Sommet des BRICS : Lula fustige Trump et rejette la logique impériale des tarifs douaniers
Sommet des BRICS : Lula fustige Trump et rejette la logique impériale des tarifs douaniers

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement réagi lundi aux menaces de Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays membres du groupe des BRICS, affirmant que « le monde n’a pas besoin d’un empereur ». Cette déclaration, lancée lors du sommet du bloc à Rio de Janeiro, reflète la colère des pays en développement face aux pressions commerciales exercées par les États-Unis à l’approche d’un tournant dans les négociations commerciales mondiales.

Dimanche soir, le président américain avait accusé les BRICS — composés notamment du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud — d’adopter une posture « fondamentalement anti-américaine ». Il a menacé de mettre en place des « tarifs de rétorsion massifs » à l’encontre des économies du bloc si celles-ci ne modifiaient pas leurs pratiques commerciales, alors que son administration finalise une série d’accords bilatéraux avant la date limite du 9 juillet.

Lula a rejeté ces accusations avec fermeté, qualifiant les propos de Trump de provocateurs et « déconnectés de la réalité du monde multipolaire actuel ». Selon lui, les BRICS ne cherchent pas la confrontation avec Washington, mais défendent une réforme du système économique mondial jugé trop favorable aux grandes puissances occidentales. Il a rappelé que les États-Unis ne peuvent plus « dicter les règles à eux seuls » et a appelé à un dialogue sur un pied d’égalité.

Les autres dirigeants présents au sommet ont soutenu la position brésilienne, insistant sur la volonté des BRICS d’agir en faveur d’un ordre économique plus équitable, sans pour autant adopter une posture hostile vis-à-vis de l’Occident. Ils ont dénoncé les menaces de sanctions commerciales comme une tentative d’intimidation incompatible avec l’esprit de coopération internationale.

Donald Trump, candidat à sa réélection en 2026, cherche à afficher une ligne dure sur le commerce international, accusant les pays du Sud d’exploiter les faiblesses du système mondial au détriment de l’emploi américain. Sa stratégie de pression par les tarifs douaniers avait déjà marqué son premier mandat, et il semble déterminé à la relancer.

Mais pour Lula et les autres chefs d’État du Sud global, ces menaces pourraient avoir l’effet inverse, en renforçant la solidarité entre pays émergents. À Rio, le ton était résolument tourné vers le renforcement de l’intégration économique Sud-Sud et la construction d’alternatives aux institutions dominées par les États-Unis.

Alors que le compte à rebours vers l’imposition des nouveaux tarifs approche de son terme, la tension entre Washington et les BRICS illustre le fossé croissant entre les priorités des puissances établies et celles des économies émergentes cherchant une place plus juste à la table mondiale.

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