Le président sud-coréen Lee Jae Myung s’apprête à vivre un test décisif lundi avec sa première rencontre en tête-à-tête avec le président américain Donald Trump, à un moment où l’alliance stratégique entre Washington et Séoul traverse une phase de fragilité face aux bouleversements géopolitiques.
Élu en juin à la faveur d’élections anticipées, après la destitution de son prédécesseur conservateur accusé d’avoir tenté d’imposer la loi martiale, Lee se présente à Washington dans un climat tendu. Ses marges de manœuvre sont étroites : il doit consolider les liens militaires et sécuritaires avec les États-Unis, garants de la dissuasion nucléaire sud-coréenne, tout en préservant des relations stables avec la Chine, premier partenaire commercial de Séoul.
Cette rencontre est également scrutée de près car Trump a souvent critiqué la Corée du Sud, qu’il accuse de profiter de la protection américaine sans en assumer suffisamment le coût. Le président américain pourrait exercer de nouvelles pressions sur Séoul concernant les dépenses de défense et le financement de la présence des troupes américaines dans la péninsule.
Lee, de son côté, espère maintenir l’agenda centré sur la réaffirmation de l’alliance plutôt que sur les différends commerciaux ou tarifaires. Le mois dernier, ses négociateurs ont déjà arraché un accord de dernière minute évitant l’imposition de droits de douane américains plus lourds, mais les engagements sud-coréens en matière d’investissements aux États-Unis restent à finaliser.
En parallèle, Séoul a dépêché une délégation spéciale à Pékin pour tenter de rétablir des relations bilatérales tendues avec la Chine, preuve de la volonté du nouveau président de jouer sur deux tableaux à la fois. Les analystes estiment que Lee cherchera surtout à éviter toute « mauvaise surprise » et à nouer un lien personnel avec Trump, condition jugée essentielle à une coopération apaisée.
Afin de se préparer, le président sud-coréen a confié avoir lu « Trump : l’art de la négociation » pendant son vol vers Washington. « Pour Lee, un sommet sans nouvelles serait une bonne chose », a résumé Victor Cha, expert du Centre d’études stratégiques et internationales, soulignant que la réussite du rendez-vous se mesurerait surtout à l’absence de tensions publiques.