Trump pousse l’OTAN à un effort de défense historique : vers 5 % du PIB pour la sécurité collective
Trump pousse l’OTAN à un effort de défense historique : vers 5 % du PIB pour la sécurité collective

ANTALYA, Turquie — 15 mai 2025 (AP) — L’OTAN débat actuellement d’une demande américaine sans précédent : augmenter massivement les dépenses de défense des États membres à hauteur de 5 % de leur produit intérieur brut d’ici 2032. Une exigence qui intervient alors que les tensions persistent en Ukraine et que les États-Unis déplacent leur attention stratégique vers la Chine.

Réunis à Antalya, en Turquie, les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance ont discuté de cette proposition américaine, défendue par le secrétaire d’État Marco Rubio. Selon lui, cet objectif est essentiel pour faire face aux menaces du XXIe siècle, notamment la Russie, le terrorisme et la Chine. « L’alliance est aussi forte que son maillon le plus faible », a-t-il affirmé, soulignant l’urgence d’un réarmement collectif.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a lui aussi reconnu l’importance d’une hausse significative des investissements militaires. « Une fois la guerre en Ukraine terminée, la Russie pourrait reconstituer ses forces en trois à cinq ans », a-t-il prévenu. Il a également insisté sur la nécessité d’investir dans les infrastructures civiles stratégiques — routes, ports, ponts — en complément des budgets militaires classiques.

L’actuel seuil de dépenses de défense fixé à 2 % du PIB, instauré en 2023, est atteint par 22 des 32 pays membres. Le plan américain propose désormais un objectif de 3,5 % pour les budgets militaires et de 1,5 % supplémentaires pour les infrastructures liées à la défense, soit 5 % au total. Une ambition que certains États, comme la Belgique, l’Italie ou le Canada, peinent déjà à suivre, n’ayant pas encore atteint les 2 % initiaux.

Cette pression accrue survient à l’approche du sommet de l’OTAN prévu les 24 et 25 juin aux Pays-Bas, en présence du président Donald Trump. Celui-ci a répété à plusieurs reprises qu’il n’était pas garanti que les États-Unis défendraient les alliés qui n’investissent pas suffisamment dans leur propre sécurité.

Le sommet devrait aussi aborder la guerre en Ukraine. Des pourparlers de paix directs entre la Russie et l’Ukraine sont attendus à Istanbul, bien que le président russe Vladimir Poutine ait décliné une rencontre avec Volodymyr Zelensky. Trump a minimisé ce refus, tout en pressant les deux parties de négocier.

La question de l’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine reste également sensible. Alors que l’alliance cherche à soutenir Kiev sans franchir le pas d’une adhésion formelle, Washington a récemment écarté cette perspective à court terme. Il n’est même pas certain que Zelensky soit invité au sommet de La Haye.

Face à une Europe encore dépendante militairement des États-Unis, des voix comme celle du ministre lituanien des Affaires étrangères appellent à accélérer les efforts. « Nous devons aller plus vite que 2032 », a insisté Kęstutis Budrys. Le Royaume-Uni, de son côté, vise les 3 % d’ici les élections prévues en 2029.

Reste à voir si tous les membres sauront répondre à l’appel. Le message de Washington est clair : l’heure est à un sursaut stratégique massif pour assurer la sécurité du continent — et justifier la pérennité de l’engagement américain.

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