À l’occasion du premier anniversaire de son mandat, le président taïwanais Lai Ching-te a lancé un appel au dialogue et à la paix avec la Chine, tout en affirmant que Taïwan continuerait de renforcer ses capacités de défense face aux menaces croissantes de Pékin. Un discours équilibré, prononcé mardi depuis le palais présidentiel de Taipei, qui cherche à apaiser sans céder.
« Je suis engagé en faveur de la paix, car la paix n’a pas de prix et la guerre ne fait pas de vainqueur », a déclaré Lai. Mais, a-t-il ajouté, « nous ne pouvons nous contenter de rêves ni d’illusions ». Affirmant que la meilleure manière de prévenir un conflit est d’être prêt à le dissuader, il a insisté sur la nécessité pour l’île de se maintenir en état d’alerte.
Pékin, qui considère Taïwan comme une province rebelle et refuse tout dialogue officiel avec un président qualifié de « séparatiste », n’a pas immédiatement réagi. Le ministère chinois de la Défense avait toutefois qualifié Lai, la semaine dernière, de « fauteur de crise dans le détroit de Taïwan » après une série de tensions militaires. En avril, la Chine avait organisé des exercices militaires baptisés Strait Thunder-2025A autour de l’île, dans une démonstration de force qui semble appelée à se répéter.
Dans ce contexte tendu, Lai a néanmoins réitéré son ouverture au dialogue, appelant à remplacer « l’obstruction par les échanges et la confrontation par le dialogue », à condition, a-t-il précisé, que cela se fasse dans un cadre de respect mutuel. « Taïwan est heureux de coopérer avec la Chine », a-t-il affirmé, tout en rejetant fermement les revendications de souveraineté de Pékin. Pour lui, seul le peuple taïwanais est habilité à décider de l’avenir de l’île.
Au-delà des enjeux géopolitiques, Lai a également abordé les défis économiques. Il a annoncé la création prochaine d’un fonds souverain destiné à renforcer l’économie taïwanaise, axée sur la haute technologie. Ce fonds, géré par l’État mais impliquant le secteur privé, visera à capitaliser sur les atouts industriels de l’île, notamment dans les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle.
Le président a par ailleurs évoqué les négociations en cours avec Washington sur de possibles droits de douane, assurant qu’elles se déroulaient « sans problème ». Après son discours, il s’est rendu au salon technologique Computex, où il a visité les stands de grandes entreprises taïwanaises comme Foxconn et Mediatek, en compagnie de Jensen Huang, PDG de Nvidia, figure emblématique de l’IA né à Taïwan.
Alors que les incursions chinoises se poursuivent, avec six avions et 11 navires détectés autour de l’île au cours des dernières 24 heures, le président Lai tente de conjuguer fermeté stratégique et appel à la désescalade. Une posture qui reflète la volonté de Taïwan de préserver sa souveraineté tout en évitant le piège d’un conflit direct avec son puissant voisin.