WASHINGTON, 30 juillet 2025 – Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret imposant des droits de douane de 50 % sur de nombreuses exportations brésiliennes, tout en excluant plusieurs secteurs stratégiques, notamment le jus d’orange, les avions, la pâte à papier et les produits énergétiques. Cette annonce a immédiatement stimulé les actions des géants brésiliens Embraer et Suzano, épargnés par les nouvelles restrictions commerciales.
La Maison Blanche a justifié cette mesure dans une fiche d’information en la reliant directement aux poursuites engagées au Brésil contre l’ancien président Jair Bolsonaro, proche allié de Trump. Bolsonaro est accusé d’avoir fomenté une tentative de coup d’État après sa défaite lors de l’élection présidentielle de 2022, un dossier qui, selon Washington, « porte atteinte à la stabilité de l’alliance bilatérale ».
Cette décision marque un nouvel épisode dans la stratégie tarifaire agressive menée par l’administration Trump, qui combine pressions économiques et revendications politiques. Le décret aurait pu frapper de plein fouet certains fleurons de l’économie brésilienne, mais les exemptions annoncées laissent une marge de manœuvre au gouvernement de Brasília pour négocier.
L’avionneur Embraer, très actif sur le marché américain, et Suzano, leader mondial de la pâte à papier, ont vu leurs actions bondir à la suite de l’annonce. Les marchés ont salué cette exclusion partielle comme un signal de modération dans une décision par ailleurs controversée.
Ces nouvelles tensions commerciales surviennent alors que plusieurs pays, dont la Corée du Sud, le Mexique et le Canada, s’efforcent de conclure des accords bilatéraux pour éviter d’être eux aussi visés par des hausses tarifaires similaires. Le Brésil espère toujours négocier une exemption totale avant l’entrée en vigueur effective des tarifs le 1er août, mais Trump a déclaré que le pays « n’était pas une priorité immédiate » dans les discussions commerciales.
Cette mesure renforce la perception d’une instrumentalisation politique du commerce extérieur par la Maison Blanche, une ligne que certains experts en droit international jugent juridiquement fragile, notamment en ce qui concerne l’usage de la loi américaine sur les pouvoirs économiques d’urgence (IEEPA) pour justifier ces hausses tarifaires.