L’annonce choc du président américain Donald Trump d’imposer une taxe de 50 % sur les importations de produits brésiliens a provoqué une onde de choc à Brasilia, mettant en grande difficulté l’ancien président Jair Bolsonaro et son entourage politique. Présentée par Washington comme une mesure de protection de l’économie américaine, cette décision a surpris même les plus proches conseillers de Bolsonaro, qui misaient sur des sanctions plus ciblées, voire symboliques.
Le 10 juillet, des milliers de manifestants se sont rassemblés à São Paulo pour exprimer leur mécontentement. Beaucoup arboraient des masques à l’effigie de Trump et Bolsonaro, dénonçant une alliance idéologique jugée contre-productive pour les intérêts économiques du Brésil. Cette taxe, qui touche de plein fouet les secteurs de l’agroalimentaire et de l’acier, pourrait avoir des répercussions graves sur les exportations brésiliennes vers les États-Unis, l’un de ses principaux partenaires commerciaux.
Dans l’entourage de Jair Bolsonaro, la stupeur domine. Plusieurs de ses alliés politiques estimaient que leur proximité idéologique avec Trump — largement médiatisée lors de la présidence de Bolsonaro — garantirait une forme de clémence ou, à tout le moins, une ligne de communication ouverte. Mais la décision américaine semble balayer ces attentes. « Nous pensions que l’amitié entre les deux dirigeants pèserait dans la balance », a confié un conseiller de Bolsonaro sous couvert d’anonymat.
Cette décision unilatérale pourrait également jouer en faveur du président actuel, Luiz Inácio Lula da Silva. Celui-ci n’a pas tardé à dénoncer les choix économiques de la droite brésilienne, estimant qu’ils avaient rendu le pays trop vulnérable à des revirements géopolitiques. Plusieurs analystes politiques estiment que les nouvelles tensions commerciales pourraient renforcer la position de Lula auprès d’une opinion publique inquiète pour l’économie.
Le gouvernement brésilien, bien que dirigé par Lula, se retrouve contraint de réagir à une situation créée en grande partie par la diplomatie bolsonariste. Des négociations sont déjà en cours avec d’autres partenaires commerciaux pour tenter de compenser la perte potentielle du marché américain, mais le choc est brutal. Certains experts évoquent une perte de plusieurs milliards de dollars si les mesures restent en vigueur sur le long terme.
Enfin, cette escalade tarifaire relance le débat au Brésil sur l’alignement stratégique avec les États-Unis. L’épisode Trump-Bolsonaro, longtemps présenté comme un partenariat idéologique solide, semble désormais se retourner contre ses principaux architectes. La droite brésilienne, déjà affaiblie par les enquêtes judiciaires visant Bolsonaro, pourrait payer politiquement le prix de cette dépendance mal calibrée.