Le président américain Donald Trump a annoncé mardi qu’il pourrait ne pas assister au sommet du G20 prévu en novembre prochain en Afrique du Sud, invoquant son profond désaccord avec la politique intérieure et étrangère du pays hôte. Il a précisé qu’il pourrait envoyer un représentant pour diriger la délégation américaine, sans toutefois indiquer qui.
« Je pense que j’enverrai quelqu’un d’autre, car j’ai eu beaucoup de problèmes avec l’Afrique du Sud. Leur politique est très mauvaise », a-t-il déclaré à bord d’Air Force One à son retour d’Écosse. Cette déclaration confirme l’état de tensions persistantes entre Washington et Pretoria depuis plusieurs mois, exacerbées par des divergences diplomatiques majeures.
Trump a notamment critiqué le gouvernement sud-africain pour sa politique foncière — notamment la question très controversée des expropriations — mais aussi pour sa position internationale, en particulier sa plainte contre Israël devant la Cour internationale de Justice, dans le contexte de la guerre à Gaza. Pretoria accuse en effet l’État hébreu de génocide, une initiative vivement dénoncée par les alliés d’Israël, au premier rang desquels figure Washington.
Déjà en février, Trump avait signé un décret visant à réduire l’aide américaine à l’Afrique du Sud, renforçant la fracture entre les deux pays. En mai, il avait publiquement confronté le président sud-africain Cyril Ramaphosa lors d’une rencontre à la Maison-Blanche, évoquant des accusations infondées de génocide envers les populations blanches et de saisies arbitraires de terres agricoles — des thèmes sensibles et controversés dans le débat politique sud-africain.
La tension diplomatique ne se limite pas à la présidence américaine. Plus tôt cette année, le secrétaire d’État Marco Rubio avait lui aussi boycotté une réunion ministérielle du G20 organisée à Pretoria. L’Afrique du Sud, qui assure la présidence tournante du G20 depuis décembre 2024, est désormais confrontée à une participation incertaine des États-Unis à son événement le plus symbolique sur la scène internationale.
L’éventuel boycott de Trump marquerait une rupture majeure avec la tradition diplomatique américaine de participation régulière aux sommets du G20, considérés comme un forum clé pour la gouvernance économique mondiale. Cette posture reflète la volonté du président Trump de durcir sa ligne face aux pays qu’il juge critiques de sa politique étrangère ou opposés aux intérêts américains.
Alors que la guerre à Gaza continue de polariser la scène internationale, et que les rivalités géopolitiques s’intensifient, l’absence potentielle des États-Unis au sommet de Johannesburg pourrait peser lourd sur l’unité du G20 et raviver les tensions Nord-Sud. La Maison-Blanche n’a pour l’instant fourni aucune précision sur la composition de la délégation américaine en cas de retrait présidentiel.