Téhéran menace de se désengager de la sécurité régionale si les sanctions de l’ONU sont rétablies
Téhéran menace de se désengager de la sécurité régionale si les sanctions de l’ONU sont rétablies

Un député iranien a averti lundi que l’Iran pourrait renoncer à ses engagements en matière de sécurité régionale si les États européens réinstaurent les sanctions internationales dans le cadre d’un mécanisme des Nations unies. Cette déclaration survient à l’approche d’une réunion cruciale prévue vendredi à Istanbul entre des responsables iraniens et des diplomates britanniques, français et allemands.

Abbas Moqtadaei, membre influent de la commission parlementaire iranienne pour la sécurité nationale, a affirmé que son pays disposait de plusieurs leviers pour riposter. « Nous pouvons renoncer à notre engagement en faveur de la sécurité dans la région, dans le golfe Persique, le détroit d’Ormuz et d’autres zones maritimes », a-t-il déclaré à l’agence semi-officielle Borna News. Une telle position pourrait menacer la stabilité d’une région stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.

Les pays européens concernés, souvent désignés sous l’acronyme E3 (France, Royaume-Uni et Allemagne), ont indiqué qu’ils rétabliraient les sanctions internationales à l’encontre de la République islamique d’ici la fin août, si aucun progrès n’était accompli dans les discussions sur le programme nucléaire iranien. Ces négociations, menées à la fois directement et indirectement avec les puissances occidentales, sont au point mort depuis plusieurs mois.

Un raid israélien mené contre l’Iran en juin a encore compliqué les pourparlers. Dans ce contexte tendu, les relations entre l’Iran et les États du E3 se sont envenimées, sur fond de défiance croissante et de pressions diplomatiques. Moqtadaei a estimé que l’Europe ne pouvait se permettre une confrontation supplémentaire dans le détroit d’Ormuz, alors qu’elle est déjà « en conflit politique, économique et culturel avec la Russie, la Chine et même les États-Unis ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a récemment prévenu que Téhéran prendrait des mesures de rétorsion si les Européens activaient le mécanisme de rétablissement des sanctions prévu par l’accord nucléaire de 2015. Ce mécanisme expire le 18 octobre prochain, ajoutant un facteur d’urgence à une crise diplomatique déjà complexe.

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