La Chine a exprimé lundi sa vive opposition à la récente rencontre entre le président tchèque Petr Pavel et le Dalaï Lama, survenue lors d’un déplacement du dirigeant européen en Inde. Dans un communiqué publié tard dimanche par l’ambassade de Chine à Prague, Pékin a exhorté la République tchèque à respecter le principe d’ »une seule Chine » et à éviter tout geste pouvant nuire aux relations bilatérales.
Le gouvernement chinois considère le Dalaï Lama, chef spirituel en exil du bouddhisme tibétain, comme un séparatiste qui cherche à diviser la Chine. Bien que le Dalaï Lama ait publiquement déclaré depuis des années qu’il ne revendiquait pas l’indépendance du Tibet mais plutôt une autonomie culturelle et religieuse, Pékin maintient une ligne dure contre toute reconnaissance ou légitimation de sa figure sur la scène internationale.
« La Chine s’oppose fermement à toute forme de contact entre les responsables de tout pays et la clique du Dalaï Lama », a déclaré l’ambassade dans son communiqué. Elle a appelé les autorités tchèques à « respecter strictement leur engagement politique envers la politique d’une seule Chine » et à « s’abstenir de toute action susceptible de saper les bases des relations sino-tchèques ».
Cette rencontre intervient dans un contexte où plusieurs pays européens, traditionnellement critiques sur la question des droits humains en Chine, tentent de maintenir un équilibre diplomatique entre engagements démocratiques et intérêts économiques avec Pékin. La République tchèque, tout particulièrement, oscille entre ces deux impératifs, le président Pavel ayant affiché à plusieurs reprises une posture pro-démocratie et pro-droits humains.
Pékin n’a pas précisé quelles conséquences diplomatiques la rencontre pourrait engendrer. Toutefois, dans le passé, la Chine a suspendu des réunions bilatérales ou retardé des accords avec des pays dont les dirigeants avaient rencontré le Dalaï Lama. En 2009, par exemple, elle avait gelé les relations diplomatiques avec la France après une entrevue entre Nicolas Sarkozy et le chef spirituel tibétain.
Le Dalaï Lama, aujourd’hui âgé de 90 ans, vit en exil à Dharamsala, en Inde, depuis qu’il a fui le Tibet en 1959 à la suite d’un soulèvement contre la domination chinoise. Il reste une figure symbolique mondiale pour la cause des droits des Tibétains, bien que son influence diplomatique ait diminué ces dernières années face à la puissance grandissante de la Chine sur la scène internationale.