Nouvel échec pour Kim Dotcom dans sa bataille contre l’extradition vers les États-Unis @wikipedia commons
Nouvel échec pour Kim Dotcom dans sa bataille contre l’extradition vers les États-Unis @wikipedia commons

La Haute Cour de Nouvelle-Zélande a rejeté mercredi la dernière tentative de Kim Dotcom visant à empêcher son extradition vers les États-Unis. L’entrepreneur germano-finlandais, fondateur du site de partage de fichiers Megaupload, est poursuivi outre-Atlantique pour violation massive de droits d’auteur, blanchiment d’argent et racket.

Dotcom contestait la décision prise en août 2024 par le ministre de la Justice néo-zélandais Paul Goldsmith d’autoriser sa remise aux autorités américaines. Il avait demandé un « contrôle juridictionnel », une procédure qui permet à un juge d’examiner la légalité d’une décision administrative. Mais la juge Christine Grice a écarté ses arguments, rejetant notamment l’idée que la décision ait été politiquement motivée ou que le traitement qu’il risquait aux États-Unis serait disproportionné.

La magistrate a également estimé que la police néo-zélandaise n’avait pas commis d’erreur en choisissant de poursuivre deux anciens associés de Dotcom, Mathias Ortmann et Bram van der Kolk, devant les tribunaux locaux plutôt que lui. Ces derniers avaient plaidé coupable en 2023 et écopé de deux ans et demi de prison, ce qui avait conduit Washington à abandonner leur extradition.

Kim Dotcom, arrêté spectaculairement en 2012 lors d’un raid de la police à Auckland à la demande du FBI, est depuis en liberté sous caution. Washington l’accuse d’avoir engrangé au moins 175 millions de dollars grâce à Megaupload, présenté par le département de la Justice comme la plus vaste affaire criminelle de piratage de l’histoire des États-Unis.

Son équipe juridique affirme toutefois que ce sont les utilisateurs du site, lancé en 2005, qui ont choisi de partager illégalement des films, séries et chansons, et non ses fondateurs. L’intéressé soutient depuis plus d’une décennie que la procédure est entachée d’irrégularités et politiquement orientée.

Affaibli par un accident vasculaire cérébral en 2024, Dotcom avait invoqué ses problèmes de santé pour tenter de bloquer son extradition, sans succès. La juge Grice a estimé que ces éléments avaient déjà été pris en compte par le ministre Goldsmith et ne constituaient pas un obstacle juridique.

Kim Dotcom a jusqu’au 8 octobre pour faire appel devant la Cour d’appel néo-zélandaise. Son avocat, Ron Mansfield, a assuré que l’équipe disposait encore de « nombreuses cartes à jouer » afin de poursuivre la bataille judiciaire. Pour l’heure, aucune date précise n’a été fixée concernant sa possible remise aux autorités américaines.

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