La perspective d’une visite du président russe Vladimir Poutine en Hongrie continue de provoquer des remous au sein de l’Union européenne. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré lundi qu’une telle visite ne serait « pas une situation agréable » pour l’UE, alors que la guerre en Ukraine reste au cœur des tensions entre Bruxelles et Moscou.
S’exprimant à Luxembourg à l’occasion d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères, Kallas a rappelé que l’Union restait unie dans sa politique de sanctions contre la Russie. Elle a indiqué que le 19e paquet de sanctions devrait être approuvé cette semaine, ciblant notamment les secteurs de la défense et de l’énergie russes.
« L’accueil de Vladimir Poutine dans une capitale européenne enverrait un mauvais signal, surtout à un moment où nous devons renforcer notre solidarité avec l’Ukraine », a-t-elle insisté.
Budapest, une nouvelle fois à contre-courant
La Hongrie, dirigée par Viktor Orban, continue d’afficher une position singulière au sein de l’UE, entretenant des liens étroits avec Moscou malgré l’invasion de l’Ukraine. Cette proximité suscite une vive inquiétude parmi les partenaires européens. Le ministre lituanien des Affaires étrangères a d’ailleurs rappelé que « Vladimir Poutine n’a pas sa place dans une capitale de l’Union européenne », appelant Budapest à respecter la ligne commune européenne.
Pour Orban, cette ouverture diplomatique relève d’un « dialogue nécessaire » afin de maintenir les canaux de communication avec la Russie.
Alors que l’UE cherche à maintenir un front uni face à Moscou, l’éventualité d’une visite de Poutine en Hongrie risque de raviver les fractures internes au sein du bloc, mettant une fois de plus à l’épreuve la cohésion européenne.