des négociations commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne continuent de progresser, notamment autour de la protection du secteur automobile européen. Mais la décision de Trump de multiplier les barrières tarifaires pourrait complexifier ces discussions, déjà marquées par des différends structurels.
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche relance ainsi une stratégie commerciale unilatérale et agressive, avec des répercussions potentielles sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, les prix des matières premières et les relations avec certains des principaux partenaires économiques des États-Unis.