Le Pakistan a déclaré vendredi être sur le point de conclure un accord commercial majeur avec les États-Unis, à l’issue d’une rencontre bilatérale à Washington entre le vice-Premier ministre pakistanais, Ishaq Dar, et le secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Toutefois, côté américain, aucun calendrier précis n’a été avancé pour la finalisation de ce partenariat.
La réunion, tenue au département d’État, intervient alors que les États-Unis poursuivent leur stratégie de redéfinition de leurs relations commerciales avec plusieurs pays, notamment dans le contexte des tensions géopolitiques croissantes en Asie. Pour Islamabad, cet accord en négociation représente une opportunité cruciale de renforcer ses exportations, attirer des investissements étrangers et revitaliser une économie sous pression.
Ishaq Dar s’est voulu optimiste à l’issue des discussions, affirmant que les deux parties étaient « proches d’un terrain d’entente » sur les conditions de l’accord. Il a également salué le rôle diplomatique joué par les États-Unis dans la réduction des tensions indo-pakistanaises, notant que l’implication américaine avait contribué à « stabiliser la région » à un moment critique.
Cependant, Washington a refusé de s’engager publiquement sur un échéancier pour la signature de l’accord. Le secrétaire d’État Marco Rubio s’est contenté de souligner l’importance d’un « partenariat économique durable » avec le Pakistan, sans évoquer les détails des négociations ni les obstacles restants.
La question des relations avec l’Inde reste en toile de fond. New Delhi, principal rival régional d’Islamabad, a toujours insisté sur le fait que les différends bilatéraux devaient être résolus sans médiation étrangère. Cette posture complique souvent les efforts de conciliation de partenaires tiers comme les États-Unis.
Dans ce contexte, l’accord commercial en discussion apparaît comme une tentative d’équilibrer les intérêts stratégiques américains dans la région, en maintenant un canal actif de coopération avec le Pakistan tout en préservant ses liens étroits avec l’Inde.
Pour Islamabad, un tel accord représenterait un levier politique autant qu’économique, à l’heure où le pays cherche à diversifier ses partenaires face à une dépendance historique envers la Chine et à un climat intérieur tendu. Mais tant que Washington ne s’engage pas concrètement, l’avenir de cet accord reste incertain.