Tourisme en chute libre : l’effet Trump refroidit les voyageurs étrangers
Tourisme en chute libre : l’effet Trump refroidit les voyageurs étrangers

À peine deux mois après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump semble déjà avoir un effet… dissuasif. Le secteur du tourisme américain commence à mesurer l’ampleur des dégâts : les étrangers boudent de plus en plus les États-Unis. En 2025, les entrées de touristes devraient reculer de 5,1 %, et leurs dépenses de près de 11 %, soit 64 milliards d’euros envolés selon Tourism Economics. Un désamour mondial qui n’a rien de symbolique. Les annulations se multiplient, les moteurs de recherche touristiques tournent au ralenti, et certaines nationalités – comme les Canadiens ou les Slovènes – fuient littéralement l’oncle Sam. Le « rêve américain » se transforme en cauchemar diplomatique.

Trump, un repoussoir plus efficace que le dollar fort

Derrière ce recul massif, les causes sont multiples mais convergent toutes vers une même origine : la présidence Trump. Depuis son retour au pouvoir, la politique étrangère américaine accumule les polémiques. Droits de douane contre le Canada, l’UE ou la Chine, déclarations tonitruantes sur les conflits en Ukraine et à Gaza, ou encore velléités d’annexion du Groenland : chaque sortie présidentielle semble éloigner un peu plus les touristes. En Europe, la désaffection est particulièrement marquée. Selon NYC.fr, seuls 25 % des Français gardent une image positive des États-Unis – contre 65 % sous Obama. C’est tout simplement la pire cote de sympathie en 40 ans, pire encore qu’à l’époque de George W. Bush. La baisse des intentions de départ atteint même 25 % chez certains voyagistes.

Les effets sont déjà là

L’impact se fait déjà sentir dans les chiffres : en février, le nombre de visiteurs d’Europe occidentale a baissé d’1 %. Les Suisses, les Belges et surtout les Slovènes (–26 %) ont déserté les USA. Les Danois n’ont guère apprécié la sortie de Trump sur le Groenland : –6 % de visiteurs en un mois. Et ce ne sont pas les prix qui les retiennent. Si la force du dollar et le ralentissement européen jouent un rôle, les agents de voyage sont clairs : c’est bien la politique qui dégoûte. Dans ce contexte, même New York, habituellement épargnée, encaisse le choc. Julie Coker, présidente de NYC Tourism, parle d’une « baisse concrète » des réservations et des recherches en ligne, particulièrement chez les Canadiens, premier contingent étranger à visiter le pays. Un chiffre, enfin, résume l’ampleur du phénomène : les intentions de départ vers les États-Unis chutent de 25 %. Trump est peut-être redevenu président. Mais pour l’image de l’Amérique, c’est un aller simple… vers le bas.

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