Le président américain Donald Trump a accueilli mardi à la Maison-Blanche le nouveau Premier ministre canadien Mark Carney pour une rencontre à haute tension, marquée par une série de propos hostiles émanant du président américain dans les heures précédant leur entretien. À peine quelques instants avant l’arrivée de Carney, Trump publiait sur son réseau Truth Social que les États-Unis ne « [avaient] besoin de RIEN » du Canada — ni de ses voitures, ni de son énergie, ni de son bois, ni de quoi que ce soit d’autre. Il ajoutait que le pays voisin vivait aux crochets de l’Amérique, subventionné à hauteur de « 200 milliards de dollars par an », tout en bénéficiant d’une protection militaire gratuite.
Malgré cette charge, les deux dirigeants se sont brièvement salués d’une poignée de main et d’un geste du poing devant les journalistes avant de s’engouffrer sans un mot dans la Maison-Blanche pour leur tête-à-tête. Carney, élu sur la promesse de faire face à l’agressivité de Trump, a déclaré s’attendre à des « conversations difficiles mais constructives » avec un président qu’il accuse de vouloir miner la souveraineté canadienne.
La rencontre intervient dans un climat glacial, alors que Trump ne cesse de menacer de faire du Canada le 51ᵉ État américain. Sa politique commerciale agressive, notamment les droits de douane de 25 % sur l’acier, l’aluminium et les pièces automobiles, ainsi que ses remises en question des accords de libre-échange, ont profondément bouleversé les relations bilatérales. Le gouvernement Carney, qui a remporté les élections face aux conservateurs grâce à un rejet massif de ces mesures, entend défendre vigoureusement les intérêts économiques canadiens.
En conférence de presse avant son départ, Carney a indiqué que son objectif était de « protéger les emplois canadiens » et de « restaurer la stabilité économique ». Il a également annoncé la poursuite de discussions commerciales parallèles avec d’autres partenaires internationaux pour réduire la dépendance du Canada vis-à-vis des États-Unis.
Cette visite intervient alors que Trump multiplie les attaques contre des institutions et programmes clés, et que son administration traverse une série de controverses, allant du projet de réouverture de la prison d’Alcatraz à une suspension des subventions fédérales pour Harvard. La réunion entre Trump et Carney s’inscrit dans ce climat tendu, renforcé par l’instabilité créée par les politiques tarifaires de l’administration, qui ébranlent les marchés financiers et les perspectives économiques de nombreuses entreprises américaines.
Malgré les tensions, Carney n’a pas annulé sa visite, estimant que le dialogue, même ardu, reste indispensable. Pour beaucoup d’observateurs, le simple fait de se présenter face à Trump avec fermeté pourrait envoyer un message fort, tant aux électeurs canadiens qu’à la communauté internationale, sur la volonté du Canada de ne pas céder à la pression.