Les BRICS s'accordent sur une déclaration commune avant le sommet présidentiel de Rio
Les BRICS s'accordent sur une déclaration commune avant le sommet présidentiel de Rio

À quelques jours de l’ouverture du sommet des chefs d’État des BRICS à Rio de Janeiro, les diplomates du groupe composé de grandes puissances émergentes ont trouvé un terrain d’entente sur une déclaration commune, ont révélé samedi plusieurs sources proches des négociations. L’accord, conclu en amont du sommet, reflète la volonté affichée par le groupe de maintenir l’unité malgré son élargissement récent et les divergences internes croissantes.

La déclaration commune, en cours de finalisation, marque un tournant significatif : en avril dernier, les ministres des Affaires étrangères des BRICS — qui rassemblent le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud, et depuis peu de nouveaux membres comme l’Iran, l’Égypte ou l’Arabie saoudite — n’étaient pas parvenus à s’entendre sur un texte commun. Les désaccords portaient notamment sur des questions géopolitiques sensibles, les conflits internationaux et la réforme des institutions mondiales.

L’un des principaux objectifs du sommet, qui se tiendra cette semaine dans la ville brésilienne sous haute sécurité, est d’affirmer le rôle croissant des BRICS dans la gouvernance mondiale. Alors que les tensions entre les puissances occidentales et plusieurs membres du groupe — notamment la Russie et la Chine — ne cessent de s’accentuer, les BRICS entendent se présenter comme une alternative crédible à l’ordre international dominé par l’Occident.

Selon les premières indications, la déclaration commune réaffirmera l’engagement des membres envers un système multilatéral réformé, un commerce mondial plus équitable, ainsi qu’un soutien renforcé à la souveraineté nationale et à la non-ingérence. Le texte devrait également inclure des positions communes sur les conflits au Moyen-Orient, en Afrique et en Ukraine, tout en préservant une certaine neutralité diplomatique dans la formulation.

L’élargissement du groupe, désormais composé de plus de dix pays, complique cependant l’équilibre interne. Certains nouveaux membres ont des priorités régionales divergentes, voire des rivalités anciennes. Mais selon une source diplomatique brésilienne, l’accord trouvé à Rio témoigne d’un « effort sincère de convergence autour de principes partagés, malgré les sensibilités ».

La présidence brésilienne du groupe, assurée par le président Luiz Inácio Lula da Silva, mise sur ce sommet pour renforcer la position du Brésil comme acteur clé du Sud global. À cette fin, Brasilia a prévu des rencontres bilatérales de haut niveau et une série d’annonces sur des projets de coopération en matière d’infrastructure, de finance verte et de développement numérique.

Alors que des exercices de sécurité se multiplient autour du site du sommet, et que Rio est placée sous surveillance renforcée, les autorités se veulent rassurantes sur le bon déroulement de l’événement. Le sommet s’annonce comme un moment politique crucial pour les BRICS, qui cherchent à affirmer leur cohésion face à un monde en recomposition.

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